Swimming Pool | Sarah Crossan

Résumé :
Kasienka est polonaise
et elle vient d’arriver
en Angleterre avec sa mère.
Mais la vie ici n’a rien d’une vie rêvée.
Heureusement, il y a la piscine,
il y a l’eau. Et dans l’équipe de natation,
il y a William…

Je remercie Babelio et Rageot pour cette masse critique privilégié.
Date de sortie : 16 mai 2018

Il y a des romans qu’on n’attend pas et qui s’éloignent de nos goûts, mais qui nous font passer des émotions qu’on comprend et qui laisse des traces. La première fois que j’ai découvert Sarah Crossan, c’était lors de ma lecture de Inséparables. Je suis ressortie de cette lecture à la fois bouleverser et émerveiller par la beauté des mots. Je n’étais pas au courant qu’un nouveau roman de cette auteure allait être publié donc lorsque j’ai découvert qu’on me proposait de lire le dernier roman de Sarah Crossan, traduit par Clémentine Beauvais, j’étais curieuse de voir si les mots de cette auteure avaient toujours du pouvoir, mais j’ai surtout été frappée par la délicatesse.

Kasienka est à un âge où il est difficile de s’assumer, mais lorsqu’on est étrangère et qu’on départ dans un pays qui n’est pas le sien, il est parfois difficile d’être acceptée. D’origine polonaise, la jeune fille n’a jamais voulu quitter son pays natal, mais contrainte de suivre sa mère dans ses projets, elle se retrouve en Angleterre avec un anglais précaire et ses camarades pas vraiment décidée à l’intégrer. Afin de fuir ses problèmes Kasienka va trouver une échappatoire à la piscine du collège où elle se laisse porter par l’eau et où elle rencontre William, qui réveille en elle des émotions jusqu’alors jamais ressenties. Au fil des pages nous allons suivre une héroïne douce qui cherche juste à être elle-même et il est impossible de ne pas s’attacher à cette jeune fille touchante.

Au premier abord j’ai été surprise du jeune âge de notre héroïne et j’ai rapidement apprécié être dans la tête de cette jeune fille un peu perdue. Kasienka n’a rien de difficile et bien qu’elle aurait préféré poursuivre sa vie en Pologne, elle va tout faire pour être acceptée, à la fois par sa mère, que par ses camarades. Les émotions passent parfaitement et il n’est pas difficile de ressentir les questionnements d’une adolescente à un tournant de sa vie, qui va devoir se battre pour son bonheur. On aborde des thèmes fort liés à l’adolescence, notamment l’image des étrangers, le harcèlement, le premier amour et le rôle dans sa famille après que celle-ci est éclatée.

Le style du récit est encore une fois d’une grande originalité et pour le coup, je suis toujours autant surprise d’être émue en lisant un roman qui au final n’a pas de réelle interaction. Après concernant ce roman en particulier, bien que j’ai apprécié ce moment de tendresse, j’ai trouvé la fin un peu brusque et je pense qu’elle aurait mérité quelques pages supplémentaires. Ce sont des romans qui me sortent de ma zone de confort et qui me font découvrir la beauté de la poésie, il n’est pas difficile d’apprécier le récit et les pages défilent avec plaisir.

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Autoboyographie | Christina Lauren

Résumé :
Lorsque la famille de Tanner Scott quitte la Californie pour le plus traditionnel État de l’Utah, le jeune homme se rend à l’évidence : il va falloir rentrer dans le placard à nouveau. Après tout, il ne lui reste plus qu’un semestre à tirer avant la liberté (comprendre : fuir ce patelin dès que possible).
C’est alors que sa meilleure amie Autumn lui lance un défi : le prestigieux Séminaire de Provo High. Un programme où les étudiants ont quatre mois pour rédiger un roman. Challenge accepté ! Et Tanner ne regrette pas son choix. Il ne lui a fallu que quelques secondes pour repérer Sebastian Brother, le petit prodige – et accessoirement mormon – qui a remporté le Séminaire haut la main l’année passée.
Et quelques semaines pour tomber éperdument amoureux de lui…
Merci Hugo New Way pour ce sublime envoi.

Une histoire d’amour bouleversante qui m’a fait passer par un arc-en-ciel d’émotions. Ce roman c’est tout ce que je recherche dans la collection New Way, un sujet actuel qui sensibilise, des émotions décuplées qui secouent les lecteurs et bien évidemment des personnages envoûtants qui s’aiment d’un amour indescriptible. Je lis très peu de romance LGBT, notamment car bien souvent lorsque je lis une romance j’aime imaginer que la jeune fille qui tombe amoureuse c’est moi et que le jeune homme qui sourit c’est mon futur mari, seulement dans une romance homosexuelle, malgré tout le plaisir que je prends j’ai toujours du mal à me projeter dans la romance, non pas qu’il faille une cible, mais ma sensibilité n’est pas la même et c’est un ressenti personnel difficile à expliquer.

