Les Mille Visages de notre Histoire | Jennifer Niven

Résumé :
Tout le monde croit connaître Libby Groby, pourtant, personne ne s’est jamais intéressé qu’à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s’est inscrite au lycée.
Tout le monde croit connaître Jack Masselin : étudiant rebelle, sexy… aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.
Une histoire d’amour rédemptrice.
Des ados justes et charismatiques et le courage de s’accepter tel que l’on est.

Ce roman m’a été offert pour mon anniversaire par ma copine fanbooks76 et elle n’aurait pas pu mieux choisir, car il était dans ma wishlist depuis sa sortie et n’étant pas encore totalement remise de ma lecture déchirante de Tous nos jours parfaits, je ne le sentais pas prête à lutter contre  cette boule au ventre, sans compter que ce roman me hante encore malgré les années. Bien que l’histoire ne soit pas aussi intense, on aborde un thème qui fait réfléchir et j’ai été séduite par la beauté du message porté par Libby et Jack et par l’histoire qui mérite d’être découverte.

Libby et Jack ont tous les deux des problèmes d’adaptation et de socialisation, mais cette année va être différente pour ces deux inconnus. D’un côté nous avons Libby sa vie a été marqué par le décès de sa maman quand elle était enfant et cette perte a précipité un évènement qui a bien failli tourner au drame il y a plusieurs années. Aujourd’hui, les choses vont prendre une direction différente puisque pour la jeune fille fait son grand retour au lycée. J’ai apprécié découvrir une héroïne touchante et en même temps j’ai regretté qu’elle soit identifiée non pas pour sa personnalité pour son surpoids. Son combat n’a pas été simple, mais Libby est équilibrée et on ne décèle pas de grande fragilité, malgré certain propos difficile. Sa combativité est un trait attachant qui nous pousse à en savoir plus sur elle. Beaucoup se font une idée de la personne qu’elle est, mais personne ne sait réellement ce qu’elle a vécue, elle va pouvoir compter sur sa force de caractère et un humour touchant pour sortir la tête haute de personnalité malveillante. Et c’est avec joie que je l’ai vu s’épanouir au contact d’amis sincères.

D’un autre côté nous avons le très secret Jack, c’est un personnage qui m’a touché dans son combat. J’ai apprécié le contraste du jeune homme connu de tous dans le lycée et qui pourtant conserve un énorme secret qui est pourtant difficile à dissimuler. Certaines de ses décisions ne sont pas forcément des plus intelligentes, mais je peux comprendre qu’il soit difficile d’aller contre l’avis général au risque de perdre beaucoup et dans le cas de Jack sa position sociale au sein du lycée est déterminante s’il veut garder son secret. Je suis quand même assez surprise qu’on sache dès le premier chapitre ce que personne ne sait, mais ça m’a laissé un sentiment de trouble comme déstabilisé par la situation et triste pour lui d’être dans cette position sans d’autres recours que de faire semblant.

Jennifer Niven réussi sans mal à mettre l’accent sur les émotions et bien que ce roman ne m’ait pas brouillé le cœur en mille morceaux, il est difficile de rester insensible aux thèmes évoqués. On décèle la fragilité de nos héros c’est ce qui va précipiter ce lien entre eux, malgré la situation qui ne favorise pas forcément un rapprochement, Jack va pouvoir compter sur Libby. On aborde des thèmes tels que l’acceptation de soi, les premières amitiés et c’est avec beaucoup d’empathie qu’on voit nos héros s’ouvrir doucement l’un à l’autre et faire le deuil de ceux qu’ils étaient avant. Une lecture qui apprend à voir au delà des apparences et qui véhicule un très beau message.

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Je ne te hais… plus du tout | Sara Wolf (Lovely Vicious #3)

Résumé :

Isis Blake n’est plus tombée amoureuse depuis trois ans, quarante-trois semaines et deux jours.
Enfin… il se pourrait que si, mais elle ne l’avouerait sous aucun prétexte. Il se pourrait aussi qu’il y ait un trou béant dans son coeur, un trou d’à peu près la taille de Jack Hunter.
Déterminée à combler ce vide, c’est avec un grand sourire qu’elle débarque à l’université pour débuter sa nouvelle vie. Mais lorsqu’elle aperçoit Sans-Nom, celui qui l’a meurtrie à jamais, son sourire s’efface aussitôt…

Ce roman est le 3ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

J’ai attendu ce dernier opus de manière assez compulsive et une fois entre mes mains, il n’aura duré que quelques heures avant de me laisser totalement porter par mes envies. Cet épilogue m’a comblé par bien des aspects et le thème aborder raisonne d’une manière particulière, notamment car après s’être intéressé au passé de Jack dans le second tome, c’est autour d’Isis de nous dévoiler tous ces secrets. Malgré quelques éléments pas toujours crédibles, je n’ai pas pu passer à côté des émotions d’Isis tellement elles sont éprouvantes pour le lecteur qui la voit dans une situation émotionnelle fragile et on sent qu’elle va craquer d’un instant à l’autre.

