Shades of Light | V. E. Schwab (Shades of Magic #3)

Résumé :
Un autre monde vous attend, là, de l’autre côté du mur…
Kell est un magicien de sang, un sorcier capable de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l’âme. Le nôtre est gris. Le deuxième, rouge, déborde de magie. Dans le blanc, elle s’est faite bien trop rare quand, dans le noir, elle a tout dévoré. Et le fléau s’apprête à contaminer chacun des univers jusqu’au dernier – ce n’est plus qu’une question de temps…
Car les ténèbres ont déjà commencé à s’étendre sur le flamboyant Londres rouge. Les habitants en sont réduits à choisir entre céder aux sirènes dévastatrices de la magie et entamer contre elle une lutte désespérée jusqu’à la mort. Si Kell semble immunisé contre le poison qui gangrène son royaume, la fin le guette, lui aussi… à moins que des alliés inattendus ne le rejoignent dans la bataille À commencer bien sûr par Lila, qui ne raterait pour rien au monde une occasion de partir à l’aventure et faire étalage de sa puissance. Mais, aussi intrépides qu’ils soient, comment de simples magiciens pourraient-ils faire le poids face à l’incarnation même de la magie ?
Ce roman est le 3ème opus d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

J’ai longtemps repoussé le moment fatidique où je terminerais cette série, tant par crainte de dire adieu à cet univers incroyable et ses personnages, que par déception anticipée. Quelle erreur, ce tome démarre au quart de tour et se termine avec toutes les émotions que j’espérais retrouver en fermant ce livre. Chaque chapitre fait monter d’un cran le suspense et l’action, et c’est appréciable quand on ne peut pas lire le roman d’un traite, car l’histoire ne retombe à aucun moment offrant aux lecteurs un final magistral.

Je me suis laissé influencé par l’épaisseur du roman et j’ai le temps d’un instant eu peur que l’histoire n’arrive pas à captiver jusqu’à la dernière ligne. Et pourtant, à aucun moment je ne me suis ennuyée, l’alternance des points de vu c’est l’occasion de découvrir l’histoire sous tous les angles et permet également de mieux connaître certains personnages, qui jusqu’ici étaient restés un mystère. C’est le tome des dernières chances et ce dernier combat est tout ce que j’aime lire dans la fantasy. J’ai frissonné avec les personnages lorsque la situation s’obscurcissait, souffert de leurs blessures et même dans les pires moments, j’ai parfois senti un sourire se dessiner sur mes lèvres.

Difficile de résumer cette lecture, car finalement aucun mot ne pourra rendre justice à cet univers. Chaque détail est pensé minutieusement et on découvre une mythologie parfaitement maîtrisée, malgré un roman à la troisième personne à aucun moment je ne me suis sentie exclue, captivée par les pensées des héros j’ai plongé la tête la première dans Londres et l’intensité qui se dégage de cette ultime bataille est puissante. J’ai apprécié les autres tomes, mais ce troisième opus est à mon sens le meilleur de la série et le plus riche en émotions.

Kell et Lila sont deux héros qu’on a appris à découvrir et alors que dans les opus précédents on découvrait leur force individuelle, cet opus est l’occasion de montrer à quel point ils sont fort lorsqu’ils fusionnent leur puissance. Et bien évidemment, au cœur de l’action, l’auteure nous offre un beau rapprochement et malgré une certaine pudeur, on apprécie ces moments de complicité. Lila a beaucoup évolué depuis sa rencontre avec Kell, mais son indépendance a toujours été un point fort de sa personnalité et j’ai apprécié qu’elle continue de prendre ses propres décisions, malgré le désaccord de Kell dans certaines situations dangereuses, il ne sera jamais surprotecteur. Mention spéciale à Holland qui montre un nouvel aspect de sa personnalité plus dans la fragilité. Et mon petit plaisir est adressé à Rhy et Alucard, un duo qui a su toucher la corde sensible, mais finalement la plus belle relation est celle qui unit Rhy et Kell, des frères qui s’aiment d’un amour indestructible.

Je vais conclure cette chronique en vous recommandant vivement cette série, si vous appréciez la fantasy ou souhaitez découvrir un univers qui vous fera voyager, c’est une série qui saura répondre à votre envie. Une lecture au décor unique, avec une intrigue complexe et plongé au cœur de l’action, sans oublier bien sûr un éventail de personnages tous plus captivants les uns, que les autres. En bref, Shades of Magic est une série qu’il faut découvrir.

