Donne-moi ton cœur | Sara Wolf (#1)

Résumé :
Pour retrouver sa liberté, elle doit ravir le coeur du prince…
Quand sa famille a été décimée par une horde de bandits, Zera a été sauvée in extremis par une sorcière. Mais cette dernière a pris son coeur en otage afin de faire d’elle son esclave.
Un jour, la sorcière propose un marché à Zera : si elle obtient le cœur du prince héritier du royaume, elle récupérera le sien. Si elle échoue, elle perdra à jamais la chance de redevenir humaine.
Le prince héritier Lucien d’Malvane déteste la vie de cour et ne se prive pas de le montrer. Surtout, il rêve d’un monde plus juste. Alors que ses parents insistent pour qu’il se marie, personne ne trouve grâce à ses yeux… jusqu’à ce que l’insolente Zera se présente à lui.
Ainsi commence le jeu du chat et de la souris entre un prince entêté et une jeune fille qui n’a rien à perdre. Le gagnant remportera le coeur de l’autre… littéralement.

J’étais loin d’imaginer à quel point ce roman allait me captiver, j’ai découvert Sara Wolf dans des récits contemporains et sa série Je te hais, vient d’être a longtemps été ma favorite de l’auteure, mais ça c’était avant de découvrir cet univers. J’ai tendance à vouloir suivre une auteure dans toutes les étapes de son parcours, alors même s’il y a la crainte d’un nouveau registre la curiosité est un moteur. Lorsque Pocket Jeunesse a annoncé la publication de cette série, j’étais ravie tant pour le résumé que pour la couverture absolument sublime.

Zera a perdu sa famille il y a trois ans dans une tragique attaque où elle aurait dû périr, mais l’intervention d’une sorcière lui a permis de survivre. La magie a réussi à la maintenir en vie, mais sa sauveuse lui a pris son cœur afin qu’elle demeure son esclave. Bien qu’elle supplie chaque jour la sorcière de lui rendre sa liberté, la jeune femme est contrainte de vivre avec une faim insatiable qui lui murmure à chaque instant des actes terribles pour assouvir cette soif de sang. Alors qu’elle réchappe à une attaque, la sorcière lui propose un marché, Zera pourra récupérer son cœur si elle lui rapporte celui du Prince Lucien. Pour mettre son plan à exécution, la jeune femme se rend au royaume de Cavanos en tant que Fiancées du Printemps et espère obtenir le cœur du Prince.

Zera est une héroïne surprenante, lorsque nous faisons sa connaissance c’est son sarcasme qui se démarque. Rapidement elle va montrer l’image d’une jeune femme combative, avec ses convictions sur la manière donc la royauté dirige le peuple. Lutter contre la faim est un combat permanent et on va rapidement constater à quel point la Sang-Cœur peut avoir des mots durs envers elle-même. Elle ne cesse de ressasser ses erreurs et malgré qu’elle se qualifie elle-même de monstre, je l’ai trouvé parfois plus humaine que certains protagonistes. Afin de rendre crédible son plan, Y’shennria une noble au sombre passé, va devoir lui enseigner les bases de la noblesse. Bien que leur rapport soit explosif, j’ai apprécié les interactions et l’évolution au fil du récit.

Ma crainte c’était la manière dont on allait aborder la romance, Zera est chargé de séduire le Prince pour lui prendre son cœur, donc j’avais peur qu’on soit trop dans une séduction feinte. Et puis finalement, l’histoire prend une direction inattendue et la séduction va finalement être placée en second plan face à un complot. Notre héroïne bien qu’elle n’en soit pas consciente, va montrer sa part d’humanité et grâce à son sarcasme, réussir à se faire remarquer d’une manière imprévue. Lucien n’a pas l’intention de se marier et tout ce qu’il voit quand il regarde les Fiancées tout ce qu’il voit ce sont des chaînes. Alors évidemment oser briser le protocole et se servir des informations qu’elle a en sa possession c’est rafraîchissant pour le Prince et entre deux échanges sous le signe de l’humour mention spéciale à Malachite ; on n’aspire qu’à un rapprochement malgré la distance de Lucien

