Romance, Young Adult

Tout près d’ici | Katrina Leno

Résumé :
Magpie se souvient du jour où elle a écrit les premières lignes de son journal. C’était le jour où sa soeur a quitté la ville. Le jour où elle a surpris son père au lit avec sa tante. Le jour où sa mère est tombée dans une spirale infernale d’autodestruction. Le jour de la soirée chez Brandon Phipp. Depuis, au lycée, Magpie a hérité du surnom de salope. Sa meilleure amie ne lui adresse plus la parole, et elle passe ses pauses déjeuner à la table des rejetés du lycée, en silence. Alors, pour sortir un peu de l’enfer du quotidien, elle invente dans son journal un mystérieux endroit appelé  » Tout près d’ici « . Tout près est une contrée parfaite. Son père n’y trompe personne, sa mère n’a jamais bu une goutte d’alcool et les soirées ne dérapent pas. Elle s’y sent tellement bien qu’elle pourrait presque toucher  » Tout près  » du doigt. La porte d’entrée semble là, à quelques pas, juste dans la cour de sa maison… Serait-ce l’endroit rêvé pour enfin prendre sa revanche ?

Je fondais beaucoup d’espoir compte tenu des thèmes abordés tels que le harcèlement le consentement ou encore la vengeance. Bien que la collection soit destinée aux ados, aborder la culture du viol était à mon sens important et encore trop peu présent dans les romans de fiction publiés en français. Sauf que bien souvent quand on a de nombreuses attentes, le récit ne correspond pas à ce que j’avais imaginé. En refermant le livre j’étais déstabilisé et quelque peu déçue sur l’absence de moral.

Pour tout vous dire le côté imaginaire occupe une place particulière et j’étais loin d’imaginer la direction que prendrait l’histoire. Nous suivons Magpie une jeune fille de seize qui se trouve en difficulté depuis plusieurs mois. A commencer par une famille qui se déchire et une mère qui ne parvient pas à tenir le choc, une sœur aux abonnés absents et un père à l’origine du désastre, sans oublier une ex-meilleure amie qui ne s’est pas contenté de disparaître, mais qui en profite pour rendre la vie dure à la jeune fille. Tous ces éléments vont accentuer le malaise de Magpie et elle va tenter de s’évader par l’écriture, en créant Tout près d’ici un monde imaginaire où ses problèmes sont inexistants et où le poids de la réalité n’est plus aussi lourd.

J’étais un peu effrayée par la narration à la troisième personne et finalement on est transporté par le comportement assez détaché de Magpie qui se laisse porter par la vie depuis 6 mois et tente de survivre au lycée malgré les rumeurs et intimidations. Je pensais qu’il serait difficile de l’apprécier car elle est très détachée et on ressent l’impact que les événements ont sur elle. Seulement après plusieurs scènes inattendues j’ai arrêté d’analyser l’aspect psychologique pour essayer de comprendre ce qui se passait et les premières hypothèses ont commencé à rendre ma lecture unique et l’envie de savoir se faisait plus présente. 

Je me sens prise au piège en rédigeant cette chronique car il m’est impossible de vous dévoiler les raisons de mon avis mitigé. J’étais vraiment emballée par la première partie et le thème me plaisait énormément seulement arrivée à la moitié du roman on prend une tout autre direction et ça n’a pas fonctionné avec moi. Ça m’a même mise mal à l’aise car ça n’a aucun sens et bien que l’écriture soit addictive, je ressors déçue de l’issue, j’ai espéré jusqu’à la fin une chute différente et malheureusement les derniers chapitres ne se sont pas parvenu à m’atteindre ou pas dans le sens souhaité. Néanmoins ça n’enlève rien à la plume de l’auteure qui rend le récit très addictif.

Romance

Ce qui nous consume… | Georgia Caldera (#2)

Résumé :
Violette, au passé aussi troublé qu’au brillant avenir, vient d’intégrer une école d’art. Elle s’est installée chez sa mère et son nouveau beau-père, puis a fait la connaissance du fils de celui-ci, le solitaire et énigmatique Adam. Après s’être ignorés et déchirés durant des semaines, ils ont trouvé la paix dans les bras l’un de l’autre et se sont déclaré leur amour. Violette doit désormais apprendre à lui faire confiance mais les secrets qui voilent le ténébreux regard d’Adam pèsent sur leur couple. Parviendra-t-il à lui révéler ses démons et à accepter son aide ?
Ce roman est le deuxième tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

Une conclusion comme on les aime qui offre des réponses aux nombreuses questions qu’on avait à la fin du premier opus. Les émotions sont toujours aussi intenses et les sujets abordés contribuent à rendre les personnages d’autant plus attachants. L’auteure dépend avec justesse plusieurs thèmes sensibles et leurs conséquences parfois désastreuses qu’elles ont sur l’évolution de la vie des personnages.