Ce roman j’en ai entendu énormément parlé lorsqu’il est sorti en V.O. et ma curiosité a rapidement été piquée, seulement comme je l’indiquait plus haut mes rares immersions étaient belles, mais pas inoubliables pourtant deux facteurs ont été déterminants concernant cette lecture. La première c’est le duo d’auteurs Christina Lauren, jusqu’ici mes découvertes en young adult n’avaient pas laissé de bons souvenirs, mais je souhaitais les découvrir dans un registre moins érotique alors quand l’une de mes collections fétiches a décidé de publier ce roman, mon hésitation n’a duré que quelques instants et j’avoue avoir profité d’un partenariat avec la maison d’édition pour découvrir un roman que je n’aurais pas forcément acheté dès le jour de sa sortie. Le résultat est un succès, dès les premiers chapitres je me suis laissé porter par cette sublime histoire qui m’a touché par bien des aspects.

Tanner Scott n’a jamais eu à cacher sa sexualité et sa famille a toujours accepté que leur fils s’exprime en accord avec lui-même, sans aucune honte. Pourtant lorsqu’il quitte la Californie pour l’État de l’Utah, la discrétion semble être une évidence et bien qu’il soit difficile pour lui d’avoir le sentiment de se cacher, après deux sans dans cette nouvelle maison, sa routine semble plutôt bien rodée. Après un défi lancé par Autumn sa meilleure amie, Tanner intègre le prestigieux Séminaire de Provo High, l’objectif étant de rédiger un roman en quatre mois. D’abord plutôt désinvolte, le jeune homme va devoir ajouter le facteur émotionnel, puisqu’au premier regard, il tombe immédiatement sous le charme de l’assistant de son professeur Sebastian Brother.

Ce roman se déroule dans l’État de l’Utah où les mormons font partie du décor et sont même parfois majoritaires. Comme toute communauté religieuse, la religion est maître de toutes leurs décisions et c’est parfois avec une certaine surprise que j’ai découvert certaines de leurs règles. Je ne sais pas si tout est véridique, où si certains aspects de leur croyance sont romancés, mais l’acceptation ne semble pas faire partie de leurs règles. Tanner a toujours eu connaissance des mormons, mais ses connaissances n’ont toujours été que flous. Seulement, malgré le soutien de ses parents, les mormons ne semblent pas attirer leur faveur et pour protéger leur fils, on va découvrir qu’ils sont prêts à durcir les règles et Tanner va devoir surmonter les obstacles qui vont se dresser devant lui.

La complexité de cette relation est lié à Sebastian, malgré l’acceptation de ses sentiments il est difficile d’aller contre des valeurs qu’on lui enseigne depuis toujours. C’est déchirant de le voir affronter cette situation sans réel soutien, car à l’inverse de Tanner, Sebastian ne pourra pas être soutenu par sa famille, étant le fils d’un évêque il a le devoir de respecter la volonté de Dieu et l’homosexualité ne fait pas partie des choses « acceptables ». Cette romance c’est bien plus qu’une simple attirance entre deux hommes, on est face à des barrières morales où nos personnages vont devoir découvrir qui ils sont réellement et cette recherche d’identité va passer à travers un premier amour à la fois sublime et dévastateur. Une romance bouleversante qui ne laissera personne indifférent.

Nos cœurs en désaccord | Krystal Sutherland

Je viens de terminer ma lecture et je ne vous cache pas que ce roman n’est pas du tout comme je l’imaginais. Je dirais que le point fort de cette histoire c’est son originalité, le résumé paraît banal et j’étais loin d’imaginer la direction qu’allait prendre le récit. Alors oui, il y a un fond de vérité dans la morale et justement c’est peut-être ça qui est le plus dérangeant. Le début du roman démarre de manière classique et le personnage principal est assez touchant dans sa manière de voir la vie, mais en tournant les pages j’ai commencé à me sentir un peu mal à l’aise de ma lecture et l’héroïne ne fait rien pour arranger ce sentiment, malgré qu’un lourd passé soit mis en cause, son comportement est déstabilisant.