Pour cette conclusion, nous changeons de décor et bien que l’environnement soit différent, cette immersion à l’université va s’avérer difficile pour Isis, qui va devoir s’en sortir sans sa meilleure amie Kayla et après les évènements du tome 2, le petit groupe a implosé. A commencer par Jack qui a préféré fuir, laissant Isis face à ses sentiments amoureux et la douleur liée à son passé qui semble se répéter. Alors qu’elle commence tout juste à accepter la situation et se construire un nouveau cercle d’amis, la jeune femme aperçoit Sans-Nom et toutes ses certitudes vont vaciller face à celui qui lui a causé tant de souffrances et qui continue d’avoir de l’emprise sur elle.

Je ne pense pas être la seule dans cette situation, mais j’ai attendu cette confrontation depuis les premiers extraits issus du passé d’Isis. Bien que cela cause beaucoup de mal à notre héroïne c’est indispensable à sa guérison et on va se rendre compte que Sans-Nom est absolument abjecte et bien que plusieurs années ce soient écoulées, Isis peine toujours autant à remonter la pente pour échapper à son aura malfaisante. Certaines scènes sont douloureuses, car la force et la répartie de notre héroïne semblent figées. Elle va pouvoir compter sur un soutien inattendu, mais les réactions ne seront pas celle que j’avais anticipée. On joue à Je t’aime, moi non plus… et c’est assez frustrant, car on sait pertinemment qu’ils n’ont qu’un mot à se dire pour enfin être heureux.

Concernant l’intrigue semi-policière je ferais les mêmes reproches que lors du tome 2, la pseudo enquête n’était pas indispensable et retire en  crédibilité. Sans compter que parfois ça complique les choses et à l’inverses, d’autres moments sont un peu trop faciles. J’ai eu un peu de mal à apprécier totalement ma lecture, car je trouve que le passé d’Isis se suffisait à lui-même et qu’on n’avait pas besoin d’en rajouter des tonnes. Surtout que la confrontation finale qu’on attend tous, vous savez le moment où l’autre connard en prend plein la gueule et bien c’était méchant, mais pas si terrible compte tenu de son comportement durant ce tome ; alors heureusement que l’épilogue vient combler parfaitement mon cœur de romantique, car sinon j’aurais été un peu déçue. En bref, une lecture captivante bien que pas toujours le reflet authentique de la société, mais qui dégage de réelles émotions.

Mon avis sur Je te hais… passionnément #1 ICI
Mon avis sur Je te hais… à la folie #2 ICI

P.-S. : Tu me manques | Brigid Kemmerer

Résumé :
Juliet a toujours écrit à sa mère. Depuis sa mort soudaine, cette habitude est pour elle comme une bouée de sauvetage. Même si les courriers de Juliet restent sans réponse, elle continue de les déposer sur sa tombe chaque semaine.
Declan n’aurait jamais cru qu’une lettre pourrait changer sa vie. Pourtant, celle qu’il trouve au cimetière, où il fait des travaux d’intérêt général après le lycée, le touche profondément… Et il ne peut s’empêcher d’y ajouter deux mots.

Ça fait bien longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant émue, c’est le genre de roman authentique qui laisse une trace. Au moment où j’écris ma chronique, je garde un souvenir particulièrement ému en repensant au pouvoir des mots. C’est difficile à expliquer, mais parfois quand on n’attend rien de particulier d’un roman et qu’on décide de tenter l’aventure, il se produit un milliard de sensations inexplicables qui nous conforte dans notre choix. Ici c’est d’abord un coup de foudre pour la couverture qui m’a attirée et le résumé n’a fait que me conforter.

Depuis la mort soudaine de sa mère Juliet n’est plus la même, mais elle a conservé cette manie de toujours lui écrire des lettres et bien qu’elle ne puisse plus interagir avec elle, ces correspondances épistolaires à sens unique sont une thérapie nécessaire pour la jeune femme. Chaque semaine, elle dépose sur la tombe de sa mère de nouvelles lettres et le vent finit par les porter au loin. Pourtant, l’une de ces lettres va terminer sa course entre les mains de Declan, extrêmement touché par les mots de son auteure, il va apposer une simple phrase et ainsi va débuter un échange émouvant, où deux personnes vont ouvrir leur cœur sous couvert de l’anonymat.

