La Sirène | Kiera Cass

la-sireneBonAprès une série aussi prenante que La Sélection, j’étais très emballée de découvrir l’auteur dans un nouveau roman. Peut-être pas autant sur mes gardes que je le serais pour d’autres auteurs, mais j’ai retrouvé le plaisir d’une plume entraînante. Mais je dois dire que si l’histoire se lit très rapidement, l’intrigue aurait mérité d’être un peu plus poussée, car même si l’histoire m’a rendu curieuse l’idée n’est pas suffisamment poussée et certaines zones de la mythologie restent assez floues.

Kahlen est une sirène depuis quatre-vingts ans, contrainte de servir son maître l’Océan pendant encore vingt ans, elle lui doit obéissance. Son rôle est simple, lorsque l’Océan lance un appel les sœurs doivent chanter pour attirer les humains à la mer. Alors que ses deux sœurs cadettes Miaka et Elizabeth se sont plutôt bien acclimatée à leur vie sur la terre ferme, la jeune femme peine à s’intégrer et le poids de la culpabilité se fait de plus en plus pesant. Sa voix étant fatale, les trois jeunes femmes se sont plongée dans le mutisme pour préserver les humains, tout en conservant un semblant de vie normale.

Kahlen est une jeune femme intelligente et même si le poids des années se fait sentir, jamais elle n’aurait l’idée de désobéir et son statut la place comme un modèle pour ses sœurs. Bien qu’elle soit assez secrète, elle ne cache pas son amour pour ses sœurs et bien qu’elle ne soit plus vraiment humaine, elle conserve une réelle empathie, l’Océan a beau exercer un contrôle sur leur vie, elle l’a toujours considéré comme une mère protectrice et à l’inverse de ses sœurs, elle a développé une relation privilégiée avec Elle. Quand Elle n’a pas besoin de ses sirènes, l’Océan les laisse vivre leur vie telle qu’elles l’entendent et bien que ses deux sœurs soient assez ouvertes, elle conserve une réserve et même si elle est proche des jeunes filles, elle tient à sa solitude et fait tout pour ne pas s’impliquer.

Akinli est un personnage qui possède toutes les qualités des bons héros, une discrétion appréciable, mais pas une timidité maladive. On ressent tout de suite que c’est quelqu’un de bon et que son approche avec Kahlen est toute en douceur. Même si le lien qui les unit n’est pas totalement exploité, j’ai beaucoup aimé la relation qui naît entre eux. Je suis admirative, de l’amour qui va se développer sans qu’aucun échange oral n’est lieu. On pourrait croire que leur relation est superficielle, car Kahlen ne parle pas, mais immédiatement il va se passer un feu d’artifice lorsqu’ils vont être ensemble et instinctivement j’ai eu le sourire jusqu’aux oreilles, car c’était tellement mignon de les voir être ensemble. Akinli comble très bien l’absence de parole et ils vont communiquer à leur manière dans une ambiance légère. Je n’aurais pas été contre quelques scènes supplémentaires, car le coup de foudre est évident, mais les scènes où cet amour est exploité un peu trop rapide et j’en voulais davantage.

Je suis plus dubitative concernant l’univers, certes Kiera Cass pose le décor d’une manière intéressante, mais elle ne va pas au bout et n’anticipe pas les questions sur les raisons de cette « malédiction » des sirènes, on ne sait que le strict minimum et c’est peut-être ce qui donne l’impression que la mythologie n’est pas maîtrisée, voire incomplète. Certes l’histoire fait passer un bon moment et le style de l’auteur rend le récit fluide, mais ce n’est pas assez exploité. Les faits sont là et ce n’est pas autrement, il est d’ailleurs assez déroutant de voir que l’Océan soit un personnage à part entière et son rôle est déterminant,  la fois dictatrice et protectrice elle peut paraître injuste et en même temps on éprouve une certaine émotion face à sa solitude. L’idée de base de base m’a séduite donc je ne dirais pas que je suis déçue, car j’ai vraiment passé un bon moment. Cependant pour moi l’auteur n’est pas allé au bout de son idée et me laisse un petit goût d’inachevée, car pas totalement exploitée.

