Et si… | Rebecca Donovan

img_20161009_112311et-siTrès-bonAprès avoir eu un gros coup de cœur pour Ma Raison d’espérer, il était pour moi inconcevable de passer à côté du prochain roman de Rebecca Donovan. Lorsque j’ai lu résumé je n’avais aucune idée dans quoi j’allais me lancer, je savais simplement qu’il me le fallait. Les mois ont passé et en commençant je n’avais aucun souvenir de l’histoire dans laquelle je me lançais. Après quelques pages, j’ai retrouvé avec plaisir la plume fluide de l’auteure et malgré le pavé, l’histoire a démarrée mêlant amitié, amour et mystère. Au fil de la lecture, on avance à l’aveugle, sans vraiment comprendre où l’auteur nous conduit et l’addictivité fait le reste et on poursuit l’aventure entre rire et tristesse.

Cal est à l’opposé du garçon populaire et ses années de lycée se sont passés dans la plus totale indifférence. Ses années d’enfance ont été marqué par son groupe d’amies,  ils étaient inséparables jusqu’à l’entrée au collège CalReaRichelleNicole passaient tout le temps ensemble et un jour sans explications, le quatuor est devenu un duo. Pourtant aujourd’hui alors qu’il est à des milliers de kilomètres dans une université perdue, il est persuadée d’avoir devant lui Nicole, qu’il n’a pas vu depuis des années. Seulement la jeune femme prétend s’appeler Nyelle et son caractère est pour le moins singulier, bien loin de la jeune fille parfaite et timide qu’il connaissait. De nombreuses questions vont se poser, les hypothèses les plus folles vont lui venir en tête. Il est déterminé à percer le mystère qui entoure cette belle jeune femme et même si elle disparaît aussi vite qu’elle apparaît, il est sûr qu’il ne peut plus se passer d’elle et il ne compte pas la laisser partir une seconde fois.

Ce qui est intéressant dans le récit, c’est que l’auteure nous plonge au cœur de l’ensemble des héros et à travers des yeux différents de notre narrateur, nous allons progressivement remonter le temps et vivre des scènes qui enfant n’avaient aucune importance et qui pourtant ont été déterminantes. Cal a toujours été le petit maigrelet à lunettes, alors à l’université il n’était pas préparer aux changements physiques, des cheveux un peu plus longs, des lentilles de contacts et un corps plus sculpté. Loin de passer inaperçu auprès des femmes, il a pourtant conservé son syndrome du vilain petit canard, trop gentil pour dire non il se laisse séduire et aucune relation ne le satisfait pleinement, il peut également compter sur sa complice de toujours Rae, pour le faire redescendre parmi les mortels. Chaque histoire, se termine aussi vite qu’elle a commencé et aucune femme ne semble suffisamment l’intéresser jusqu’à ce que son regard croise les yeux de Nyelle, ce regard qui l’a toujours déstabilisé.

Je dois dire qu’en tant que lecteur, c’est très déstabilisant car nous avançons au même rythme que Cal. Nous ne disposons de très peu d’informations et on peut dire que l’auteure se fait une joie de nous faire miroiter un tas d’hypothèses. Le jeune homme est un peu dans une forme de déni, malgré les questions qu’ils se posent, il n’est pas prêt à confronter Nyelle, au risque de voir la jeune femme disparaître. Tel un animal apeuré, il va tenter de gagner sa confiance et redoubler d’attention pour qu’elle baisse la garde. Rebecca Donovan n’est pas à son coup d’essai, des héros adorables nous pensons tous à Evan, à un différent degré Cal est lui aussi attachant et les sentiments qu’il éprouvent envers son amie d’enfance sont attendrissants. J’ai eu du mal à me dessiner une image nette et précise de Nyelle, tel un électron libre, elle vit sa vie à cent à l’heure et profite de chaque instant, à la fois joyeuse et pleine d’énergie et triste et mélancolique comme si elle portait les secrets du monde sur ses épaules.