Personnellement je n’écris que très peu de lettre manuscrite, mais c’est quelque chose qui me séduit dans la littérature. Ici la correspondance va s’avérer émouvante notamment parce que le passé de nos héros est chargé. A travers des lettres d’abord manuscrite, puis numérique où ils vont se dévoiler l’un à l’autre. A l’image d’un journal intime Juliet et Declan vont se confier afin de soulager cette douleur qui les habite. Parallèlement on suit le quotidien de nos héros chacun de leur côté et l’impact que cette correspondance va avoir dans leurs relations.

Leur parcours est différemment et leur réaction à l’opposé, mais ils ont tous les deux cette aura de fragilité qui ne les quitte pas. Nous ne sommes pas dans une recherche de l’identité du correspondant, plutôt dans une démarche pour se décharger de ces pensées qui peuvent être parfois néfastes. Juliet est une héroïne traumatisée par la disparition de sa mère et elle peine à retrouver un semblant de normalité, alors discuter avec un correspondant qui ne sait rien d’elle, c’est rafraîchissant et constater que Declan la comprend lorsqu’elle exprime sa peine, c’est tout ce don elle avait besoin pour sortir la tête de l’eau et reprendre doucement goût à la vie.

Dans ce livre nous abordons des thèmes simples comme l’amitié, le deuil, les relations familiales et la manière de gérer son chagrin quand l’impensable se produit. A plusieurs reprises j’ai eu les larmes aux yeux et l’auteure sait parfaitement utiliser des émotions intenses pour secouer son lecteur et le plonger dans un état affectif troublant. On n’entre pas forcément dans une dramatisation de l’histoire, seulement avec des mots simples et touchants, nous suivons des personnages qui ne savent pas comment guérir et qui ont désespérément besoin de s’en sortir.

Si tu me le demandais | Emily Blaine

Si vous hésitez encore à vous procurer cette petite merveille littéraire et visuelle, sachez que c’est du grand Emily Blaine et il est inconcevable que ce roman ne vous procure pas de frissons et l’intensité de la romance est indéniable. Je crois que ce roman est l’un des plus touchants que j’ai pu découvrir de l’auteure et le point de vue masculin une grande nouveauté. Habituée à des romances douces et légères, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai découvert un récit révélait la fragilité du héros et bien que l’humour ne soit pas en reste, c’est avant tout une histoire émouvante que j’ai découverte, avec comme à son habitude des héros haut en couleur.

Cooper est un personnage absolument fabuleux et je crois que j’aurais pu tomber cent fois amoureuse de ce héros brisé. Huit année que la femme de sa vie l’a quitté et la douleur est toujours aussi intense, la routine a la vie dure et lorsque le quotidien même bancal apaise la souffrance, il n’est pas envisageable de remettre en cause ce fonctionnement. Pourtant cette année, personne n’a envie de fermer les yeux et les amis vont d’abord commencer à le pousser à sortir de son isolement et malgré tout l’amour qu’il éprouve pour sa fille, Cecilia va tout faire pour retrouver son père qui se perd depuis bien trop longtemps à oublier le souvenir de sa défunte épouse.

Car parfois le hasard fait bien les choses., il va suffire d’une rencontre pour tout remettre en cause. Alors qu’il cherchait à fuir un évènement un peu trop oppressant, la pétillante Julianne va se retrouver sur son chemin et le temps d’une conversation, il va oublier ses tourments. Un échange où il va se sentir parfaitement détendu et où il n’est plus celui que tout le monde voit depuis huit ans. Persuadé de ne jamais revoir celle qui l’a sortie de sa léthargie le temps d’une soirée, il va pourtant être confronté une nouvelle fois au destin puisque la jeune femme va de nouveau apparaître sur son chemin. Malgré le côté un peu frustrant de la situation j’ai trouvé ces rencontres basées sur le hasard romantique et la manière dont ils lâchent prise le temps d’une, puis deux soirées m’a vraiment émue. On ressent parfaitement cette connexion et l’alchimie qui se dégage de leur discussion est comme une évidence, sans compter qu’elles sont beaucoup plus légères que le combat qu’ils délivrent intérieurement.

Bien que l’humour ne soit pas en reste, l’histoire est incroyablement émouvante. A travers les yeux de Cooper, Julianne est tout ce qu’il n’est pas, souriante, désinvolte et heureuse, pourtant au fur et à mesure de leurs rencontres, on va découvrir que le passé de nos deux héros est tout aussi terrible. Chacun va tenter d’oublier à sa manière la douleur et lorsqu’on réalise à quel point les bagages sont lourds pour Julianne, on ne peut qu’avoir le cœur brisé par tant de souffrance. J’aime me dire qu’un petit coup de pouce du destin n’y est pas pour rien et on comprend parfaitement que ces deux-là vont s’offrir la deuxième chance qu’ils méritent. Je crois qu’on peut dire que ce roman est l’un de plus beau de l’auteure, elle retranscrit avec authenticité des émotions poignantes tout en conservant la légèreté qui lui est propre. On ne peut que savourer ce moment où ils tombent amoureux.