Et pourtant le premier chapitre donne le ton, cette simple phrase résume très bien ce qui vous attend « Donc ceci n’est certainement pas l’histoire d’un coup de foudre. Mais c’est belle et bien une histoire d’amour. Enfin. Si on veut. » Henry est un jeune homme qui rêve de rencontrer un amour aussi inconditionnel que ses parents. Étudiant modèle il est loin de se préoccuper des amours d’adolescents de ses camarades pourtant l’arrivée d’une nouvelle élève Grace, va tout changer. Au premier abord la jeune femme n’a rien d’engageant : propreté douteuse, des vêtements de garçon trois fois trop grands et une canne pour l’aider à garder l’équilibre quand sa jambe flanche et un caractère effacé et sombre.

On pourrait croire qu’il s’agit d’une banale première histoire d’amour, mais le thème est beaucoup plus profond. Dans un récit rempli d’humour et heureusement que les deux meilleurs amis étaient là, j’ai adoré leur complicité, notamment Lola, qui va tenter d’aider Henry à comprendre cette jeune femme brisée qui semble inaccessible. J’ai beaucoup aimé le personnage de Henry, il est parfois maladroit mais il est sincèrement touchant dans sa démarche et sa difficulté à exprimer ses sentiments ne l’empêche pas de se dépasser. Je ne suis pas une grande fan de Grace, il y a une part de curiosité, mais plus les semaines passent et moins j’ai apprécié son attitude, elle est en détresse et comme Henry on veut l’aider à s’en sortir, mais je suis loin d’accepter les choix qu’elle fait et sa manière de gérer la situation m’a mise mal à l’aise, l’auteur n’hésite pas à mettre quelques touches d’humour, indispensable pour alléger le cœur.

Peut-être que ma perception aurait été différente si elle avait été narratrice de cette histoire, mais les dégâts sont bien réels et même s’il y a une grande part de vérité dans la morale de cette histoire Grace m’a déçue à souffler le chaud et le froid, alors même qu’ils n’étaient qu’amis. Néanmoins l’écriture de l’auteur est entraînante et m’a permis de ressentir de vraies émotions, J’aimerais beaucoup la découvrir la plume Krystal Sutherland dans un autre roman pour voir si elle aborde son récit avec autant de justesse.

Come back to me | Mila Gray (#1)

BonAyant eu un gros coup de cœur pour cette couverture, j’ai fini par succomber totalement au résumé. Et quelle lecture, le premier chapitre m’a plongée dans un stress totalement incontrôlé, Mila Gray a fait le choix de démarrer par l’annonce d’un drame tout en taisant les points importants de l’histoire, au fil des pages je me suis attaché au héros qui est adorable et j’ai senti grandir la boule au ventre, face à la révélation d’un drame qui allait forcément m’affecter lorsque tout serait révélés.

Le début de l’histoire démarre sur une romance assez classique, Kit est le meilleur ami de Riley depuis qu’ils sont adolescents et depuis aussi longtemps qu’elle se souvient Jessa est complètement sous le charme, mais n’envisage pas une seconde avoir une chance de séduire le jeune homme. Son métier de marine, le tenant éloigné de la maison elle n’a jamais vraiment cru possible une idylle. De retour de la région pour quelques semaines, le jeune homme va prendre conscience que la jeune fille qui n’a pas quitté ses pensées depuis neuf mois au Soudan, est devenue une jeune femme éblouissante, mais son frère étant d’une nature protectrice, il va hésiter à lui avouer ses sentiments. L’alternance des points de vu permet d’avoir une vu d’ensemble sur la pureté des sentiments des deux protagonistes.

Face au charme de Kit, Jessa ne va pas mettre longtemps à se laisser embarquer dans une histoire avec le jeune homme. Bien que la romance démarre un peu rapidement, c’est tout une intrigue qui va se décider autour du couple, notamment le fait qu’ils doivent préserver secrète leur relation naissance et à côté de ça, nous allons découvrir de vieilles querelles de famille qui lit le père de Kit et le père de Jessa. Parallèlement le stress post-traumatique lié à la guerre va prendre une place importante dans la vie de Jessa, puisque son père souffre d’un gros trouble qui impact sa relation avec sa famille.

La romance éclate un poil trop rapidement, ils vont y aller doucement pour se donner une vraie chance et le départ de Kit va commencer à peser sur leur relation. Pour tout vous dire, la romance occupe un peu trop de page et certains passages sont un peu longs, je m’attendais à voir d’autre sujet évoqué. Notamment le fait que Riley et Kit adorent appartenir aux Marines, alors j’aurais aimé une meilleure vision d’ensemble et mesurer l’ampleur de leur sacrifice. L’équilibre entre le temps de permission et le retour au combat de Kit n’est pas équitable, l’histoire est vraiment mignonne et il est clairement impossible de lui dire non, pourtant au vu de la bombe évoquée au début du roman, j’aurais pensé que la gravité de la situation apparaîtrait plus tôt et c’est difficile de vous expliquer sans trop en dire.

