L’Enjeu | Angela Behelle

Je remercie les éditions Pygmalion et Babelio pour ce partenariat.

Depuis que j’ai terminé ma lecture, je tente de réfléchir à la manière dont je vais vous présenter ma chronique. Le résumé en dit à la fois beaucoup et pas assez, mais c’est assez représentatif de l’histoire. Je crois pouvoir dire que seule Angela Behelle est capable de me mettre dans un état pareil, à chaque fois c’est la même chose. Prenez une histoire classique et ajoutez-y une bonne dose de complication qui vont à la fois vous ravir et vous frustrer. C’est assez inexplicable comme ressenti, j’ai éprouvé tout au long de ma lecture des émotions tellement contradictoires qu’à certains moments je ne saurais dire si j’aimais ou j’enrageais. Toujours est-il que la fluidité de la plume et l’addictivité du récit auront eu raison de moi, malgré une certaine réticence à accepter l’intrigue.

Emma Loudhéac, 28 ans est une avocate passionnée, à tel point qu’elle n’a pas fréquenté d’homme depuis presque trois ans. Alors qu’elle s’accorde une soirée au vernissage de sa meilleure amie, elle va faire la connaissance d’un homme troublant qui va lui faire ressentir des émotions qu’elle n’avait pas éprouvées depuis plusieurs années. D’abord réticente, elle va finir par se laisser convaincre par une nuit charnelle et à cet instant tout ce qu’elle croyait connaître va voler en éclats et ses priorités vont s’en trouver changées .

L’histoire démarre assez rapidement et j’ai d’ailleurs été déstabilisé par la façon dont s’enchainent les évènements. Pendant ma lecture, j’avais beaucoup de questions en tête, notamment où cherchait à nous amener l’auteure dans son récit et puis progressivement, la lumière se fait et on comprend les raisons pour lesquels tout semble se dérouler en accéléré. Je ne vous cache pas que ma frustration grandissait au même rythme que les décisions de notre héroïne. De cette relation va naître un tas d’émotions contradictoires, à la fois pour l’héroïne qui va devoir se poser les bonnes questions et également pour le lecteur, qui aurait peut-être fait les choses différemment, sans pour autant changer l’essence de l’histoire. J’ai crié (beaucoup), j’ai été énormément frustrée face à des choix parfois inexplicables et puis j’ai reconnu le talent, car il y a peu d’auteurs qui arrivent à vous faire vivre une lecture, comme j’ai vécue celle-ci. Notamment en me faisant accepter l’inacceptable.

Concernant le personnage masculin, il est préférable de s’en tenir à son nom : M. Stirvin. Ça ne serait pas rendre justice à l’histoire que de rentrer dans un descriptif. Cet homme ne ressemble à aucun autre, il sait ce qu’il veut et l’obtenir. Il a cette capacité à insuffler le respect et sa domination en fait un personnage très intense. Sans compter les scènes de sexe qui sont toutes plus érotiques les unes que les autres, l’alchimie sexuelle ne fait aucun doute et elle occupe d’ailleurs une place très importante, voire centrale dans la relation qui unit nos héros.

J’ai beaucoup hésité à commencer ce roman, notamment car je n’ai jamais terminé la Société et je savais que ce spin-off pourrait ne pas être apprécié à sa juste valeur. Et puis, vous savez comment ça se passe, l’envie grandie et après il est trop tard pour faire marche arrière. Très sincèrement, très peu de passage font référence à la série donc si vous êtes dans mon cas, sachez qu’à aucun moment je ne me suis sentie perdu. Après, il est fortement conseillé de l’avoir lu pour comprendre les subtilités et pouvoir apprécier totalement l’histoire. A mon sens, malgré le besoin de poursuivre ma lecture et cette volonté d’en savoir plus, certaines zones d’ombre demeurent concernant les raisons qui poussent l’héroïne à prendre certaines décisions et pour le coup c’est inattendu.

En bref, je ne peux que vous recommander de vous accrocher à votre frustration et de vous laisser porter par cette histoire surprenante. On était loin de ce à quoi je m’attendais et je suis heureuse d’avoir poursuivi l’histoire malgré mes réticences. Ce besoin de compréhension a guidé ma lecture et à l’image de ses précédents romans Angela Behelle réussit encore une fois à m’emmener ailleurs, où on accepte ce qui dans la réalité serait perçu comme dérangeant. Aucune comparaison possible avec les romances que j’ai pu lire et encore une fois je m’incline face à la manière dont cette auteure réussit à captiver son lecteur, sans pour autant le faire accepter ce qu’il lit. Mon seul regret concerne la romance, j’aurais aimé ressentir une vraie différence entre le côté charnel et l’Amour, car différencier le cœur et la raison n’est pas aisé et c’est ce qui m’a manqué.