Cooper est un héros absolument divin qui va progressivement montrer l’étendue de son grand cœur. Longtemps protégé par son entourage, il va pour une fois être celui qui est à l’origine de petite attention. J’ai longtemps rêvé d’un homme aussi romantique et même si c’est probablement le côté féminin de l’auteure, j’ai envie de croire qu’il existe et que je viens de faire sa connaissance. L’aspect « vieux jeu » est loin d’être un problème et j’ai été incapable de ne pas succomber à son charme d’un autre temps. Des déclarations d’amour comme celles-ci, j’en veux bien tous les jours et puis les palpitations ont eu du mal à me quitter. Le sujet est grave et différent des autres romans de l’auteure, mais encore une fois la romance est sublime et Emily Blaine s’est surpassée.

Sous le même toit | Jojo Moyes

Ce roman m’a déçue et je n’imaginais pas un jour ressentir ça avec cette auteure fabuleuse. J’ai acheté ce roman sur un coup de tête sans vraiment me renseigner sur l’avis des premiers lecteurs, lorsque j’ai décidé de me lancer dans cette histoire les premiers chapitres m’ont dérangé notamment à cause la narration, j’avais l’impression de m’être trompé de roman. Une fois la surprise passée, les évènements annoncés ont fini par arriver et je pensais réellement rentrer dans l’histoire à cet instant, sauf que bien évidemment ce n’est pas aussi simple, arrivée à une centaine de pages l’ennui m’a poussé à faire des recherches sur les premiers avis et effectivement les longueurs étaient ressenties par plusieurs lecteurs. Décidée à lui laisser sa chance, j’ai avalé cent pages supplémentaires et l’histoire a enfin commencé à être intéressante, mais très franchement le mal était fait. J’ai terminé ce roman dans un meilleur état d’esprit, mais mitigée.

Isabel a perdu son mari il y a quelques mois, aujourd’hui bien qu’elle soit toujours effondrée les premières difficultés financières liées aux dettes de celui-ci commencent à devenir problématique. Un coup du sort va lui faire hériter d’une maison dans la campagne anglaise, décidée à reprendre sa vie et celle de ses enfants en main, la jeune veuve va débarquer sur un coup de tête dans cette maison et découvrir que ce qu’elle croyait être un havre de paix, s’avère être délabré. Bien que Kitty sa fille aînée soit réticente à cette nouvelle vie, l’air de la campagne semble faire du bien au traumatisme de son fils Thierry. Rénover cette maison semble être la solution à tous ces problèmes, alors lorsqu’un voisin lui propose son aide elle accepte, car dépassée par les évènements. Rapidement les travaux vont être un vrai gouffre financier et cette vieille maison espagnole semble attirer les vieilles querelles et les jalousies.

Cette famille à des côtés attachants, mais la narration à la troisième personne semble dresser une barrière entre les personnages. A commencer par Isabel qui est en plein deuil et ne semble pas disposer à s’ouvrir aux autres, j’ai compris cette souffrance qui l’habitait mais sa naïveté m’a parfois tapé sur les nerfs, sans compter qu’elle se repose un peu trop sur Kitty. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette jeune fille qui est un moteur pour sa famille et elle va pousser sa mère à être plus courageuse pour sa famille. Thierry de son côté est un jeune garçon très attachant et le voir s’épanouir au contact de Byron m’a fait plaisir, car ces deux personnages sont marginaux et lorsqu’ils sont en contact l’un avec l’autre, le bonheur déborde des pages. Les villageois sont à la fois présents et invisibles, certains sont plus intéressants, mais ils sont comme des spectateurs à commenter ce qu’ils observent sans vraiment intervenir dans l’intrigue.

En bref, même si la dernière moitié rattrape le début ce roman ne fait clairement pas partie des meilleurs de l’auteur. J’étais habituée à ressentir un milliard d’émotions en lisant ses romans, alors qu’ici tout est trop tranquille. Certes la tristesse d’Isabel est perceptible, mais son deuil ne m’a pas autant touché que je m’y attendais. L’histoire demeure assez linéaire et certaines scènes traînent trop en longueur, je n’arrivais pas à comprendre où Jojo Moyes voulait en venir et le temps que l’histoire prennent sens, ma déception était engagée.