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Shades of Shadows | V. E. Schwab (Shades of Magic #2)

Résumé :

Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l’âme. Le premier, gris, est le nôtre. Le second, rouge, déborde de magie. Dans le troisième, blanc, elle s’est faite rare, et dans le dernier, noir, elle a tout dévoré. Quatre mois ont passé depuis qu’un talisman maléfique est tombé entre les mains de Kell, depuis que le corps de son ennemi a été expédié dans le Londres noir en compagnie du joyau.
Lila s’en est allée. Sans mot dire, au bout de trois jours d’épreuves inimaginables, elle a abandonné là Kell, sur un quai du Londres rouge, pour partir explorer le monde. Depuis, le jeune homme est assailli de rêves menaçants, dont il ne se réveille que pour penser à elle. La capitale bouillonne de fièvre car dans quelques jours commencent les Jeux des éléments, une compétition qui réunit les meilleurs magiciens de trois royaumes voisins, souvent en guerre par le passé. En prévision de l’événement, un navire à la réputation légendaire se rapproche d’ailleurs de la cité, ramenant de vieux amis à terre. Mais pendant ce temps, un autre Londres se réveille et revient petit à petit à la vie. Or rien ne peut venir bouleverser l’équilibre de la magie : pour qu’une ville prospère, une autre doit forcément décliner…
 Ce roman est le 2ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

Un second opus qu’il me tardait de découvrir et qui malgré un début  lent, aura réussi à me convaincre. L’attente aura été récompensée par une intrigue captivante et des personnages qui offre un nouvel aspect de leur identité.

Les évènements du précédent opus ont indéniablement changé Kell et Lila, on les retrouve plus mures dans cet opus et marqués par ce qu’ils ont vécu. L’histoire reprend quatre mois après la fin du premier tome, Lila est partie profiter de sa liberté et elle n’a pas hésité à laisser Kell derrière elle sur le quai du Londres rouge. Pourtant, bien qu’elle apprivoise cette nouvelle vie, ses pensées ne sont jamais bien loin du Prince. C’est à bord d’un navire de pirate que nous la retrouvons et bien qu’elle ait exploré une partie du monde. La réalité la rattrape lorsque la capitaine de son navire, décide de rentrer à Londres pour participer aux Jeux des éléments.

Beaucoup de choses se sont passés durant ces quatre mois, et il serait facile d’en dévoiler trop. J’ai tendance à penser que ce deuxième opus illustre parfaitement le tome de transition et c’est bien souvent ce qui me frustre dans les suites. De nouveaux personnages vont nous être présentés et il était important de les rencontrer dans leur quotidien pour apprendre à les découvrir. Il aura donc fallu plusieurs chapitres pour connaître passé et présent de notre équipage et pendant ce temps Kell n’a jamais été aussi seul. Ses décisions vont le placer dans une position compliquée et comme le précédent opus, la question de liberté va être centrale. J’ai apprécié voir Lila évoluer et bien que ses vieux démons l’empêchent de totalement se sentir en terre conquise, elle va apprendre à s’ouvrir malgré elle et s’épanouir à sa manière. A l’inverse de Kell qui n’a plus que son frère adoptif qui le retienne, et même de son côté certaine décision peuvent être discutable et personnellement certaines m’ont irrité.

On s’éloigne un peu du complot du tome précédent en intégrant des jeux à l’intrigue, mais en parallèle un autre Londres revient peu à peu à la vie, menaçant l’équilibre du Londres rouge. J’ai apprécié me trouver à la place d’un narrateur omniprésent, nous avons accès à des éléments inconnus de nos personnages et ça contribue à un sentiment d’urgence. Pendant que le Londres rouge est en fête, les ennemis de la couronne reprennent des forces. A mesure que le jeu se rapproche de la finale, le plan de l’autre Londres prend forme et ça m’a mise les nerfs en pelote. A côté de ça, les retrouvailles Kell & Lila se seront fait attendre, mais sachez que ce fût à leur image.

Je suppose que maintenant qu’on a une vue d’ensemble sur l’étendue des dégâts, on peut envisager un troisième et dernier opus épique. J’ai beaucoup d’attente concernant l’ultime tome et en même temps, quelques craintes concernant l’avenir des personnages. Nous avons une forme d’action un peu différente, car nos personnages ne luttent pas pour leur vie, mais l’intrigue liée au jeu et plaisante et Lila parvient encore une fois à s’attirer des ennuis pour notre plus grand plaisir. Une bonne suite, qui prend malgré tout son rythme un peu tardivement.