Il y a bien évidemment une certaine méfiance, des femmes intéressées il en a rencontré beaucoup et sa seule préoccupation c’est le confort de son peuple. Les actes barbares se multiplient et l’ombre d’une guerre contre les sorcières plane au-dessus du royaume et cette guerre chacun souhaite l’éviter, et malgré leur différence Zera et Lucien vont bien souvent se retrouver dans les mêmes situations périlleuses, et découvrir une nouvelle facette de leurs personnalités. Tous les deux ont leurs propres missions, mais il va s’avérer difficile de lutter. Il demeure encore quelques questions sur l’univers et à mon sens, il n’est pas totalement exploité, mais la curiosité est là et les coutumes évoquées sont crédibles. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Zera et le fait qu’elle soit narratrice nous permet de comprendre les souffrances de sa situation et le déchirement liés à sa quête et malgré son pacte avec le diable, on éprouve forcément d’empathie envers elle et j’ai craint l’issue de cette mission.

En refermant ce livre, j’ai immédiatement éprouvé une énorme frustration et en analysant mes émotions je réalise que je préfère éprouver cette douce torture plutôt que refermer ce livre indifférente. J’entends par là, que lire ce premier tome a été un vrai bonheur et je n’avais pas éprouvé ça depuis tellement longtemps l’excitation de découvrir la suite, que c’est finalement appréciable de pouvoir ressentir le plaisir de l’attente et le bonheur de surveiller la moindre information sur la publication de la suite. Bref, vous l’aurez compris c’est une lecture que je vous recommande et je ne peux que vous souhaiter d’apprécier votre lecture autant que moi !

Le Pacte | Karina Halle (Les McGregors #1)

ImpressionExcellentUne première lecture de l’auteure très agréable, j’ai été absorbé du début à la fin. Je n’en attendais rien de particulier et franchement ça été une très bonne surprise. Un poil vulgaire, mais ultra-chaud.

Linden, Stéphanie et James sont inséparables depuis plusieurs années. Un soir, alors qu’ils sont ivres et que Stéphanie essuie une énième déception amoureuse elle fait un pacte avec Linden. Si arrivé à son trentième anniversaire ils sont toujours célibataires, ils font le serment de se marier et de fonder une famille tous les deux. Sur le ton de la plaisanterie, ils acceptent tous les deux, mais au fil des années la date fatidique approche et les promesses liées à ce pacte n’ont jamais été autant d’actualité, pourtant comment passer de l’amour à l’amitié après tant d’années, à cacher leurs sentiments.

Linden est l’écossais sexy par excellence, son accent terriblement sexy va agir comme une formule magique sur la gent féminine et ce n’est pas Stéphanie qui va dire le contraire. En vieillissant, ils vont se rapprocher et devenir les meilleurs amis du monde et on ne peut pas dire qu’ils vont avoir de filtre lorsqu’ils se parlent. Au départ, j’ai un peu tiqué et j’ai fini par essayer de passer outre ce langage un peu trop cru. Stéphanie est plus posée, mais elle ne cache pas son goût pour le sexe et elle assume parfaitement ses envies. Ce que chacun ne sait pas, c’est qu’ils éprouvent tous les deux de l’attirance l’un pour l’autre, mais aucun n’est prêt à franchir cette limite qui pourrait changer leur relation amicale. Alors ils conservent leur complicité intacte et vivent leurs expériences amoureuses séparément.

Les personnages secondaires m’ont bien plus, notamment Nicole qu’on aperçoit rapidement mais qui semble avoir beaucoup de potentiel et je suis ravie que la suite lui soit consacré. Le reste de la bande est plus discret, mais tout aussi déjanté, sauf peut-être James qui m’a vraiment agacé et que j’avais envie de frapper. Au fil des chapitres, les années vont passer et nous allons avoir un aperçu de leur relation un peu foireuse. Puis l’histoire va se stabiliser l’année de leurs trente ans et on va voir que ce qui au départ était une simple romance entre amis, va devenir plus compliqué. Car après plusieurs années, il peut se passer beaucoup de choses et parfois tout devient plus compliqué. Même s’ils connaissent tout l’un de l’autre, une partie de leur âme est restée bien protégé pour ne pas s’exposer complètement.