La première partie est l’occasion de consolider la relation entre Violette et Adam, la confiance ayant toujours précaire il est appréciable de voir se couple que tout oppose se trouver des points communs et accepter l’évidence de leur relation. On peut voir une évolution dans le comportement d’Adam, lui si craintif devient peu à peu plus ouvert et malgré un manque de confiance en lui, il s’ouvre peu à peu à Violette, essayant tant bien que mal de surmonter ses souffrances et de réapprendre à vivre malgré l’ombre de son père qui plane au dessus d’eux.

Ce qui est intéressant avec cette suite, c’est qu’elle met en lumière les blessures d’Adam, mais également les peurs de Violette qui a également un passé trouble. Chacun va devoir affronter ses propres démons et ensemble ils vont nous montrer qu’ils sont invincibles. Cette relation qu’ils ont longtemps tenté d’éviter, va s’avérer être leur bouée de sauvetage et se raccrocher à cette relation va leur permettre de voir leur vie différemment et d’apaiser les vestiges de leur passé. Et parfois j’avais l’impression de redécouvrir Adam et dans le bon sens du terme.

Mon côté exigent aurait apprécié un épilogue plusieurs années après les événements ce cet opus, car la curiosité est à son comble et mon besoin de découvrir le bonheur de ces personnages est indéniable. Il y a une forme d’attachement quand on passe du temps avec des héros et qu’on affronte des épreuves avec eux, mais ma plus belle découverte c’est la plume de Georgia Cadelera que j’ai redécouvert plusieurs années après ma lecture de Hors de Portée. Un dytique qui répond à toutes mes attentes et qui me laisse sous le charme.

Mon avis sur Ce qui ne te tue pas… #1 ICI

Romance Contemporaine

Ce qui ne te tue pas… | Georgia Caldera (#1)

Résumé :

Le bac en poche, les années lycée et leur lot de terribles souvenirs derrière elle, Violette se réjouit de pouvoir enfin tourner la page. C’est par un déménagement et l’intégration d’une école de graphisme de renom que débute sa nouvelle vie. Artiste dans l’âme, Violette espère se révéler et s’épanouir à Arte-Sup. Or, son bonheur a un prix : Adam, le fils de son nouveau beau-père. Car le jeune homme, aussi ombrageux qu’insaisissable, avec lequel elle va devoir désormais partager un couloir, semble la haïr par-dessus tout. Et lui aussi étudie les arts graphiques au sein de la même formation…

Après être tombée amoureuse de cette sublime couverture, j’ai malgré tout tenté de résister à la tentation et finalement c’est ma copine Ouidad qui a tranché pour moi en m’offrant cette lecture riche en émotions et me permettant par la même occasion de faire dédicacer mon exemplaire par son auteure. J’ai débuté ce roman sans réaliser que l’histoire allait être touchante et le passé des personnages ne faut que renforcer leur côté torturé.

Après avoir passé ses années lycées à vivre avec son père et son frère, Violette est déterminée à tourner la page et oublier ce que cette dernière année lui a fait subir. Intégrer l’école de graphisme de ses rêves est l’occasion pour la jeune femme d’oublier les souvenirs de son année de bac difficile et déménager chez sa mère et son nouveau beau-père semble être l’échappatoire dont elle a besoin. Seulement dès le premier jour, elle se heurte au fils de son nouveau beau-père et face à un colocataire récalcitrant, la jeune femme va tenter de s’épanouir et se reconstruire à Arte-Sup, mais Adam va tenir son bonheur tant à la maison, qu’au sein de la formation d’arts graphiques qu’ils viennent d’intégrer. Et la cohabitation va s’avérer compliquer pour les deux jeunes gens.