Lucie

Mon ex, sa copine, mon faux mec et moi | Juliette Bonte

mon-ex-sa-copine-mon-faux-mec-et-moiTrès-bonLa petite romance feeling good, qui fait du bien au moral et qui tombe à pique à l’approche des fêtes. Je n’aurais pas pu mieux choisir ma lecture et je tiens à remercier NetGalley et Harlequin pour ce roman terriblement drôle et pétillant. J’ai tendance à être assez méfiance avec les romances HQN, car il m’arrive de ne pas toujours accrocher au style, de certaines plumes francophones, j’ai d’abord été attirée par sa couverture toute mignonne qui semblait être de circonstance à l’approche des fêtes et j’ai terminé d’être convaincu en voyant l’enthousiasme de nos chers blogueurs littéraires.

Chloé Martin est loin d’être l’employée du mois, dans son agence de voyages où elle travaille. Elle a la réputation d’être incompétente et ses éternels retards ne font rien pour arranger son image, contre toute attente son patron lui offre une opportunité inattendue, un séjour professionnel dans un chalet en Savoie, d’abord méfiance, elle y voit l’occasion de montrer ce dont elle est capable, mais c’est également le début des ennuis, hôtel miteux, combinaison loin d’être séduisante, une pratique du ski un peu douteuse et surtout la pire chose au monde, son ex en plein séjour romantique avec sa fiancée, accessoirement canon et celle avec qui il l’a trompée. Face à l’horreur de la situation, elle pourrait rester caché pendant tout son séjour et tenter d’oublier le fiasco de ce séjour, mais un coup du destin va pousser l’homme le plus énervant qu’il soit à se faire passer mon son petit ami.

Chloé est une héroïne comme je les aime et c’est également une catastrophe ambulante. J’ai rarement vu une femme qui a autant la poisse et c’est terrible à dire, mais ses périples m’auront valu quelques sourires, c’est difficile de croire qu’une personne si petite puisse être si malchanceuse. Même si bien souvent, elle est la seule responsable de la situation dans laquelle elle se place et pourtant, elle est consciente d’accumuler les emmerdes, mais ça ne l’empêche pas d’être une personne drôle, rafraîchissante et parfois un peu hystérique sur les bords. A commencé par sa rencontre avec Nick, loin de se laisser faire, elle va pourtant un peu se ridiculiser comme dans beaucoup de situations impliquant le jeune homme. Pourtant sous ses airs moqueurs, le jeune homme va la sublimer lorsqu’elle sera à son bras. Il va jouer à merveille son rôle de petit ami parfait et la tirer d’une situation embarrassante d’une manière assez chevaleresque. Je dois dire que sa manière de chuchoter à l’oreille de Chloé m’aurait presque donné des frissons et les joutes verbales sont savoureuses pour mon côté romantique.

J’ai aimé que l’auteur n’en fasse pas trop dans les catastrophes, certes les situations prêtes à sourire mais elle dose à merveille le moment pour que l’histoire reste plausible et drôle. Je n’avais aucune attente et c’est probablement ce qui a rendu ce moment délicieux, la fin est un peu rocambolesque, mais c’est ce qui donne son charme au récit. J’ai découvert une auteure avec un style addictif et une romance toute mignonne avec une petite dose de malice. En fait c’est principalement les retombées des nombreuses poisses de l’héroïne qui rythme le récit et en bonus, un sexy personnage masculin qui en fera rêver plus d’une. C’est frais, léger, idéal pour accompagner la période de Noël.

Lucie

Grounded | R.K. Lilley (Up in the air #3)

img_20161123_152809gourndedBonCe tome est le 3ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

Un tome qui rattrape la déception de l’opus précédent, j’ai retrouvé tout ce qui m’avais séduite dans le premier tome et la relation entre Bianca et James ne cesses de se renforcer. Certes il n’est pas parfait et j’admets que la chute tarde un peu à arriver, mais il réussit à proposer un final intéressant.

Ce qui est assez curieux avec ce tome, c’est que pendant la grosse première partie du roman, l’histoire n’évolue pas beaucoup. Alors oui des événements isolés vont venir faire vivre le récit et au gré des épreuves leur amour va gagner en intensité. Le problème majeur c’est qu’il ne se passe pas grand-chose et l’absence d’animation est compensé par des scènes de sexe, parfois répétitive.