J’ai beaucoup apprécié le style de l’auteure et l’écriture est très fluide. A vrai dire, ce qui a empêché un coup de cœur c’est la vulgarité, je ne suis pas prude mais à force d’abuser des mots cochons pendant les scènes de sexe – ou en dehors – eh bien ça gâche un peu le plaisir de lecture et ce qui devait être une romance mignonne devient légèrement sale. On a l’impression qu’il y a un décalage entre l’histoire et les mots qui sortent de la bouche des héros. Je ne saurais pas dire si c’est dû à la traduction ou l’autre, mais c’est relativement perturbant, donc pour la suite j’espère que ça va s’arranger un peu. L’offre, le tome 2 est prévue pour le 2 juin prochain.

Signature Lucie

Je peux très bien me passer de toi | Marie Vareille

ImpressionExcellentC’est l’été, il fait beau, il fait chaud, alors je ne sais pas vous, mais moi j’ai envie de romance contemporaine. Quand j’ai entendu parler de ce roman il était présenté comme idéal pour l’été. Bien évidemment, je me suis laissé tenter, compte tenu du nombre d’avis positif que j’ai pu lire. Le hasard fait qu’une promo sur l’ebook m’a contrainte, que dis-je obligée à craquer et je suis également l’heureuse gagnante du concours organisé par Les Voyages Littéraires, je crois que si j’attendais un signe, c’était le bon moment. D’autant plus, que je garde un très bon souvenir du premier roman de Marie Vareille.

Chloé, 28 ans et Constance 27 ans se sont liés d’amitié grâce à un club de lecture. Bien que différente, elles entretiennent une relation amicale depuis quelques années. Toutes les deux en pleins déboires sentimentales, elles décident de passer un pacte. Chloé devra partir à la campagne en évitant tout rapport sexuel, réaliser son rêve d’écrire un roman et prendre soin de sa Mamie Rose, qui a une santé fragile. De son côté Constance en plein désert sexuel, préfère attendre que son Mr Darcy vienne la chercher devra succomber à un inconnu. Mais si les choses étaient si simples, ça se saurait.

Chloé est très séduisante, elle fait instantanément de l’effet aux hommes qu’elle côtoient. Pourtant, même si elle succombe à plus d’hommes qu’elle ne devrait, son obsession est de récupérer Guillaume. Son ex, qui l’a largué trois ans plus tôt, qu’elle accepte à l’occasion dans son lit et qui va accessoirement se marier avec une autre. Je ne vous raconte pas, dès le premier chapitre j’avais envie de pleurer pour Chloé qui était clairement malheureuse de pas réussir à passer à autre chose et sa meilleure amie Charlotte la regarde sombrer. Je me suis demandé quand allait être le déclic pour elle et son exil à la campagne, lui a été bénéfique, bien que difficile. En fait son personnage m’a fait éprouver de la tristesse, car ce n’est pas facile de laisser partir quelqu’un qu’on considère comme l’homme de sa vie, encore moins quand on se sent responsable de son départ et qu’on n’arrive pas à passer à autre chose. Les passages avec sa Mamie Rose sont extrêmement émouvants et on ressent l’amour qu’elle lui porte.

Constance, c’est l’incorrigible romantique qui adore les romans de Jane Austin et qui attend son prince charmant sans pour autant provoquer les choses. Bien qu’un peu résignée dans sa situation et un peu triste d’être seule, ses chapitres étaient plus léger et davantage sous le signe de l’humour. Malgré le pacte, elle est dans une optique de trouver l’Amour avec un A, c’est pourquoi elle va décider de se prendre en main et s’inscrire à des cours de séduction pour prendre confiance en elle et séduire un homme qu’elle a rencontré deux ans plus tôt et avec qui elle n’a jamais franchi le cap. Même si j’ai une petite préférence pour Chloé, je dois dire que Constance respire la joie, son sourire et son excentricité font d’elle un personnage attachant et je lui souhaitais beaucoup d’amour avec un homme attentionné.