Mon avis sur Shades of Magic #1 ICI

The Kiss | Marie Rutkoski (Winner #3)

 Résumé :
Dans un monde en guerre, entièrement né de l’imagination fertile de Marie Rutkoski, se battent pour survivre Arin et Kestrel, deux personnages que tout oppose, séparés par leur allégeance à deux nations en conflit.
Fille unique du général le plus admiré de tout l’Empire, Kestrel est pourtant en pleine disgrâce : exilée dans un camp de prisonnier, la jeune fille est désormais bien loin des dorures et des fastes du palais impérial, où elle devait épouser l’héritier du trône. Arin, lui, se trouve déjà au cœur des affrontements et s’apprête à livrer une lutte à mort contre l’Empire. Pris dans le tourbillon des événements qui déchirent le continent, Kestrel et Arin ne peuvent lutter contre leur destin, qui les sépare irrémédiablement…
Ultime volume d’une trilogie qui ne ménage ni les personnages, ni les nerfs du lecteur, The Kiss entremêle avec talent intrigues politiques, suspense et romance contrariée. Forte d’un style finement ciselé et de la psychologie fascinante de personnages en plein dilemme, la trilogie de Marie Rutkoski trouve en The Kiss une conclusion magistrale.
Ce roman est le 3ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

Cet épilogue est absolument époustouflant, Marie Rutkoski signe avec The Kiss le meilleur tome de la série, laissant le lecteur dans une tension permanente, sans se douter un seul instant de l’issue de ce roman. La guerre est déclarée et nous plongeons au cœur du chaos, avec les ingrédients qui ont fait le succès de cette série, des complots, des stratégies, des secrets et bien évidemment une superbe romance, qui est au centre de tout.

Encore une série qui me laisse un goût particulier, à la fois le plaisir d’avoir la conclusion de cette histoire qui m’aura fait vibrer et d’un autre côté, la nostalgie de me dire que l’histoire est terminée. Les autres tomes avaient cette intensité qui l’a immédiatement séduite et c’est série est l’une de mes plus belles découvertes en fantasy, me donnant l’envie d’en lire davantage. J’écris cette chronique quelques heures après avoir terminé ma lecture, pour laisser le temps à mon rythme cardiaque de revenir à la normale. Lire ce tome m’a donné quelques sueurs froides et les évènements vont s’enchaîner de manière naturelle qu’on ne se rend pas compte du temps qui passe.

L’histoire reprend quelques jours après la fin du second opus et j’ai apprécié replonger dans l’histoire grâce à l’alternance des points de vue. A commencer par Arin, qui semble s’être remis de son cœur brisé et qui prend part à la guerre sans aucune pitié, déterminer à rendre justice à son peuple, ils se donnent corps et âmes dans cette cause. Du côté de Kestrel, la situation est plus critique, puisqu’elle a perdu sa liberté et suite à sa trahison contre l’Empire, elle est envoyée dans un camp de prisonniers sans possibilités d’avertir son entourage avec pour seule compagnie ses souvenirs qui semblent s’effacer et une combativité qui s’essouffle.

Bien que la situation soit complexe, ce tome c’est celui des révélations et après trois tomes de secrets, de mensonges et de complots, le destin va enfin réunir Kestrel et Arin, afin qu’ils puissent surmonter les obstacles. Bien évidemment, les choses se font progressivement et j’ai apprécié les voir s’ouvrir l’un à l’autre, quitte à être vulnérable, c’est ce qui en fait des personnages authentiques et avec leurs faiblesses. On alterne les moments de douceur, avec de nombreuses scènes de combat qui m’auront donné des sueurs froides, il faut dire que l’auteure semble prendre un malin plaisir à malmener nos héros et c’est dans les pires situations qu’ils vont prendre conscience de leur potentiel. On est face à des héros qui ont été changé par la guerre et par leurs décisions, et on constate une réelle évolution tant de la mentalité, que dans la prise de risque pour une cause partagée.

En bref, l’intrigue est mené par des personnages charismatiques qui m’auront chacun leur tour fait passer par une palette d’émotions, de l’émotion, de l’humour, de la peur, de l’amour… tout est réuni pour proposer une saga captivante. Très émue par la dernière scène, qui joue sur la corde sensible, mais j’aurais volonté acceptée quelques pages supplémentaires. Je suis très sélective dans mes lectures en fantasy, mais que vous soyez débutants, convertis ou simplement curieux, sachez que cette série est à découvrir.