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L’Opportuniste | Tarryn Fisher (Love Me with Lies, #1)

Il y a certains romans qui vous laissent une forte impression et des émotions décuplées, je termine celui-ci avec le sentiment d’avoir lu un roman inédit qui m’a surprise et j’ai été embarquée dès les premiers chapitres dans une histoire originale et déstabilisante, ce qui rend le récit encore plus addictif.

Olivia Kaspen est une héroïne unique en son genre, d’une froideur à toutes épreuves, elle n’hésite pas à manipuler ou mentir pour arriver au bout de ses objectifs. Ses certitudes ont volé en éclats lorsque Caleb Drake est entré dans sa vie et son cœur a fini en miettes lorsqu’il a quitté sa vie. Après trois ans a tenté de survivre, elle tombe par hasard sur lui, persuadé qu’il ne veut rien avoir à faire avec elle, elle tente de l’éviter sans succès. Réalisant que le jeune homme est amnésique elle se rend compte qu’une seconde chance s’offre à elle, même si c’est immoral, plus rien ne compte que de passer du temps avec Caleb.

Je pense que si vous êtes arrivé jusque-là c’est que vous réaliser qu’Olivia s’éloigne des héroïnes typiques et pourtant tous ses défauts je peux vous assurer qu’elle est une héroïne fragile et touchante comme on les aime. Elle a conscience de la barrière entre le bien et le mal, mais Caleb va se trouver sur son chemin et face à l’Amour de sa vie elle ne peut pas laisser passer cette chance de tout réparer. Intérieur elle va mener un combat qu’elle n’arrivera pas à gagner, entre la raison qui voudrait qu’elle se tienne éloigner de cet homme et l’Amour qui voudrait pouvoir retrouver ce qu’ils ont perdu il y a trois ans.

Caleb est un personnage qu’on a du mal à cerner, il faut dire que lui-même ne sait pas qui il est, mais il va se rapprocher d’Olivia malgré que une fiancée de sa vie d’avant. Tout ce qu’il pensait appartenir à sa vie ne le satisfait plus aujourd’hui et il a besoin de côtoyer Olivia, l’alchimie est évidente, mais la jeune femme rester à distance inatteignable, protégé par un mur. Il va nous montrer la meilleure part de lui-même et immédiatement on comprend les raisons qui ont poussé Olivia à manipuler pour en arriver là. Les premiers secrets vont nous être révélés et d’autres vont venir s’ajouter à l’intrigue.

Les nombreuses immersions dans le passé vont être primordiales pour comprendre le vécu de nos héros et le chemin parcouru. J’ai appris à comprendre Olivia et l’apprécier malgré ses mauvaises décisions. L’Amour est puissant et dans leur cas tout est tellement intense qu’à un moment quelque chose à cédé et l’émotion est palpable. En découvrant la scène qui a tout fait basculer j’avais le cœur serré, tellement impuissante de voir que tout s’est écroulé, alors le présent donne espoir. J’aurais pu facilement avoir un coup de cœur pour cette histoire, tant l’originalité et imprévisibilité m’ont plu, mais je le frôle de peu.

Épilogue | CJ Roberts (The Dark Duet #3)

img_20161207_101935epilogueTrès-bonCe roman est le 3ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

J’ai beaucoup aimé me replonger dans cette série hors du commun, petite nouveauté dans cet épilogue c’est Caleb qui mène la danse et j’ai trouvé que c’était une manière assez intéressante de se renouveler. Sans compter que ce tome est loin d’être indispensable, alors j’étais curieuse de découvrir la direction qu’allait prendre ce dernier opus. L’échange de point de vue est assez appréciable, dans le sens où cela apporte une touche de nouveauté et nous montre les choses sous un angle différent.

Cette série fait partie des plus difficiles à assumer, au cours de ma lecture des tomes précédents j’avais ce sentiment honteux d’être captivée par une histoire aussi terrible et pourtant il me fallait cet épilogue. J’avais besoin de mettre un point final à cette histoire dérangeante et pourtant tellement prenante. Ce tome se déroule 1 an après les évènements qui ont contraint Caleb et Livvie à se séparer au Mexique, alors que l’épilogue de Seduced in the Dark présentait les retrouvailles du couple d’une manière idyllique, la réalité est un peu différente et plus complexe que le laissait paraître le récit de Livvie.