James est prêt à tout pour protéger Bianca d’éventuelles représailles de son père, alors il ne va pas hésiter à surprotéger sa belle et lui assigner des gardes du corps. La jeune femme comprenant la situation, va s’avérer être plus consciente que je m’y attendais et sa position de soumise va définitivement finir de la convaincre de son amour pour James. Comme le tome précédent, je suis un peu déçue qu’elle est perdue une partie de son identité dans le processus, certes son personnage a beaucoup évolué depuis le début, mais pour le coup elle se laisse un peu trop mener par son dominant, sans compter que quelques coups d’éclat auraient permis de donner un peu de rythme à l’histoire.

Alors oui, malgré une plume très travaillée le récit reste assez pauvre et même si on ressent le lien fort qui unit Bianca et James, j’ai du mal à retrouver les émotions amoureuses dans leur histoire. James va nous dévoiler une part un peu plus tendre, mais il reste aux commandes et il est bien déterminé à ne plus jamais perdre Bianca. Leur exploration sexuelle va continuer de les mener vers le chemin du plaisir et à de rares moments, j’ai découvert un amant beaucoup plus humain, qui peine à cacher sa vulnérabilité. On voit que le départ de Bianca a laissé des séquelles chez James et on ressent parfaitement la douleur que lui causerait la perte de Bianca. Il va également se montrer d’une compréhension assez spectaculaire concernant la relation fusionnelle entre Stephan et Bianca, il va même réussir à trouver sa place dans ce duo et je suis toujours aussi touché par cette superbe amitié.

En bref, malgré un tome qui remonte le niveau il aura fallût attendre les derniers chapitres pour que l’intrigue principale trouve enfin un épilogue. C’est beaucoup trop long compte tenu de la place qu’occupe ce sujet depuis le commencement. Sans compter que les choses vont se dérouler de manière assez rapide et j’ai à peine eu le temps de réaliser ce que cela impliquait, que la chute arrivait déjà. Je reconnais néanmoins avoir ressenti une petite pointe de stresse compte tenu de la situation et R.K. Lilley se rattrape à merveille dans les dernières pages pour nous offrir une fin comme on les aime.

Retrouvez mon avis sur In Flight #1 ICI
Retrouvez mon avis sur Mile High #2 ICI
Lucie

Compétition | Lynda Aicher (The Team #1)

BonJe remercie NetGalley et les Éditions Harlequin pour ce roman. Bien que ce roman me fasse de l’oeil, notamment pour son thème consacré au hockey je n’avais aucune attente. J’ai trouvé innovant que pour une fois on s’intéresse à la place des femmes dans le milieu du sport, mais on ne peut pas dire que la narration m’ait transportée. Je pense que comme beaucoup l’influence du hockey dans la littérature New Adult m’a influencé, ici nous sommes dans un récit plus adulte et plus érotique et bien que l’alchimie soit bien retranscrite, la troisième personne a immédiatement placé une distance.

Dylan est le play-boy par excellence, réputé pour être un homme fêtard qui aime bien la bonne compagnie. Sous le stetson, le sourire irrésistible et l’accent texan se cache néanmoins un acharné de travail qui n’est pas aussi portée sur la beuverie qu’il n’y paraît. Le sportif est prêt à tout pour ne pas voir son rêve de joueur professionnel s’envoler.  Au cours d’un après-midi de charité, il se retrouve en compétition contre une célèbre hockeyeuse Samantha, alors qu’elle réussit sans mal à percer ses défenses c’est indéniablement le courant qui passe entre eux qui va le marquer.

De son côté Samantha est un peu amère car malgré tous les efforts et les sacrifices qu’elle a fournis, jamais une femme n’arrivera au niveau professionnel dans le monde du hockey. Malgré son éducation à la limite du garçon manqué, elle se résout à abandonner ce milieu qu’elle a tant aimé. Pourtant, un simple match sans conséquence, va lui permettre de coacher Dylan Rylie. Ils se sont promis de rester professionnel et la limite entre le plaisir et le travail, n’a jamais été aussi mince. Le duo fonctionne bien et malgré les réticences de Samantha, ils sont tous les deux subjugués l’un par l’autre, seulement encore une fois la narration m’a maintenu en retrait. Et puis sa manière de fuir, a fini par m’exaspérer, elle a un dieu à ses pieds qui est certes maladroit, mais il fait quand même son possible pour la mettre en confiance et elle n’arrête pas de s’en aller bouder. Affronter serait tellement plus simple… !