Mon avis sur The Curse #1 ICI
Mon avis sur The Crime #2 ICI

The Crime | Marie Rutkoski (Winner #2)

Résumé :

Gagner peut être la pire des malédictions…
Fille du général le plus titré de l’Empire, Kestrel a eu la faiblesse, alors qu’elle réprouve l’esclavage, d’acheter dans une vente aux enchères un jeune homme du nom d’Arin. Pire encore, elle a eu la bêtise de lui permettre de devenir son ami… et de laisser la ville entière s’en émouvoir. Elle n’a compris qu’au dernier moment son erreur, en découvrant l’impensable : espion aux ordres de son peuple oppressé, les Herranis, le jeune homme était là depuis le début pour la trahir, pour renverser le pouvoir.
À présent, tout a changé. Kestrel a été contrainte de lutter pour sa survie. Elle a vu ses amis tomber autour d’elle et a dû supporter la douleur de la trahison d’Arin – elle dont l’éducation entière lui souffle de tout faire pour se venger. Mais, quand il a fallu choisir son camp, elle a préféré, à son tour, l’impensable : sacrifier son bonheur pour celui des Herranis, céder à un terrible chantage qui la force à tourner le dos à Arin une bonne fois pour toutes. Elle est désormais la fiancée du fils de l’Empereur. S’ouvre, à la cour, un terrible jeu d’échec où Kestrel doit mentir à tout le monde, depuis le monarque – un homme sans pitié qui se délecte de la souffrance d’autrui – jusqu’à Arin lui-même, en passant par la masse des courtisans qui n’espèrent que sa chute.
Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple !
Ce roman est le 2ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers

Superbe tome qui embarque son lecteur de la première à la dernière page, il est indéniable que cette suite comble largement mes attentes. Contrairement à certaine série qui s’essouffle avec le tome du milieu, montre que les bases de l’intrigue sont construites et l’intensité qui se dégage du récit m’aura valu quelques sueurs froides.

Kestral a fait un choix qui va contre son éducation choisir le camp ennemi. Aujourd’hui le traité est signé et les Herranis ont récupéré leurs terres, mais cette décision l’oblige à oublier les sentiments qui la poussent à sauver Arin. Contrainte d’honorer sa part du marché, la jeune guerrière va devoir épouser le fils de l’Empereur et sa nouvelle vie à la cour n’est pas de tout repos. A commencer par l’Empereur un homme tyrannique qui dirige d’une main de fer ses troupes et n’hésite pas à bousculer sa future belle-fille pour l’aider à prendre les bonnes décisions.

L’histoire est habilement mené, plongé en plein cœur des stratégies d’attaques et autres complots politiques, nous allons vivre au rythme de l’intrigue qui n’est jamais celle qu’on attend. Cette imprévisibilité est l’un des points forts de l’histoire, nos personnages sont sans arrêt en mouvement et on passe par une palette d’émotions : peur, tristesse, affection, surprise… et c’est justement parce qu’ils n’ont pas la capacité de décider de leur avenir que nous les voyons prendre des décisions difficiles et en tant que lecteur c’est délectable.

On voit une certaine évolution de nos personnages, notamment Kestral qui s’éloigne de la fille parfaite et l’image de guerrière s’éloigne pour montrer quelques failles, mais malgré une prise de position timide elle reste fidèle à son père qui est son modèle et à la cour elle va se retrouver face aux manipulations et stratégie qui auront des conséquences pour son futur. A noter que ce tome se concentre principalement sur la politique menée depuis la signature du traité, alors la romance est un peu relégué au second plan. Personnellement, j’ai trouvé l’évolution de l’histoire cohérente et malgré la frustration liée à la séparation, les scènes n’en sont que plus savoureuses.

Marie Rutkoski n’hésite pas à malmener ses personnages et on peut dire que ce tome prend un tournant puissant. Les rôles sont un peu inversés, Kestral est face à la solitude et n’a pas vraiment de personnes de confiance, alors qu’Arin est bien entouré et prêt à tout pour sauver son peuple de l’esclavage. On a d’ailleurs une prise de position intéressante puisque notre héroïne issue d’un milieu privilégié reconsidère ce qu’elle a appris et il y a une vraie évolution face au pratique de son peuple qu’elle réprime. Et sa prise de risque la montre sous un nouveau jour.