Il est indéniable que Caleb et Livvie sont ravi de se retrouver et le baiser qu’il échange sur le Paseo de Colón prouve les sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre. Pourtant, le temps a passé et le contexte est différent. Caleb a réalisé l’amour sincère qu’il portait pour sa captive et malgré le côté égoïste de sa démarche, on comprend qu’il ne puisse pas vivre sans Livvie. Je dois dire que j’ai été assez surprise de l’évolution spectaculaire de ce personnage, son côté vengeur est mis de côté et malgré les tourments liés à l’absence de Livvie dans sa vie, il paraît relativement calme. Bien conscient de ne pas être un homme pour la jeune femme, il va néanmoins s’avérer incapable de rester éloigné.

Du côté de Livvie c’est une tout autre jeune femme, en un an elle a du se reconstruire une vie et sa vie est désormais paisible entre ses études, son travail et ses amis. Bien qu’elle fasse bonne figure et que sa nouvelle vie la rend heureuse, l’absence de Caleb dans sa vie est toujours aussi douloureuse, alors elle va être partagée entre deux sentiments contradictoires, la joie de revoir celui qu’elle aime et la colère liée à sa disparition. Durant ces quelques chapitres, ils vont réapprendre à se faire confiance et apprivoiser les personnes qu’ils sont devenus, le tout dans un décor complètement différent puisque au lieu d’interagir dans l’obscurité, en huit clos, ils vont être au cœur de la société.

En bref, un épilogue très bien mené qui apporte de nouvelles réponses, le tout avec un côté moins sombre puisque nos héros assume complètement leur sexualité déviante et leur pratique du BDSM. On découvre l’évolution des personnages depuis le commencement de la série et l’impact qu’à eux la captivité de Livvie, sur nos deux héros et ainsi que leur futur. Une belle conclusion qui malgré un commencement hors du commun, arrive à rendre crédible cette histoire d’amour.

Retrouvez mon avis sur Captive in the Dark #1 ICI
Retrouvez mon avis sur Seduced in the Dark #2 ICI
Lucie

Le Caméléon | Angela Behelle

le-cameleonTrès-bonJ’ai longtemps hésité avant d’acheter ce roman, notamment car le résumé en dit à la fois beaucoup et pas assez. Difficile d’imaginer dans quelle direction va partir l’histoire avec un résumé aussi énigmatique. Et puis en flânant en librairie, je me suis permis un petit achat impulsif qui aura fait mon bonheur pendant de longues heures de lecture. Ce roman fera le bonheur de toutes les romantiques, les scènes sont toutes plus mignonnes les unes que les autres et Mathias est un très bon choix.

Angela Behelle m’avait habituée à des romans beaucoup plus érotiques et cette petite romance est rafraîchissante. Au vu du pavé, j’étais assez intriguée par la direction qu’allait prendre l’histoire et puis il aura suffi d’un train, une fille un peu maladroite, un homme déterminé et un appartement parisien pour que toute la magie opère. Ce roman c’est le récit d’un coup de foudre, Mathias ne s’est jamais posé beaucoup de questions sur sa vie, sa petite amie lui apporte un certain confort et leur relation est pratique et sa situation financière est plutôt bonne et il s’éclate dans son job. Pourtant lorsqu’il va rencontrer Alexandra, il va réaliser qu’il veut lui plaire et une simple clé USB va lui apporter les réponses nécessaires pour correspondre au parfait petit prince, susceptible de plaire à la belle journaliste.

Je dois dire que bien que l’histoire m’ait séduite, j’ai un peu tiqué sur la manière dont Mathias cache certains éléments importants. Alors oui, ses raisons sont compréhensibles, mais du coup on a l’impression que ça va lui éclater au visage et personnellement les mensonges ont le don de m’agacer. Mais en même temps, il a cette capacité à fait complètement oublier ses cachoteries dès qu’il ouvre la bouche. Je suis complètement gaga de la relation qui se dessine, les scènes où nos héros sont cloîtrés ensemble m’ont donné des étoiles plein les yeux et cette malice qui caractérise Mathias m’ont totalement fait succomber. J’ai d’ailleurs trouvé qu’il est plutôt doué pour se tirer des mauvaises situations et il est difficile de lui en vouloir bien longtemps quand il réagit comme il le fait.

