Les corps inutiles | Delphine Bertholon

ImpressionTrès bonAprès la chronique de Pretty Books, j’ai longtemps repensé à ce roman qui me faisait très envie, mais un peu hésitante, car il ne correspondait pas du tout à mes lectures habituelles. Sur un coup de tête, j’ai décidée de me plonger de ce récit bouleversant et je ne regrette absolument pas d’être sortie de ma zone de confort, pour tenter quelque chose de nouveau.

Delphine Bertholon nous emmène dans une thématique difficile, Clémence vient d’avoir quinze ans, elle est insouciante comme les jeunes filles de son âge, heureuse de l’ouverture d’un nouveau cycle, elle vient de finir le collège et se réjouie de sa future entrée au lycée. Pourtant, il suffit d’un instant pour changer une vie à jamais, alors qu’elle se rendait à une fête, Clémence est agressée par un homme avec un couteau en plein jour. Cet évènement va être un réel traumatisme dans sa vie et va changer à jamais sa perception de la vie, même des années plus tard. Ce silence dans lequel elle va se murer, va la ronger de l’intérieur, elle va progressivement se créer une nouvelle identité, pour devenir quelqu’un de totalement différent, insensible à tout et terriblement marquée.

Le roman se divise en deux parties, alternées entre les événements de l’enfance et de la vie d’adulte. Le début renvoi aux dégâts que l’agression a causée, jeune fille ou femme souffre en silence, préférant taire sa honte et se répétant que ce n’est rien.Malgré le traumatisme, le sexe va avoir une place importante dans la vie de Clémence. Que ce soit son métier de maquilleuse pour poupée, destiné au plaisir sexuel ou sa propre vie sexuelle. Adolescente, elle ne va pas être très regardante sur ses partenaires préférant se donner pour ne pas que ce soit prit. Dans sa vie d’adulte, le sexe est beaucoup plus « cadrée », mais c’est la même rengaine tous les 29 du mois elle oublie dans les bras d’un homme. Clémence ne s’aime pas, elle est en colère, contre elle, contre ses parents, mais surtout contre lui et contre le monde entier. Mais se murer dans le silence, ne va lui apporter que davantage de souffrance.

La deuxième partie va être marquée par un évènement ressurgit du passé, il y a un avant, et il y a un après. Clémence qui vie depuis si longtemps anesthésier du monde, que le retour à la réalité va avoir un arrière goût. Malgré les quinze années qui se sont écoulés, toute la vie de Clémence repose sur ce jour sordide, chaque décision qu’elle a prise correspond à ce jour et surtout chaque pensée la renvoie à ce jour. J’ai trouvé très intéressant l’alternance entre le passé et le présent, car on comprend mieux son état d’esprit après l’agression et les raisons de sa solitude dans sa vie de femme adulte.

En commençant ce livre, je n’avais qu’une crainte que l’on tombe dans le sordide. Un sujet pareil est lourd à traiter et retranscrire des émotions fortes sans dégoûter n’est pas facile. Tout au long du roman, j’ai été très attristée pour Clémence et je me suis rendu compte qu’il m’était arrivée de réagir comme Virgile en me disant « C’est moins grave qu’un viol ». En lisant ce roman, je me suis sentie mal parce que ce n’est pas rien et je m’en veux de l’avoir un jour pensée. Clémence est totalement détruite, vide et insensible, c’est là que le titre prend toute sa signification « Les corps inutiles ». C’est l’histoire d’une jeune femme qui a grandi beaucoup trop vite, c’est l’histoire d’un traumatisme qui a complètement changé la vie d’une adolescente, c’est l’histoire d’une femme qui n’arrive pas à se reconstruire malgré les années… On n’imagine pas comment un simple jour, peut configurer le reste de notre vie.

Delphine Bertholon m’a ouvert les yeux sur toutes ces victimes qui culpabilisent, qui ont honte et qui souffre sans jamais tomber dans le pathos. Un livre bouleversant qui m’a énormément touchée.
Signature LuxnBooks

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4 réflexions sur “Les corps inutiles | Delphine Bertholon

  1. Je suis très contente que tu aies pu le lire et que le roman t’ait également touchée. Ce que tu dis est très vrai, ce roman nous fait réaliser aussi qu’il n’y a pas de « moins grave qu’un viol », chaque attouchement est une atteinte et peut changer une vie à jamais, peut rendre toute reconstruction difficile voire impossible. Je trouve que l’auteur a très bien réussi à représenter tout cela.

  2. Oh, ça à l’air tellement triste !
    J’étais un peu comme toi et ce Virgile à la lecture du début de ton avis, « agressée ouf pas violée » et j’ai fini ma lecture avec de la peine pour cette Clémence que je ne connais pas encore.
    Je vais mettre le titre dans ma WL, je reviendrais te donner mon avis

    • Ce livre fait vraiment réfléchir sur les conséquences d’un tel acte dans la vie de Clémence. Toute sa vie va s’en trouvée chamboulée à cause d’un seul évènement. Elle m’a bouleversée, j’espère vraiment que tu auras l’occasion de le lire et que tu aimeras !

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