Une braise sous la cendre | Sabaa Tahir (Une braise sous la cendre #1)

Lorsque Une braise sous la cendre est sortie, je ne me suis pas arrêtée plus que ça sur son histoire, étant dans une période où le contemporain l’emporte sur mon envie de dystopie je n’y avait pas vraiment prêté attention. Voyant l’intérêt grandissant pour cette série sur la blogo et l’amour inconditionnel de plusieurs blogueuses, j’avais l’impression de passer à côté d’une histoire incroyable, alors le désir a été plus fort que tout et je me suis lancée. Après lecture je réalise que du côté humain j’avais peut-être trop d’attentes en ce qui concerne la relation, mais ma première impression est plutôt admirative par rapport à l’univers complexe et l’action très bien menée jusqu’à la dernière ligne.

J’avais un peu perdu l’habitude des dystopies, alors assimiler les codes de vie a été un peu difficile, mais une fois plongée au cœur de l’intrigue je me suis laissé guider par des héros charismatiques. A commencer par Laia, au cours des premiers chapitres ont du mal à la voir autrement que comme une petite jeune femme fragile et lorsqu’elle va être confrontée au pire, elle va réagir au mieux alors qu’elle n’était pas du tout préparée. Je suis également très admirative devant l’amour inconditionnel qu’elle porte à son frère, dans chacune de ses décisions transparaissent ses valeurs et sa loyauté envers sa famille.

Elias n’a pas eu la chance de naître dans une famille aimante et son éducation à Blackcliff, aurait pu détruire l’humanité qu’il a au fond de lui. J’ai du mal à imaginer ce qu’il a traversé pourtant, il a réussi à conserver un semblant de valeur et même s’il a du mal à se regarder en face, il n’a rien à voir avec ses camarades qui semblent n’avoir aucune âme. J’ai beaucoup aimé sa manière de regarder le monde et d’ouvrir les yeux face à l’injustice, sans compter ses réactions très touchantes. Ils ne sont pas du même monde, pourtant ils sont tous les deux habiter par une volonté de liberté, alors qu’ils auraient dû garder leur distance, lorsqu’ils sont en contact avec l’autre, quelque chose d’indescriptible se passe.

Malgré le pavé, la fluidité du récit a contribué à me faire lire ce roman en quelques heures. La manière dont Sabaa Tahir a réussi à construire un univers crédible et complexe, donne réflexion à son lecteur. Dans un monde partagé entre les Érudits qui ont perdu tous les droits d’accès à la culture et les Martiaux qui ont pris le contrôle de l’Empire, on se retrouve au cœur de l’action. Fait non négligeable, le récit est en double narration ce qui est vraiment primordial pour comprendre ce qui se passe dans chacun des camps et tenir son lecteur en haleine, créant le besoin de poursuivre la lecture pour vivre pleinement l’expérience.

Mon côté d’incorrigible romantique est un peu frustré, notamment car il n’y a pas assez de moment privilégié avec nos héros. J’aurais aimé les voir davantage en contact, même si c’est incompatible avec leur condition. Les scènes d’action et de stratégie occupent une part importante du récit. Pourtant ce qui m’a réellement agacé, est difficile à expliquer sans trop en dévoiler. Nos héros entretiennent des rapports assez compliqués à expliquer avec des membres de leur entourage et j’en ai fini par ne pas apprécier des personnages prometteurs, car j’avais l’impression qu’il me volait mon début d’histoire.

En bref, vous l’aurez compris c’est plus fort que moi, dès qu’on insère un semblant de triangle amoureux, ça me fait grincer des dents, mais j’attends d’en savoir plus pour me faire une idée de la direction que va prendre l’histoire. Je pense d’ailleurs m’acheter dans la foulée le second opus, car c’est un univers qui me plaît beaucoup et j’ai hâte de retrouver nos héros, ainsi que voir leur évolution qui semble pour le moment très prometteuse à la fin de ce premier tome et bien évidemment le décor toujours aussi captivant.