Du côté d’Alex, beaucoup de mystères entourent son personnage, on sent sa fragilité et en même temps son indépendance est indéniable. On voit bien qu’elle n’a pas besoin d’un homme pour avancer et en même temps, Mathias sait parfaitement user de ses atouts pour lui donner le sentiment d’être dans un cocon. Malgré les efforts du jeune homme, Alex va rester sur ses gardes pendant une bonne partie du roman et un petit flirt va s’installer. Je dois dire que les échanges de nos héros, font partie de mon moment préféré de l’histoire, ils sont tellement touchants, complices et adorables que j’ai senti la jalousie naître d’une telle histoire, qui a tout pour faire battre mon cœur. J’ai trouvé quelques longueurs vers la fin du roman, ce qui a fait un peu baisser ma notation. Notamment car j’aurais préféré voir raccourcir la dernière partie qui traine trop, pour privilégier un épilogue plus long et faire durer le plaisir.

En bref, vous l’aurez compris tous les éléments sont réunis pour que la magie opère. Une auteure avec une plume légère, fluide et addictive. Des amies sincères et fidèles, qui seront là dans les bons comme les mauvais moments et évidemment un couple de héros qui sont la force d’une romance amusante et touchante. Je ne peux que vous recommander cette magnifique histoire d’amour moderne.

Lucie

Seduced in the dark | CJ Roberts (The Dark Duet #2)

Ce livre contient des situations particulièrement dérangeantes, un consentement ambigu,
un langage cru et de la violence graphique.

Je suis face à une page blanche depuis quelques minutes, cette chronique est l’une des plus difficiles que j’ai eu a rédiger. Non pas, parce que je n’ai pas apprécié ce roman, mais tout simplement parce que j’ai vraiment été subjugué par la lecture de cette histoire. Une part de moi, a honte d’avoir osé aimer une telle histoire. C’est un sentiment assez inconfortable, car c’est un sujet terrible qui est abordé et j’ai l’impression de faire l’apologie des kidnappings et de la culture du viol. Ce qui en soi est vraiment terrible et je me sens coupable d’avoir ressentie ces émotions contradictoires… Ce que j’ai apprécié avec cette suite c’est que CJ Roberts s’est complètement démarqué du tome précédent, que ce soit le décor, les personnages  ou tout simplement les rapports entre Caleb et Livvie.

Les premières pages vont être marquées par un revirement de situation, alors que nous quittions Caleb et Livvie en pleine incertitude sur leur avenir. C’est une jeune femme anéantie dans un hôpital psychiatrique que  nous retrouvons, allant jusqu’à affirmer que le jeune homme est mort pour sauver sa vie. Nous allons au travers d’interrogatoire revivre tous les évènements qui ont conduit la jeune femme à traverser la frontière, tantôt avec compassion par le docteur  Sloan, une psychologue-expert judiciaire auprès du FBI, puis avec un peu plus de rudesse avec l’agent Reed. Chacun à leur manière vont apporter du soutien à Livvie lorsqu’elle va leur raconter le commencement de cette histoire.

Ces flash-back vont nous ramener auprès de Caleb, toujours déterminé à se venger il n’a pas abandonné son idée de livrer Livvie. Alors qu’il peine à comprendre les sentiments qui le lient à la jeune femme, il va être à la fois un Maître exigeant et un homme qui faiblit face aux souffrances de sa captive. Nous allons assister à des évènements tous plus horribles les uns que les autres et par moments j’étais écœuré par ce que je lisais. Pendant une bonne partie du roman j’ai senti doucement grimper mes attentes : des gestes de tendresse, des paroles réconfortantes, un signe qui m’indiquerait que Caleb n’est pas le monstre qu’il laisse s’exprimer lorsque Livvie se rebelle face à sa domination.

CJ Roberts a réussi à gérer le stress du lecteur, en alternant entre le présent et les flash-back j’ai été complètement accrochée aux moindres évènements et impossible de s’ennuyer avec tous les rebondissements. Il faut dire qu’elle a tellement joué avec mes nerfs que j’ai eus du mal à gérer mon stress, ce besoin d’avoir des réponses à commencer à me ronger et jusqu’au dernier chapitre j’ai douté d’avoir les réponses à mes questions. Je me suis longtemps interrogé sur la manière dont une telle histoire pouvait se terminer et l’auteure a trouvé le juste équilibre à cette histoire. Je ne prétends pas que le sujet mérite qu’on l’étale, mais on ne peut pas enlever le talent d’écrire à l’auteure, ce roman est unique et complètement dingue. Je pense qu’en tant que lecture, on attend simplement de trouver une fiction qui pourra se démarquer. Une lecture dérangeante qui m’a gardée prisonnière de l’histoire.

Retrouvez mon avis sur Captive in the Dark #1 ICI
Lucie