Nous les filles de nulle part | Amy Reed

Résumé :

Grace vient d’entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
Ces mots, c’est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n’a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
Très vite, Grace comprend que cette violence s’exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l’équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.

Un roman coup de poing, indispensable pour faire changer le regard de la société et se poser les bonnes questions. Cette histoire est une fiction, mais le thème n’a rien d’imaginaire et c’est avec émotion que j’ai découvert l’histoire de ces Filles de Nulle Part. Et je peux vous dire que certains propos m’ont bien remués.

Grace est nouvelle au lycée Prescott et ce déménagement a été une épreuve difficile pour elle. Il est difficile de se trouver sa place quand il faut tout recommencer. Cette maison qu’elle occupe avec sa famille, était autrefois habité par une autre famille, cette chambre où elle dort, était celle d’une élève bien connue de tous Lucy. A travers des mots laissés sur les murs, Grace découvre la souffrance de son ancienne locataire. Déterminée à en savoir plus sur ce qui est arrivé, la jeune fille se lie d’amitié avec Erin et Rosina, deux camarades différentes aux yeux des autres, mais terriblement attachantes et surtout convaincue qu’il faut agir.

Au fil des échanges elle comprend que Lucy a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée et pourtant la victime est devenu la proie d’un lycée. Aujourd’hui malgré le départ de Lucy, Grace constate que rien n’a changé. Il aura suffi d’une voix pour que Les Filles de Nulle Part voient le jour. Une voix qui change tout, car elle offre la possibilité d’être ajouté à de nombreuses autres et ensemble il est plus facile d’agir et de tenter de se révolter pour faire changer les choses. C’est donc plus soudée que jamais qu’elles les jeunes femmes vont s’allier.

A travers le parcours de plusieurs protagonistes nous allons découvrir les pensées intimes de jeune femme qui sont confrontées tous les jours à la violence et c’est une vraie communauté qui va trembler face aux paroles percutantes des Filles de Nulle Part. Dans ce roman, on aborde un thème difficile et la manière dont il est traité est à la fois romancé et informatif. C’est le genre de roman choc qu’il faut mettre entre toutes les mains, il est simple de se sentir concerné par le sujet et la manière dont on évoque le thème sensibilise.

Sans oublier bien sûre des personnages qui tiennent le roman à bout de bras et qui parviennent à toucher à leur manière. Chacune aborde l’histoire d’un angle différent et le vécue de nos héroïnes n’est pas le même, donc leurs réactions vont sensiblement changer et leur évolution sera perceptible. Je me sens privilégié d’avoir le temps d’une lecture, fait partie d’un club aussi touchant et avec de réelles convictions.

Le seul bémol c’est la fin, j’ai le sentiment que certains personnages évoqués tout au long du roman sont resté figés et arrivé à la fin, je n’ai pas eu l’impression qu’elles étaient toutes égales dans la conclusion, qui reste finalement assez ouverte. Néanmoins le message reste très beau et j’aime lire des histoires aussi engager qui prône qu’il faut se battre pour ses convictions. Une lecture difficile par moments, mais indispensable.

Publicités

Seduced in the dark | CJ Roberts (The Dark Duet #2)

Ce livre contient des situations particulièrement dérangeantes, un consentement ambigu,
un langage cru et de la violence graphique.

Je suis face à une page blanche depuis quelques minutes, cette chronique est l’une des plus difficiles que j’ai eu a rédiger. Non pas, parce que je n’ai pas apprécié ce roman, mais tout simplement parce que j’ai vraiment été subjugué par la lecture de cette histoire. Une part de moi, a honte d’avoir osé aimer une telle histoire. C’est un sentiment assez inconfortable, car c’est un sujet terrible qui est abordé et j’ai l’impression de faire l’apologie des kidnappings et de la culture du viol. Ce qui en soi est vraiment terrible et je me sens coupable d’avoir ressentie ces émotions contradictoires… Ce que j’ai apprécié avec cette suite c’est que CJ Roberts s’est complètement démarqué du tome précédent, que ce soit le décor, les personnages  ou tout simplement les rapports entre Caleb et Livvie.

Les premières pages vont être marquées par un revirement de situation, alors que nous quittions Caleb et Livvie en pleine incertitude sur leur avenir. C’est une jeune femme anéantie dans un hôpital psychiatrique que  nous retrouvons, allant jusqu’à affirmer que le jeune homme est mort pour sauver sa vie. Nous allons au travers d’interrogatoire revivre tous les évènements qui ont conduit la jeune femme à traverser la frontière, tantôt avec compassion par le docteur  Sloan, une psychologue-expert judiciaire auprès du FBI, puis avec un peu plus de rudesse avec l’agent Reed. Chacun à leur manière vont apporter du soutien à Livvie lorsqu’elle va leur raconter le commencement de cette histoire.

Ces flash-back vont nous ramener auprès de Caleb, toujours déterminé à se venger il n’a pas abandonné son idée de livrer Livvie. Alors qu’il peine à comprendre les sentiments qui le lient à la jeune femme, il va être à la fois un Maître exigeant et un homme qui faiblit face aux souffrances de sa captive. Nous allons assister à des évènements tous plus horribles les uns que les autres et par moments j’étais écœuré par ce que je lisais. Pendant une bonne partie du roman j’ai senti doucement grimper mes attentes : des gestes de tendresse, des paroles réconfortantes, un signe qui m’indiquerait que Caleb n’est pas le monstre qu’il laisse s’exprimer lorsque Livvie se rebelle face à sa domination.

CJ Roberts a réussi à gérer le stress du lecteur, en alternant entre le présent et les flash-back j’ai été complètement accrochée aux moindres évènements et impossible de s’ennuyer avec tous les rebondissements. Il faut dire qu’elle a tellement joué avec mes nerfs que j’ai eus du mal à gérer mon stress, ce besoin d’avoir des réponses à commencer à me ronger et jusqu’au dernier chapitre j’ai douté d’avoir les réponses à mes questions. Je me suis longtemps interrogé sur la manière dont une telle histoire pouvait se terminer et l’auteure a trouvé le juste équilibre à cette histoire. Je ne prétends pas que le sujet mérite qu’on l’étale, mais on ne peut pas enlever le talent d’écrire à l’auteure, ce roman est unique et complètement dingue. Je pense qu’en tant que lecture, on attend simplement de trouver une fiction qui pourra se démarquer. Une lecture dérangeante qui m’a gardée prisonnière de l’histoire.

Retrouvez mon avis sur Captive in the Dark #1 ICI
Lucie