En bref, le décor vont de Paris aux vignobles du Bordelais et c’est une vraie bouffée d’air frais et c’est assez rare pour le souligner, mais bien souvent les auteurs français n’écrivait pas sur le sol français, donc c’est bon de le souligner et c’est agréable d’être embarquée dans un voyage sur la base d’une amitié. Ce roman respire l’été et c’est idéal pour la plage.  De l’humour, de l’amitié, j’ai été surprise d’éprouver autant d’émotion contradictoire, je suis passée du rire, aux larmes sans même m’en rendre compte. Une lecture indispensable pour la saison estivale, je recommande à 100% ce roman.

Signature Lucie

Le vide de nos cœurs | Jasmine Warga

ImpressionJ’ai hésité avant de débuter ce roman, bien que le résumé soit très alléchant, il y a un côté sombre et effrayant qui m’ont retenu. Les romans qui finissent mal ont le don de me déprimer, pourtant malgré le thème abordé j’ai décidé d’écouter mes envies et de me lancer. D’autant plus, que Hugo Roman est une maison d’édition que j’aime beaucoup, donc c’était également l’occasion de découvrir leur nouvelle collection New Way axé YA Et je dois dire que je n’ai aucun regret, c’est un coup de cœur.

Aysel est une jeune fille de 16 ans extrêmement déprimée et sa solitude ne fait que renforcer son envie de mourir. Depuis le drame irréparable à jamais associé à son père, Aysel s’est complètement renfermée sur elle-même, ajouté à ça la vie au lycée n’est pas au beau fixe et sa propre mère ne semble pas voir la détresse de sa fille. Lorsqu’elle découvre le site Suicide Partners et plus particulièrement l’annonce de FrozenRobot 17 ans, elle décide de rencontrer le jeune homme concrétiser son suicide et planifie l’acte avec le jeune homme. Le compte à rebours peut commencer : J-26.

Au cours de ces vingt-six jours, nous allons apprendre à connaître intiment Aysel et Roman. Chacun habité par le même mal, qui les consument. Bien qu’issue de milieu différent, ils vont s’apprivoiser et discuter de ce qui les a amenés à faire un choix aussi radical, créant un lien particulier, habité par un objectif commun : le suicide. Le compte à rebours en début de chapitre, associé au mal-être de nos héros contribue à mettre en place un sentiment d’oppression et de tristesse. C’est un thème assez difficile, qui m’a mise la boule au ventre pendant toute ma lecture, il y a un côté dérangeant, car on souhaite avancer au bout de ses vingt-six jours et en même temps, c’est effrayant d’imaginer qu’ils seront peut-être morts. J’ai éprouvé beaucoup d’attachement pour ces deux jeunes torturés, mais l’auteure nous rend impuissant face à la détresse de personnage qu’on souhaite seulement protéger.

A force de se côtoyer, d’analyser ensemble, de discuter à cœur ouverts, un lien particulier va se tisser entre nos deux héros. Et au contact de l’un et de l’autre, ils vont changer, mais est-ce suffisent pour ne pas choisir de mourir ? Les pensées de Aysel sont très bien expliquée, on n’est pas dans le pathos, bien au contraire chaque sentiment est extrêmement bien décrit, on ressent à quel point elle est consciente de ses pensées tristes, mais elle est complètement dépassée et sans vraiment de soutien pour l’aider à remonter la pente. Alors que Roman, est davantage épaulé, mais sa volonté de mourir est plus forte que tout. Il fait le choix d’abandonner volontairement sa « vie d’avant » et s’isole.

En bref, en refermant ce livre, je suis en pleine phase de culpabilité d’avoir aimé un livre aussi dérangeant, mais l’espoir est tellement important que j’avais envie de croire que malgré leur volonté de mourir, ils se sont trouvés. Un épilogue n’aurait peut-être pas été de trop concernant certain point, mais je recommande. Je pense que pour vraiment comprendre, il faut le lire et se faire sa propre idée. Perturbant, magnifique, et terriblement émouvant. A la fois sombre et lumineux, l’espoir a une place importante dans ce roman et il ne faut jamais oublier de garder Espoir
Signature LuxnBooks