Juste quelqu’un de bien | Angéla Morelli

Fidèle des romans de l’auteure il était impensable de passer à côté de ce nouveau roman, surtout après le teaser au Roman Féminin qui promettait une histoire émouvante. Un peu étonnée par la narration à la troisième personne, j’ai fini par me laisser totalement embarquer dans une histoire qui arrive à maintenir un juste milieu entre humour et émotions. Encore une fois Angela Morelli crée un univers envoûtant.

Habituée à être la reine des romans feel good, ce roman ne fait pas exception avec Juste quelqu’un de bien, mais se démarque un peu en proposant une histoire plus profonde qu’il n’y paraît. Depuis toujours Bérénice se cherche, elle a toujours été la bonne élève qui suit le chemin qui est tout tracé haut la main et qui grandit avec de belles promesses d’avenir, pourtant chaque période de sa vie il lui manque quelque chose pour être heureuse. Aujourd’hui la jeune femme est âgée de trente-quatre ans, ne connaît pas l’amour, accumule les amants quelconque et pour couronner le tout, elle n’arrive plus à écrire, alors que son métier d’écrivain est toute sa vie.

Arrivée à un tournant de sa vie la jeune romancière va devoir se poser les bonnes questions et affronter ses démons qu’elle a repoussé bien trop longtemps. J’ai beaucoup aimé la fraîcheur de cette héroïne et la relation qu’elle entretien avec sa grand-mère est sa mère est absolument attendrissante, cette complémentarité entre les femmes de la famille est belle, sans oublier la folie de la douce Juliette. On a un casting touchant qui fait la force de cette histoire et contribue à rendre l’histoire douce et lumineuse. Certes nous abordons certains thèmes parfois douloureux, mais on n’est jamais dans le drame trop exagéré et l’espoir est le moteur du récit.

Dans tout ce désordre va émerger un personnage qui provient du passé de Bérénice, le premier amour d’une femme occupe toujours une place particulière et retrouver Aurélien après tout ce temps va faire resurgir certains sentiments amoureux qui étaient jusqu’ici oubliés dans le passé de l’adolescente qu’elle était à l’époque. J’ai beaucoup apprécié les chapitres qui lui sont consacrés, car cela nous a permis de franchir la porte de son cœur et d’apprendre le connaître un peu mieux. Après je ne vous cache pas que j’aurais aimé les voir plus souvent échanger, car on devient vite accro à leurs rencontres bien qu’un peu frustrée qu’ils gardent leur distance.

Ce qu’il faut retenir c’est la place donnée à l’Amour, l’héroïne aspire simplement à rencontrer un homme qui restera dans sa vie et avec qui elle se sent épanouie, mais pour prétendre au bonheur elle devra affronter la réalité de son histoire. C’est une manière assez subtile de parler d’amour, mais c’est également très vrai on est tous à la recherche du bonheur et c’est avec beaucoup de douceur qu’on suit les personnages. A mon sens ce qui fait la force de ce roman c’est l’aspect familial et l’amour inconditionnel que partage trois générations de femmes. Ce trio est rafraîchissant, leur relation est tout simplement indescriptible et bien évidemment on retrouve l’humour caractéristique d’Angela Morelli. Une belle leçon de vie qui donne envie de croire en l’avenir.

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Miss You | Kate Eberlen

Date de sortie : 1er juin 2017
Je remercie NiL Éditions

J’aimerais remercier Nil Éditions pour l’envoi de ce roman dont je n’avais certes jamais entendu parler, mais qui a immédiatement attiré mon intérêt lorsque j’ai découvert sa couverture. Je n’ai pas eu un coup de cœur aussi flagrant pour le résumé, notamment car ce roman me rappelait une autre lecture qui m’avait terriblement frustrée et j’avais peur de revivre la même histoire. Lorsque j’ai débuté ma lecture, j’ai senti que malgré le chassé-croisé amoureux, je m’embarquais dans une histoire avec des hauts et des bas.

A la fin de l’été 1997, Tess est une jeune fille de dix-huit ans insouciante, qui savoure la fin de ses vacances à Florence en compagnie de sa meilleure amie Doll. Malgré un intérêt différent pour ce voyage, les deux amies flânent dans un cadre idyllique et n’hésitent pas à profiter de leurs derniers instants avant que Tess n’entre à l’université. A son retour en Angleterre, sa vie va prendre un tournant inattendu et tous les projets qu’elle avait en tête vont partir en fumer. Elle va réaliser que cette phrase qu’elle a lu tant de fois sans en connaître la vraie signification va prendre tout son sens. C’est le premier jour du reste de sa vie. J’ai du mal à imaginer comment la vie d’une adolescente peut changer du jour au lendemain, Tess va renoncer à ses rêves et mettre en avant le bonheur de Hope. J’aime à penser que tous ces sacrifices et ce prénom rempli d’espoir l’ont conduit seize ans plus tard à son happy-end bien mérité.

Angus « Gus » est également en vacances à Florence avec ses parents, son destin est tout tracée et ses études de médecine sont la finalité de ses projets. Ce voyage est le dernier espoir de normalité pour cette famille qui a subi une tragédie et qui peine à donner le change. En cette fin d’été 1997, Gus va croiser la route de Tess à trois reprises et ne jamais oser lui adresser la parole. Je dois dire que malgré sa difficulté à avoir des interactions sociales, j’ai beaucoup aimé sa manière de réagir et au fil des années on voit les progrès dans sa manière de réagir. Il va poursuivre le rêve de son père et évoluer dans sa vie personnelle.

Je ne suis pas une grande fan des romans qui s’étalent sur une période aussi longue, notamment parce que j’ai tendance à être impatiente et j’aime bien que l’action arrive vite. Ce qui est d’autant plus frustrant ici, c’est que nos personnages vont vivre leur vie chacun de leur côté et on sait parfaitement qu’ils sont fait l’un pour l’autre, alors que de leur côté ils continuent de grandir malgré les tragédies, vivent des moments de bonheur, traversent des turbulences qui vont parfois être très touchantes, mais je gardais toujours en tête le moindre détail pour déterminer le moment où ils allaient enfin se retrouver. J’ai trouvé qu’ils avaient un caractère assez similaire, Tess n’a beau ne jamais être seule, elle est aussi rêveuse que peut l’être Gus.

On retrouve leur différence à travers l’alternance des chapitres, ils ont tous les deux tendances à analyser et se retrancher sur eux-même. Il y a beaucoup de pensées et parfois ça alourdit le récit, j’apparentais davantage ce roman à une quête de vie plutôt qu’une romance. Certes la fin est assez prévisible, mais le chemin pour enfin se retrouver est long et compliqué. J’ai été plus touché par certains passages que d’autres, mais j’ai eu du mal à le terminer à cause des longueurs. Parfois j’avais l’impression qu’on n’avançait pas. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé le moment où ils réalisent enfin qu’ils se sont trouvés. On se rend compte que le hasard à un rôle important et on a l’impression que le destin s’en amuse. C’est très frustrant de n’être qu’un simple spectateur et de les voir vivre leur vie à distance, mais j’aime l’idée qu’on a tous une âme-sœur qui attend de croiser notre route.