Le mystère qui entoure le passé de Violette reste entier et malgré sa force de caractère, il est évident que sa dernière année de lycée a profondément marqué la jeune femme. Ce déménagement est l’occasion pour elle de redevenir cette jeune femme insouciante, qui se fiche de ce qu’on peut penser d’elle et elle n’hésite pas à jouer de son côté rebelle pour se construire un cercle d’amis. Pourtant cette image, contraste avec ses pensées, car malgré une apparente désinvolture, elle attache une importance à ce que ses camarades pensent d’elle et face à la critique, Violette se montre très vulnérable, suscitant la compassion et l’interrogation du lecteur.

Adam lui ne fait pas semblant, il n’aime ni la foule, ni être le centre d’attention et avoir des amis ne l’intéresse pas, sa scolarité a été trop chaotique pour oser accorder sa confiance à de potentiel ami. Il n’aspire qu’à disparaître, uniquement vêtu de noir il n’hésite pas à se fondre dans la masse et personne n’a jamais réellement entendu la voix du jeune homme. A la maison ce n’est pas bien différent, Violette ne peut qu’observer ce jeune homme unique, qui est loin de la mise en garde sa mère. N’arrivant pas à tisser un lien avec les autres, Adam se contente de tenir les autres à distance et se renferme dans sa bulle où seul l’art à sa place. D’une incroyable sincérité, ce jeune homme hors du commun n’aspire qu’à être dans un environnement où il peut baisser sa garde.

La tension est palpable et l’issue de cette relation semble incertaine, il y a une profondeur qui se créer grâce au silence et ça accentue les regards lourds de sous-entendu, les émotions sont comme démultiplier par les non-dit, et l’un et l’autre vont confronter leur caractère de manière inattendue. Adam va apaiser Violette et la jeune femme va devenir un soutien inespéré pour le jeune homme. Un premier opus qui met en avant les démons d’Adam, le tout raconté par une auteure à la plume entraînante qui pousse le lecteur à se poser les bonnes questions et les traumatismes abordés ne font qu’attendrir le lecteur. Je n’imaginais pas plonger dans une histoire aussi désarmante, nous sommes témoins de scènes révoltantes et on n’aspire qu’au moment où la légèreté va penser les blessures. L’attente risque d’être longue jusqu’à la suite prévu le 15 mai.

Young Adult

Nous les filles de nulle part | Amy Reed

Résumé :

Grace vient d’entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
Ces mots, c’est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n’a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
Très vite, Grace comprend que cette violence s’exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l’équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.

Un roman coup de poing, indispensable pour faire changer le regard de la société et se poser les bonnes questions. Cette histoire est une fiction, mais le thème n’a rien d’imaginaire et c’est avec émotion que j’ai découvert l’histoire de ces Filles de Nulle Part. Et je peux vous dire que certains propos m’ont bien remués.

Grace est nouvelle au lycée Prescott et ce déménagement a été une épreuve difficile pour elle. Il est difficile de se trouver sa place quand il faut tout recommencer. Cette maison qu’elle occupe avec sa famille, était autrefois habité par une autre famille, cette chambre où elle dort, était celle d’une élève bien connue de tous Lucy. A travers des mots laissés sur les murs, Grace découvre la souffrance de son ancienne locataire. Déterminée à en savoir plus sur ce qui est arrivé, la jeune fille se lie d’amitié avec Erin et Rosina, deux camarades différentes aux yeux des autres, mais terriblement attachantes et surtout convaincue qu’il faut agir.

Au fil des échanges elle comprend que Lucy a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée et pourtant la victime est devenu la proie d’un lycée. Aujourd’hui malgré le départ de Lucy, Grace constate que rien n’a changé. Il aura suffi d’une voix pour que Les Filles de Nulle Part voient le jour. Une voix qui change tout, car elle offre la possibilité d’être ajouté à de nombreuses autres et ensemble il est plus facile d’agir et de tenter de se révolter pour faire changer les choses. C’est donc plus soudée que jamais qu’elles les jeunes femmes vont s’allier.

A travers le parcours de plusieurs protagonistes nous allons découvrir les pensées intimes de jeune femme qui sont confrontées tous les jours à la violence et c’est une vraie communauté qui va trembler face aux paroles percutantes des Filles de Nulle Part. Dans ce roman, on aborde un thème difficile et la manière dont il est traité est à la fois romancé et informatif. C’est le genre de roman choc qu’il faut mettre entre toutes les mains, il est simple de se sentir concerné par le sujet et la manière dont on évoque le thème sensibilise.

