Dis-moi si tu souris | Eric Lindstrom

Parker Grant est une adolescente de 16 ans passionnée par la course à pied, chaque matin elle chausse ses baskets et part au stade pour évacuer toute sa frustration. Si elle garde secrète cette activité matinale, c’est parce que Parker est aveugle et qu’elle ne veut surtout pas devenir un animal de foire. La seule personne sur quoi elle peut compter c’est Sarah sa meilleure amie, à chacune des terribles épreuves de sa vie elle a toujours pu compter sur son amie de toujours.

Seulement sa cessité va demander quelques ajustements, à commencer par l’élaboration de douze règles de survie qu’elle s’est juré de toujours respecter. Alors lorsque Scott réapparaît dans la vie de la jeune fille, ses règles vont prendre tous leurs sens. Il est pour elle inconcevable d’oublier ce qu’il a fait il y a quelques années et le pardon n’entre pas en ligne de compte. Avec l’aide de ses amis, elle va tenter de continuer le cours de sa vie seulement cette année plus que jamais tout est différent et même si elle donne le change, le compte à rebours avant l’explosion est en route.

Ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que la mentalité ne correspond pas à l’âge des protagonistes. On a du mal à croire qu’ils puissent être aussi matures et pourtant j’ai eu envie d’y croire. Parker est une force de la nature, sa vie est une succession de drame et pourtant, elle s’en sort admirablement bien. Son handicap est un élément parmi tant d’autres de sa personnalité et ne détermine pas la personne qu’elle est réellement. Tout le monde a tendance à la traiter comme une infirme, alors qu’en vérité elle est totalement autonome dans ses déplacements et dans sa vie de tous les jours, pourtant on oublie sans problème qu’elle est aveugle car elle agit comme n’importe quelle adolescente de son âge. Pourtant la romance est loin d’être aussi importante que le laissait supposer le résumé, c’est une histoire d’amitié et de reconstruction, une adolescente blessé qui va apprendre à pardonner.

En lisant le résumé je m’attendais à ce que l’histoire ne soit axée que sur la romance et c’est un peu plus complexe que ça. Parker a un parcours assez particulier et j’étais loin de m’attendre à ça, elle a tendance à laisser sortir la vérité sans se soucier des conséquences notamment parce qu’elle n’est pas consciente des réactions de ses interlocuteurs et aussi parce qu’elle n’a de compte à rendre à personne. Très peu de personnes dans son entourage la connaissent réellement et sa meilleure amie est l’une des seules consciente de sa fragilité. Là où l’auteur est fort c’est qu’il arrive à nous mettre au même niveau que son héroïne, elle est incapable de nous découvrir à quoi ressemblent ses amies, le physique n’est qu’une caractéristique parmi tant d’autres, ce qui compte c’est la personnalité et le soutien qu’ils lui apportent, sans jamais la faire se sentir inférieure et différente de ses camarades.

En bref, un roman plein d’autodérision qui m’a mis du baume au cœur, les personnages ont tout pour plaire et l’intrigue bien que pas exceptionnelle réussit à faire passer un agréable moment. Le sujet est original et bien que le thème puisse paraître triste, l’héroïne a toujours le mot pour faire sourire.

Lucie Signature

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Avant toi | Jojo Moyes (#1)

Avant-toiJe pensais faire partie des rares à ne pas avoir lu ce roman et en le commençant, je me suis rendu compte que beaucoup étaient dans ce cas. J’ai beaucoup reculé le moment de lecture, car je pense qu’il faut être dans un bon état d’esprit pour apprécier la beauté du récit. J’ai profité de la réédition pour me motiver à sortir ce roman de ma PAL et à l’occasion de la sortie du film, il était indispensable pour moi d’avoir un point de vue avant de le voir sur grand écran. Qu’on aime ou non ce genre de lecture, je pense qu’on a tous entendu parler de cette histoire bouleversante et j’ai été saisie par la réalité du récit, on s’imagine sans peine la dureté de la situation et en même temps il est impossible de me pas y croire.

Après avoir perdu son emploi qu’elle exerçait depuis six ans dans un café, Louisa se retrouve au chômage avec aucune perspective de réorientation. Après plusieurs emplois orienté par son conseiller à l’agence pour l’emploi, elle va être contactée pour un travail d’aide-soignante, malgré son manque de compétence elle décide d’accepter le contrat de six mois. Son objectif est de tenir compagnie à Will Traynor, tétraplégique depuis deux ans. Sa bonne humeur et son look un peu déjanté vont tout de suite séduire Mme Traynor qui souhaite apporter un peu de vie au quotidien de son fils. Les premières semaines la cohabitation va s’avérer difficile, Will ne va pas hésiter à balancer tout ce qu’il pense de la jeune femme, à commencer par ses choix de vie qu’il juge trop ordinaire de Lou.

Au fil des semaines passées en compagnie de Will, Lou va apprendre à connaître le jeune homme et le masque de dureté va progressivement céder la place à un jeune homme exceptionnel, son côté cynique va contribuer à désamorcer certaines situations poignantes, mais surtout elle va découvrir tout ce que Will a perdu, sa brillante carrière à la City, son besoin de sensations fortes et surtout son goût prononcé pour le voyage. Elle qui n’a jamais quitté son trou paumé de l’Angleterre, va commencer à voir plus grand, il ne va pas hésiter à la secouer un peu avec pour seul objectif qu’elle ait un avenir digne de ce nom. Seulement alors qu’elle arrive progressivement à abattre ses défenses, elle n’a plus qu’un objectif empêcher Will de mettre fin à ses jours, elle n’a que six mois pour le faire changer d’avis.