The Crime se démarque du précédent opus par un environnement plus sombre et on découvre par la même occasion des personnages secondaires avec du potentiel apportant de la consistante à l’intrigue déjà bien complexe. Aucun personnage n’est à l’abri, le sang va couler à flots, des morts ou blessés graves vont longer le récit dans la noirceur. On a parfois du mal à apercevoir la lumière et c’est qui rend l’histoire imprévisible, on ne sait jamais sur quoi l’histoire va rebondir. Une auteure qui pourrait paraître sadique, mais qui sait parfaitement où elle conduit son lecteur. La fin est particulièrement frustrante et ce qui rend l’attente d’autant plus longue.

Retrouvez mon avis sur The Curse #1 ICI

 

The Curse | Marie Rutkoski (Winner #1)

Lorsque ce roman est sorti, j’ai eu un coup de foudre pour sa sublime couverture et puis, je me suis laissé le temps de voir les premiers avis qui ont été unanimes. Coup de cœur, après coup de cœur ce roman a commencé à m’intriguer et je remercie ma copine Fanbooks76 qui ne pouvait pas tomber plus juste comme cadeau d’anniversaire. Depuis The Book of Ivy, je n’ai jamais réussi à ressentir la même chose avec des romans parus chez Lumen, c’était donc l’occasion de replonger dans la fantasy.

Kestrel est la fille du célèbre général d’un empire conquérant, malgré les entraînements au combat, sa principale force réside dans ses stratégies et sa capacité à déceler le mensonge. Son avenir est tout tracé et elle n’a que deux options qui s’ouvrent à elle : s’engager dans l’armée et combattre au côté de son père, ou se marier. Mais la jeune femme rêve simplement de faire ce que bon lui semble et sa passion pour la musique est l’une de ses principales motivations, malgré que son père n’apprécie pas cette lubie.

Alors qu’elle était en balade avec une amie, Kestrel se retrouve par erreur sur le marché des esclaves. Contrainte de devoir assister aux enchères elle va succomber à un coup de tête et acheter un esclave à un prix démesuré, faisant jaser les habitants. Pas certaine de comprendre la raison de cette sure-enchère, la jeune femme va dans un premier temps garder ses distances avec le jeune esclave. Pourtant, à force de côtoyer le jeune homme, sa curiosité ne va cesser d’augmenter et ce besoin de lire les émotions de son nouvel ami, va la conduire à dépasser la simple relation maître/esclave. Malgré leur besoin de liberté, les deux jeunes gens vont subir les conséquences de la « malédiction du vainqueur ».

J’ai immédiatement été conquise par la plume fluide de Marie Rutkoski, mais j’ai eu du mal à rentrer complètement dans l’histoire. J’ai trouvé que le début mettait du temps à se mettre en place, l’auteur arrive à rendre la lecture agréable, mais la manière dont elle pose son décor m’a fait ressentir quelques longueurs. J’avais ce besoin de voir interagir les personnages et ces descriptions, bien que complète m’ont par moments frustrée, mais son à mon sens indispensable pour comprendre le contexte. Une fois les bases posées, il n’a pas été difficile pour moi d’apprécier les interactions entre les personnages et les bribes d’information ont commencé à faire monter l’excitation, face à ce qui se profilait. Sans compter que nos deux héros vont avoir un caractère sensiblement identique, pour mon plus grand plaisir. A la fois fragiles et déterminés ils vont tous les deux se retrouver prit dans un engrenage qui va déplacer la simple romance.

Je ne suis pas très fan de la narration à la troisième personne, mais elle aura au moins eu le mérite d’être alternée entre Kestrel et Arin, nous permettant d’avoir une vue d’ensemble sur les évènements, passé et à venir et même si ça nous rapproche pas autant d’une lecture qu’un récit à la première personne, nous avons des révélations intéressantes. Même si ce n’est pas un coup de cœur, je ressors pleinement satisfaite de ma lecture. L’univers est complexe et l’auteure maîtrise l’histoire de ses personnages sur le bout des doigts, c’est sombre, la guerre fait rage et on voit clairement le fossé entre les valoriens et les herranis. Nos héros sont la nouvelle génération d’un peuple qui s’oppose et pourtant une histoire va naître entre eux, sans jamais que la romance n’empiète sur les complots, les secrets et les révélations déchirantes.