Dis-moi que tu m’aimes | Joy Fielding

ImpressionTrès bonJ’avais décidé de mettre de côté les thrillers, car j’avais peur pour ma santé mentale à force de trembler et pleurer. Pour le coup, je n’ai pas résisté longtemps et c’est sans regret que je termine ce livre. Bien loin d’un thriller effrayant, c’est davantage une réflexion de l’héroïne sur ce qui lui est arrivé et c’est surtout déstabilisant, car on n’arrive pas à distinguer le vrai, du faux.

Bailey Carpenter est épanouie dans son travail de détective et se donne corps et âme pour son métier qu’elle adore. C’est un échappatoire depuis la mort de sa mère survenue trois ans plus tôt, ainsi que celle de son père quelques mois plus tôt. Désignée comme héritière d’une fortune colossale avec son frère, elle est totalement épanouie et ce n’est pas le procès de ses demi-frères et sœur pour l’héritage, qui vont l’empêcher d’être heureuse dans sa vie. Pourtant, un soir alors qu’elle était en planque pour espionner un suspect, un inconnu la viole et lui murmure « Dis-moi que tu m’aimes. »

Cet évènement va profondément la marquer et elle ne va plus quitter son appartement, s’isoler et ne cesse de réfléchir à ce drame. Elle va progressivement s’enfermer dans son monde, armée de ses jumelles et observer tout ce qui l’entoure, comme rassurée d’avoir un œil sur tout. Contre toute attente, c’est sa demi-sœur Claire, qui va décider de lui venir en aide et la soutenir pour remonter la pente avec sa nièce Jade. Ensemble elles vont apprendre à se connaître et se rapprocher, mais dès lors que Bailey se retrouve seule, ses angoisses et ses cauchemars vont refaire surface. Afin de s’occuper pendant ses longues nuits d’insomnie, elle va commencer à observer son voisin d’en face, qui correspond au profil de son agresseur. Chaque jour, elle va observer ce qui se passe et malgré que tous les éléments soient contre elle, Bailey est persuadée qu’il s’agit de son violeur et décider à le prouver.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est le sens de l’observation de Bailey, détective elle a besoin de collecter des informations sur ce qui l’entoure. Chaque homme est décrit, chaque situation analysée, mais progressivement des choses troublantes vont commencer à apparaître et le vrai et le faux, vont se mélanger. En tant que lecteur, on n’arrive pas à distinguer si Bailey perd la tête ou si il se passe quelque chose. En temps normal, je n’aime pas être trop des pensées des personnages, car bien souvent c’est ennuyeux, mais ici on crée un lien privilégié avec Bailey. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui se crée avec Claire et la fraîcheur de Jade, qui n’a pas de filtre et dit tout ce qu’elle pense. J’ai trouvé  l’entourage de Bailey vraiment nocif pour elle, on voit bien que son frère Heath l’aime, mais que ce soit lui, ou Gene chacun attend quelque chose d’elle, alors qu’elle n’est clairement pas en état pour gérer ça. Les scènes avec Elizabeth Gordon, ne sont pas assez nombreuses j’ai adoré les échanges avec la thérapeute qui est vraiment bénéfique pour Bailey et l’aide à se poser les bonnes questions.

J’ai commencé à mettre de côté plusieurs éléments clés et j’ai passé la plupart des hommes au radar, essayant de grappiller les indices lâchés. Le dénouement n’est pas un secret pour moi, ma première impression était la bonne, par contre beaucoup d’indices évident m’ont échappés pendant ma lecture. Je ne pense pas que l’objectif de Joy Fielding soit de faire trembler ou pleurer, on s’immisce dans l’intimité de Bailey, on rentre un peu dans le voyeurisme avec les jumelles ou dans sa tête, les pensées de Bailey sont constamment en mouvement et c’est rassurant d’analyser avec elle. Je me suis beaucoup attachée à elle, on la voit essayer de retrouver son identité perdue, vaincre ses peurs et c’est difficile d’assister aux angoisses de quelqu’un dont on se sent proche. Le plus perturbant, c’est de ne pas savoir si Bailey devient folle où si le danger est réel. Du coup la tension monte et les reponses sont deroutantes, faisant monter l’angoisse, sans être effrayant. Des révélations inattendues en surprendront plus d’un, moi la première. Un suspense excellent et une plume envoûtante, qui réussissent à merveille à gérer un thème difficile.
Signature LuxnBooks

Publicités

7 réflexions sur “Dis-moi que tu m’aimes | Joy Fielding

    • Moi c’est par période, mais le problème avec ce genre de roman c’est que ça fini rarement dans l’optique « Ils vécurent heureux » donc faut être en bonne condition. Pour le coup, c’est très réussi ici.

  1. Olalala, ca me fait penser à un mélange de Juste un ombre et Paranoiak, le film de D.J. Caruso ! Je le note dans ma WL, il me tarde de rencontrer Bailey !
    Je me demande si, comme toi, je vais tout de suite dénicher le coupable !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s