En bref, il m’a été difficile de quitter ce roman tant par ses personnages attachants que par le sujet qui m’a très franchement brisé le cœur. Je pense que c’est une lecture qui fait réfléchir sur des thèmes forts et même si ce n’est qu’un roman, le réalisme de l’histoire est bluffant. C’est difficile à expliquer, mais tout ce qui entoure le handicap va probablement changer votre vision des choses, en tout cas moi je suis encore sous le choc et toutes ces larmes prouves à quel point l’auteur est doué. Je me pose la question de l’intérêt d’un second tome et malgré les avis assez durs, il est pour moi impossible de passer à côté  de cette suite, peut-être pas dans l’immédiat pour me remettre, mais c’est pour moi impensable de passer à côté j’ai besoin de connaître l’évolution possible après ça.

Lucie Signature

Nos faces cachées | Amy Harmon

Difficile de passer à côté à côté de cette publication phénomène, je l’ai attendue et je l’ai savouré. Pendant des mois, je l’ai vu de loin j’ai accumulé les avis unanimes de la blogosphère, qui semblaient unanime pour le qualifier de coup de cœur. Et mon tour est enfin arrivée, j’ai enfin pu découvrir cette fabuleuse histoire, qui rejoint l’avis général. Quelle magnifique claque qui ne peut pas laisser indifférent face à tant de beauté. Je suis heureuse de pouvoir le proclamer premier coup de cœur de 2015. Ce livre est d’une beauté époustouflante, qui me laisse sans voix tellement l’histoire est magnifique.

Fern Taylor n’est pas moche, mais elle n’est pas belle comme son amie Rita, elle n’a rien d’extraordinaire à part son incroyable gentillesse, sa chevelure rousse, son appareil dentaire et ses lunettes la rendant invisibles aux yeux des garçons. Depuis sa naissance, elle fait les cent coups avec son cousin, mais voilà Bailey est atteint d’une myopathie qui l’empêche de quitter son fauteuil roulant. Élevé comme des frères et sœurs, elle participe à rendre son quotidien plus simple, qui vont créer une complicité unique. Tels des siamois, elle l’accompagne dans ses déplacements et vie avec lui sa passion pour la lutte, même si sa passion à elle se dirige davantage vers l’un des lutteurs, plutôt que vers le sport. La lutte, à une place particulière dans ce roman, c’est un lien qui uni chacun des personnages.

Fern est amoureuse du meilleur lutteur du lycée Ambrose Young depuis des années, il est incroyablement beau, il est populaire et il est surtout inaccessible pour une fille aussi banale. Il connaît son existence, car elle ne quitte jamais Bailey le fils de l’entraineur, mais il ne la regarde pas. Après les évènements du 11 septembre 2001, Ambrose et cinq de ses amis vont décider de s’engager et l’armée va les conduire en Irak en plein cœur de la guerre. Malheureusement, suite à un drame il va être contraint de revenir dans sa ville natale, complètement métamorphoser tant physiquement, que psychologiquement. Son retour ne va pas passer inaperçu dans cette petite ville, mais il va tenter de fuir tout contact avec l’extérieur. Face à l’obstination de Fern, il va progressivement baisser la garde.

Leur histoire se développe sur une longue durée, les semaines et les mois s’enchaînent, l’auteure a choisie d’intégrer des passages du passé des personnages, montrant les moments clés de ses trois personnages principaux. Le début du roman est plus lent, car il pose les bases : la vie lycéenne, des histoires d’adolescents, des flirts, des combats, des instants d’amitié… Puis l’annonce des attentats va changer le confort du quotidien. Ambrose va commencer à s’interroger sur sa vie, son avenir et il va décider de s’engager dans l’armée, entraînant ses quatre meilleurs amis avec lui. Durant ses mois loin de la ville, Fern va vivre sa vie de son côté sans jamais oublier son amour pour Ambrose. Qui lui de son côté, va commencer à remettre en question ses propres sentiments vis-à-vis de Fern.

Le plus dur dans l’écriture de cette chronique, c’est que je n’ai pas envie de trop vous en dire pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture. Le style de l’auteure est très particulier, si j’ai été surprise dès les premières pages j’ai rapidement été conquise par cette écriture. Présenter comme une sorte de conte moderne de la Belle et la Bête, je dirais qu’il s’agit de bien plus que ça. Le plus frappant c’est le réalisme des personnages et la facilité avec laquelle Bailey se contente de ce que la vie lui à donner sans jamais se plaindre sa condition, il a la joie de vivre, toujours le mot pour dédramatiser, pour faire sourire. C’est un personnage tellement touchant, avec cette vision unique sur la vie, sa maladie lui ouvre les yeux sur le monde et il n’a pas peur de dire ses pensées, car il n’a rien à perdre, il a le cœur sur la main.

Quand j’ai terminé ma lecture, je me suis retrouvée sans mots. J’ai été bouleversée par cette histoire tellement belle et tellement émouvante. Les émotions sont tellement intenses, que j’ai du mal à exprimer des sentiments suffisamment forts pour rendre justice à cette magnifique leçon de vie.. Je crois qu’écrire une chronique n’aura jamais été aussi dure, les sentiments ne seront jamais assez forts pour décrire ce tourbillon d’émotion qui m’habite. On ne peut pas refermer se livre, sans se remettre en question. La seule chose que je peux vous conseiller, c’est de vous le procurer et de vivre ce livre.
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