Dévisagée | Erin Stewart

Résumé :
Tout le monde a des cicatrices, certaines sont juste plus visibles que d’autres.

Ava a tout perdu dans l’incendie qui a ravagé sa maison. Ses parents. Sa meilleure amie. Même son visage. Elle n’a pas besoin d’un miroir pour savoir à quoi elle ressemble: la violence du regard des autres suffit. De retour au Lycée, Ava ne pensait pas tenir plus d’une semaine. Jusqu’à ce qu’elle rencontre la piquante Piper, qui porte comme elle des cicatrices, et Asad, technicien du groupe théâtre -qui partagent sa force de caractère et son humour à toute épreuve.

La résilience d’une jeune survivante solaire et sarcastique.
Un roman coup de poing, qui emmène au plus près de l’émotion.

Je suis tombée par hasard sur le roman Dévisagée, le titre a immédiatement attiré mon attention et la lecture de la quatrième de couverture n’a fait que renforcer mon envie de découvrir ce roman. Je m’étais préparé à découvrir un roman touchant, le thème étant sensible, mais l’histoire m’a brisé le cœur. On aborde avec beaucoup d’empathie le parcours d’une jeune fille qui a survécu au pire, mais qui va devoir affronter la suite.

Ava a survécu au terrible incendie de sa maison qui a détruit sa vie, dans ce drame elle a perdu ses parents, sa meilleure amie et une part d’elle-même. Après plus d’une année de soins médicaux, le médecin considère qu’elle est prête à reprendre le cours de sa vie. Seulement comment retourner au lycée quand les regards lui rappellent à quel point son visage est différent. Pourtant elle accepte de tenter l’expérience pour une quinzaine de jours, après cet échec elle pourra retourner à l’isolement où personne ne la dévisagera ou aura un mot blessant.

De retour au lycée Ava va vivre cette expérience comme une épreuve supplémentaire, on sait pertinemment qu’elle a déjà énormément souffert et la voir affronter le regard des autres dès les premières pages m’a bouleversé. Elle porte en elle une souffrance indescriptible et devoir reprendre le cours de sa vie est difficile à imaginer. Plus rien ne sera plus jamais comme avant et on est évidemment confronté à des émotions puissantes dès qu’on entend les mots qu’utilise Ava pour parler d’elle-même. Sa rencontre avec la pétillante Piper et le discret Asad va venir changer ses certitudes, et mettre en lumière les possibilités pour s’en sortir.

Les probabilités de rencontrer une autre jeune fille qui porte elle aussi des cicatrices sur le corps était quand même assez mince, mais hormis ce détail la naissance de cette amitié entre le trio m’a donné espoir. Les changements vont être imperceptibles, mais la désinvolture de Piper va contribuer à renforcer le caractère d’Ava et ensemble elles ne vont pas se laisser faire. Elles vont se servir du regard des autres et le retourner contre eux, et cette amitié naissance va complètement changer la convalescence des deux amies. Au fil des pages, nous allons suivre les étapes de la guérison d’Ava et chaque passage n’a fait que renforcer mon attachement pour elle.

Je pourrais continuer à vous parler de ce roman, des passages qui m’ont fait réfléchir ou de ceux qui m’ont ému, mais aucun mot ne sera assez représentatif des émotions qui m’ont traversé lors de ma lecture. Ava n’est pas une héroïne comme les autres, ses blessures sont visibles à l’extérieur, mais les plus douloureuses sont celles qui sont à l’intérieur, car elles peuvent terrasser tout sur leur passage. Dans ce roman il y a beaucoup de souffrance, mais il y a aussi beaucoup d’amour, d’amitié et certain passage m’ont fait sourire. C’est le combat d’une adolescente qui va découvrir que « Tout le monde a des cicatrices. Certaines sont justes plus visibles que d’autres ».