Néanmoins, je dois reconnaître que l’auteur a fait quelques recherches sur son sujet et va bien au-delà de l’évocation d’un sport. Samantha explique la technique, on comprend les mouvements évoqués et on imagine sans mal, les scènes de leur entraînement. Bon après, en toute honnêteté, même si l’histoire n’est pas mauvaise ce n’est pas non plus la romance de l’année et pour tout vous dire, je l’ai terminé depuis quelques jours et j’ai déjà oublié une bonne partie des scènes, c’est loin d’être une romance mémorable. Je n’envisage même pas de lire la suite, car ce tome se suffit à lui-même.

Lucie

Le piège de l’innocence | Kelley York

img_20161119_131559le-piege-de-linnoncenceTrès-bonAprès avoir fait l’impasse de Sous la même étoile, précédemment sortie chez Pocket Jeunesse, j’avais néanmoins entendu de très bons échos de Kelley York. Il faut dire qu’un énième triangle amoureux ne m’enchantait pas plus que ça, mais au vu des avis élogieux j’ai décidé de franchir le cap avec cette nouvelle parution. J’ai d’abord été frappée par l’authenticité du récit, qui se positionne dans un thème difficile et qui pourtant analyse bien l’impact d’un tel évènement sur l’entourage de la victime.

Vic Howard est loin d’être populaire, on pourrait même dire que pour beaucoup il n’est personne. Seulement, son meilleur ami Brett, fait partie des personnes qui compte au lycée, alors même si le jeune homme n’est pas spécialement apprécié par les autres élèves, son ami est fidèle et fait toujours en sorte que Vic se joigne à lui. Un soir, alors qu’il n’est pas spécialement à l’aise dans une soirée où Brett l’a traîné, il découvre Callie particulièrement ivre et décide de lui venir en aide, pour lui éviter le pire. Seulement le lendemain, la police sonne chez Vic. Callie a été violée et elle l’a désigné comme coupable. Rapidement son prénom est sur toutes les lèvres et sa popularité déjà inexistante va le plonger dans une grande solitude, jusqu’à ce qu’une aide inattendue vienne à lui : Autumn.

Dès les premières pages j’ai éprouvé de la sympathie pour Vic, au lycée il a tout du parfait bouc émissaire et son amitié avec Brett est probablement la seule chose qui lui épargne les moqueries. Il faut dire que son bégaiement n’aide pas à la sociabilisation, je ne m’en suis pas aperçu tout de suite, mais il dégage une fragilité, lorsque les policiers ont sonné on ressent sans mal sa détresse et voir que sa propre mère n’est pas un soutien pour lui rend la situation encore plus terrible. Je ne suis pas une grande fan des personnages masculins en retrait et pourtant Vic est un personnage en or, qui m’a attendri du début à la fin. Bien que soutenu par son meilleur ami, on sent la solitude qui pèse, jusqu’à ce que Autumn lui accorde sa confiance, un geste va contribuer à des changements perceptibles.

J’ai beaucoup aimé l’angle de vu qu’utilise Kelley York, certes la victime occupe une place centrale dans cette histoire, mais on s’intéresse surtout beaucoup à l’impact des rumeurs, la manière dont un acte atroce va venir chambouler l’entourage. Et pourtant, malgré tout ce qui va arriver à Vic, il va se montrer admirable et toujours placer les sentiments de Callie avant ce que lui ressent. Il est lui aussi une victime et j’ai trouvé qu’il s’en sortait admirablement bien, grâce à Autumn il va se battre pour trouver le couple et même si je dois dire, le nom me trottait déjà un peu dans la tête, la manière dont les révélations s’enchaînent et ce qui en découle après, tout s’accélère et au final c’est terriblement réaliste. Une décision. Un coupable. Une victime. De nombreuses vies à jamais changées à différents niveaux.

En bref, je ne peux que vous conseiller cette lecture, peut-être que comme moi son roman précédent ne vous parlait pas. C’est l’occasion de la découvrir avec une histoire réaliste, un héros attachant qui va gagner en confiance, une héroïne qui n’a pas la langue dans sa poche et surtout un thème difficile qui est traité en toute simplicité sans jamais rentrer dans le pathos. L’addictivité du récit prend le dessus sur la raison et vous ne pourrez pas le lâcher avant de connaître l’identité du coupable.

Lucie