En bref, un roman que je recommande, mais un bon état d’esprit est indispensable. Durant ma lecture, j’ai ressenti une vague de mélancolie que je n’explique pas, je me suis sentie terriblement empathique des émotions qui traversent les personnages et malgré les rires, certains moments sont tristes et j’ai eu du mal à ne pas me sentir proche de cette bande d’amis. Une très belle histoire qui m’a énormément touchée et qui je l’espère, réussira à vous transmettre toute la beauté du récit.

Lucie

Graff’Coeur | Fanny André

ImpressionBonA vingt-trois ans, Léna prend conscience que sa vie prend un tournant plutôt éloigné de ses projets. Malgré sa passion pour les graffitis, elle n’a pas réussi à continuer ses études aux Beaux-Arts et se réveiller à côté d’un type inconnu est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Sur un coup de tête, elle décide de retourner à Londres car les souvenirs qui y sont affectés sur les plus heureux de son adolescence et puis Caden, celui avec qui elle a vécu une relation passionnelle y vit avec sa sœur Ellen. Nostalgique de cette époque, elle va y voir un signe pour renouer ses relations avec les jumeaux.

Et c’est également l’occasion de redonner du souffle à son art de rue et tenter sa chance dans un pays étranger. Alors qu’à son arrivée, la complicité renait immédiatement avec Ellen, ses retrouvailles avec Caden vont s’avérer glaciales. En effet, elle n’est pas la seule à avoir changé depuis quatre ans et le poète romantique, au look un peu bohème a laissé la place au business man, contrôle freak. Sans compter, qu’elle attend toujours les explications de son départ précipité, seulement elle va également devoir faire avec son adorable fiancée, aux manières parfaites et qui correspond totalement au mode de vie du tout nouveau Caden. Alors que Léna est tout le contraire, et malgré les années elle a gardé son esprit rebelle et son goût de l’insouciance, au grand désarroi de celui-ci.

Je n’avais aucune attente en commençant ma lecture, donc globalement c’est plutôt détente et il m’aura tenu compagnie pendant l’après-midi. Pourtant, malgré tout l’intérêt de l’intrigue, j’ai trouvé ça un peu trop calme et je m’attendais à ce que ça bouge un peu plus. La passion de Léna n’est pas suffisamment mise en avant, on a l’impression que c’est un petit passe-temps. Par contre, j’ai beaucoup aimé l’esprit rebelle de l’héroïne, elle ne se laisse pas dicter sa conduite et s’éloigne du moule. C’est d’ailleurs cette partie de sa personnalité qui a toujours séduit Caden et même s’il a changé, il est ravie de voir qu’elle a conservé son grain de folie. Leur échange dégage une bonne dose d’électricité et on voit tout de suite que la flemme n’est pas éteinte, donc évidemment on veut savoir pourquoi il est parti et surtout pourquoi il a renoncé à sa personnalité, pour cette vie parfaite et bien rangée.

A côté de ça, j’ai l’impression que les personnages sont survolés, l’univers artistique est vraiment présent que ce soit l’art de rue évoqué, la musique qui a une place importante, ou la poésie. Mais, on a des personnages qui demeurent un mystère et qui soient dits en passant, n’ont pas l’air de beaucoup travailler, mais bon ça à la rigueur ça me fait sourire. J’ai du mal à expliquer les raisons de cette impression d’être restée à l’extérieur, la romance est mignonne, l’univers plutôt bien trouvé, mais je n’ai pas le sentiment de connaître le moi-intérieur des personnages et même si j’ai passé un bon moment, je voulais davantage d’explications que les personnages soient plus approfondis, avoir le sentiment de les avoir rencontrés le temps d’un après-midi et mieux les connaître. Sans compter que du côté des personnages principaux on avait beaucoup de potentiel avec Dane, Anna et même Ellen.

En bref, ma chronique peut paraître dure et en me relisant, on a l’impression que je n’ai pas aimé grand chose, alors qu’au contraire pour une première lecture de l’auteure, je trouve ça plutôt encourageant et j’aime beaucoup le style d’écriture. Peut-être que mon impression est due à une plume débutante, ou peut-être que c’est moi qui suis passée à côté… Mais ça reste une lecture vraiment agréable et je suis loin d’être déçue par ma lecture, puisque ça m’a permis de découvrir l’auteure.

Signature Lucie