Sans compter que j’imagine plutôt bien Kit, mais Jessa donne parfois l’impression de manquer de personnalité, elle se laisse un peu trop contrôler par sa famille, sans prendre de risque et j’aurais aimé la voir prendre sa vie en main, sans qu’elle soit poussée par Kit. Au-delà de ça, on passe un bon moment et la romance associée à la plume de Mila Gray ont tout pour plaire, même si on ne s’attend pas à quelque chose de profond. J’ai moi-même lu ce roman en quelques heures. Il ne fait aucun doute que l’histoire sans prise de tête trouvera son public, mais l’auteure aurait mérité d’approfondir certain sujet et je n’aurais pas été contre de réduire une partie de la permission pour se consacrer sur l’impact du drame qui va se produire et également pour éviter un dénouement sans froid.

Lucie

Disaster | Rachel Van Dyken (Reborn #1)

DisasterAprès une petite déception lorsque j’ai découvert l’auteure pour la première fois, j’avais envie de retenter l’aventure avec cette nouvelle série et notamment avec ce roman dont j’entendais beaucoup de bien. Cette romance New Adult est beaucoup plus mignonne que ce à quoi je m’attendais et c’est avec un grand plaisir que j’ai dévoré ce roman en quelques heures seulement.

Après un drame qui a coûté la vie aux parents de Kiersten quelques années plus tôt, la jeune femme est anéantie. Avec l’aide de son oncle JoBob elle va décidé de s’éloigner de sa petite ville natale, afin d’étudier à l’université de Washington. Afin de lutter contre ses démons elle va tenter de prendre sa vie en main, mais ses peurs et cauchemars vont rendre son autonomie précaire. Elle va pouvoir compter sur son adorable colocataire Lisa, qui va tout faire pour soutenir la jeune femme dans les moments de doute. Avec l’aide se son cousin, Gabe ils vont tenter de faire sortir Kiersten de sa coquille. Mais cette première année va être marquée par sa rencontre avec l’irrésistible Weston, le sportif est loin de passer inaperçu sur le campus et tout le monde s’accorde à dire qu’il sait très bien s’entourer.

Cette collision entre Wes et Kiersten va les faire sortir de leur zone de confort, alors que le premier est réputé pour savoir s’entourer, la seconde ne cherche qu’à être oublié. Armé de son plus beau sourire, il a tout de suite décelé quelque chose chez la jeune femme, une infime partie d’elle, qu’il va se faire un plaisir de torturer, en tout bien tout honneur. Difficile de ne pas apprécier ce héros taquin, avec un corps à tomber et une gentillesse indéniable. Avec son humour et son charme dévastateur, il va tenter d’insuffler un peu de sa joie de vivre à Kiersten, qui a désespérément besoin d’être jeté dans le vide pour enfin prendre son envol. Tout le monde va être subjugué et tenter de protéger la jeune femme, à commencer par Gabe qui va s’avérer être un ami fidèle et sur qui elle pourra compter. J’ai beaucoup aimé la manière dont leur amitié est amenée et le mystère qui entoure son personnage m’intrigue.

Si on retire la romance, qui a comblé mes espérances et m’a apporté tout ce que j’aime lire. On va pouvoir s’intéresser à quelques points qui m’ont dérangée, notamment un aspect de l’histoire de Kiersten qui était exploité au début du roman et qui d’ailleurs était très intéressant, pour au final être abandonnée assez rapidement pour mon plus grand désespoir. L’histoire se concentre principalement sur les secrets de Wes et malheureusement j’ai l’impression d’être restée sur ma faim sur beaucoup de points. A commencer par l’univers, les universités américaines dans les romances font partie de mes préférés, seulement ici mise à part servir de décor l’auteure fait le choix de ne pas utiliser cette ressource pour agrémenter le quotidien des héros. On n’est à la fois dans un récit assez profond et émouvant grâce au sujet évoqué et en même temps, une superficialité sur d’autres points ce qui a provoqué chez moi un manque de réalisme et du coup, une mini déception.

En bref, une romance simple et admirablement menée nos héros sont touchants et la naissance de la relation entre les personnages devraient vous plaire. Prévoyez de vous mûrir de mouchoir, mon cœur a eu quelques ratées au cours de ma lecture et même si certains points de l’histoire auraient mérité d’être mieux exploité, la complicité entre Wes et Kiersten est d’une douceur infinie.

Lucie Signature