Sans oublier bien sûre des personnages qui tiennent le roman à bout de bras et qui parviennent à toucher à leur manière. Chacune aborde l’histoire d’un angle différent et le vécue de nos héroïnes n’est pas le même, donc leurs réactions vont sensiblement changer et leur évolution sera perceptible. Je me sens privilégié d’avoir le temps d’une lecture, fait partie d’un club aussi touchant et avec de réelles convictions.

Le seul bémol c’est la fin, j’ai le sentiment que certains personnages évoqués tout au long du roman sont resté figés et arrivé à la fin, je n’ai pas eu l’impression qu’elles étaient toutes égales dans la conclusion, qui reste finalement assez ouverte. Néanmoins le message reste très beau et j’aime lire des histoires aussi engager qui prône qu’il faut se battre pour ses convictions. Une lecture difficile par moments, mais indispensable.

Romance, Young Adult

Les Mille Visages de notre Histoire | Jennifer Niven

Résumé :
Tout le monde croit connaître Libby Groby, pourtant, personne ne s’est jamais intéressé qu’à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s’est inscrite au lycée.
Tout le monde croit connaître Jack Masselin : étudiant rebelle, sexy… aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.
Une histoire d’amour rédemptrice.
Des ados justes et charismatiques et le courage de s’accepter tel que l’on est.

Ce roman m’a été offert pour mon anniversaire par ma copine fanbooks76 et elle n’aurait pas pu mieux choisir, car il était dans ma wishlist depuis sa sortie et n’étant pas encore totalement remise de ma lecture déchirante de Tous nos jours parfaits, je ne le sentais pas prête à lutter contre  cette boule au ventre, sans compter que ce roman me hante encore malgré les années. Bien que l’histoire ne soit pas aussi intense, on aborde un thème qui fait réfléchir et j’ai été séduite par la beauté du message porté par Libby et Jack et par l’histoire qui mérite d’être découverte.

Libby et Jack ont tous les deux des problèmes d’adaptation et de socialisation, mais cette année va être différente pour ces deux inconnus. D’un côté nous avons Libby sa vie a été marqué par le décès de sa maman quand elle était enfant et cette perte a précipité un évènement qui a bien failli tourner au drame il y a plusieurs années. Aujourd’hui, les choses vont prendre une direction différente puisque pour la jeune fille fait son grand retour au lycée. J’ai apprécié découvrir une héroïne touchante et en même temps j’ai regretté qu’elle soit identifiée non pas pour sa personnalité pour son surpoids. Son combat n’a pas été simple, mais Libby est équilibrée et on ne décèle pas de grande fragilité, malgré certain propos difficile. Sa combativité est un trait attachant qui nous pousse à en savoir plus sur elle. Beaucoup se font une idée de la personne qu’elle est, mais personne ne sait réellement ce qu’elle a vécue, elle va pouvoir compter sur sa force de caractère et un humour touchant pour sortir la tête haute de personnalité malveillante. Et c’est avec joie que je l’ai vu s’épanouir au contact d’amis sincères.

D’un autre côté nous avons le très secret Jack, c’est un personnage qui m’a touché dans son combat. J’ai apprécié le contraste du jeune homme connu de tous dans le lycée et qui pourtant conserve un énorme secret qui est pourtant difficile à dissimuler. Certaines de ses décisions ne sont pas forcément des plus intelligentes, mais je peux comprendre qu’il soit difficile d’aller contre l’avis général au risque de perdre beaucoup et dans le cas de Jack sa position sociale au sein du lycée est déterminante s’il veut garder son secret. Je suis quand même assez surprise qu’on sache dès le premier chapitre ce que personne ne sait, mais ça m’a laissé un sentiment de trouble comme déstabilisé par la situation et triste pour lui d’être dans cette position sans d’autres recours que de faire semblant.

Jennifer Niven réussi sans mal à mettre l’accent sur les émotions et bien que ce roman ne m’ait pas brouillé le cœur en mille morceaux, il est difficile de rester insensible aux thèmes évoqués. On décèle la fragilité de nos héros c’est ce qui va précipiter ce lien entre eux, malgré la situation qui ne favorise pas forcément un rapprochement, Jack va pouvoir compter sur Libby. On aborde des thèmes tels que l’acceptation de soi, les premières amitiés et c’est avec beaucoup d’empathie qu’on voit nos héros s’ouvrir doucement l’un à l’autre et faire le deuil de ceux qu’ils étaient avant. Une lecture qui apprend à voir au delà des apparences et qui véhicule un très beau message.