L’année après toi | Nina de Pass

Résumé :
San Francisco, le soir du nouvel an. Cara survit miraculeusement à un tragique accident de voiture. Mais sa meilleure amie, Georgina, n’a pas la même chance…
Après cette terrible nuit, Cara est consumée par le chagrin. Ses parents l’envoient alors dans un lycée international en Suisse pour qu’elle puisse se reconstruire. Au coeur des montagnes, l’ancienne vie de Cara semble bien loin derrière elle. Pourtant, Georgina et la culpabilité restent présentes à chaque instant.
Ici, personne ne connaît l’histoire de Cara et elle compte bien qu’il en soit ainsi. Même si ses nouveaux amis Ren et Hector font tout pour la soutenir et l’aider à avancer. Surtout Hector, qui semble étrangement comprendre le deuil comme personne…
Cara sait pertinemment qu’il faut laisser le passé derrière soi et s’ouvrir aux autres pour que la vie puisse enfin continuer. Saura-t-elle accepter qu’elle mérite une deuxième chance ?
Je remercie les éditions Hugo New Way pour l’envoi de ce roman

A lecture du titre on s’attend forcément à être touché par l’histoire et la lecture du résumé ne fait que conforter cette idée, mais je n’étais pas préparé à vivre un voyage littéraire aussi fort en émotions. J’ai déjà lu beaucoup de roman qui aborde le deuil, mais cette lecture se positionne dans un angle inédit, sans jamais être redondant. Le chemin est long avant d’accepter d’être une survivante et le sentiment de culpabilité qui habite l’héroïne est un crève cœur, mais l’autrice réussie parfaitement à insuffler une dose d’espoir pour la suite.

Le soir du nouvel an la vie de Cara bascule dans l’horreur lorsqu’elle est victime un terrible accident avec sa meilleure amie, à son réveil rien n’est plus pareil lorsqu’elle apprend que Georgina n’a pas survécu. Après plusieurs mois à n’être que l’ombre d’elle-même, sa mère prend la décision d’envoyer Cara dans un pensionnat international en Suisse, pour éloigner sa fille de sa routine auto-destructrice. Bien que personne ne connaisse son histoire, sa souffrance est visible, surtout pas à Ren, sa colocataire et son ami Hector, qui parvient toujours à trouver les mots justes pour atténuer sa peine, et tous les deux ils vont tenter de la soutenir vers le chemin de la guérison.

J’ai beaucoup apprécié l’angle de l’histoire, le deuil passe par plusieurs phases. Cara souffre de la culpabilité du survivant, alors il est inconcevable pour elle d’envisager d’autres amitiés, elle regrette déjà que ce ne soit pas elle qui soit morte, mais imaginer pouvoir remplacer G., ce n’est pas envisageable. Immédiatement elle va garder ses distances et tenter de ne pas s’impliquer dans une amitié, mais Hector ne va pas se décourager et donner son soutien malgré elle. Le temps passé entre Cara et Hector va mettre en lumière deux âmes qui semblent comprendre mieux que quiconque le deuil. On la voit avancer à son rythme et franchir les étapes en douceur.

La première rencontre avec Cara renvoie immédiatement à son état d’esprit et ses pensées sont d’une infinie tristesse. Les mois qui viennent de s’écouler ont été éprouvants et devoir s’adapter dans un nouvel environnement a beau être effrayant c’est l’occasion pour Cara de recommencer sans que son passé n’interfère. Son objectif est de se fondre dans la masse et elle souhaite simplement être oubliée. L’autrice décrit parfaitement la douleur qu’éprouve Cara, j’ai été frappé par l’intensité de ses émotions et ça accentue sa vulnérabilité. Je me suis parfois sentie impuissante face à tant de souffrance et à pourtant à aucun moment on ne tombe dans l’apitoiement. Ce sont simplement des souvenirs qui reviennent en tête de notre héroïne, les souffrances liées à l’accident ou tout simplement les souvenirs de sa vie d’avant. Elle pourra compter sur le mystérieux Hector pour l’aider à s’en sortir.

On s’éloigne du décor habituel pour s’envoler au cœur des montagnes Suisse, dans un pensionnat où les élèves ne sont pas les autres et cet établissement c’est celui de la dernière chance, un endroit où les pensionnaires peuvent s’épanouir malgré leurs souffrances et où ils peuvent espérer se reconstruire à leur rythme. Il ne m’en fallait pas plus pour me laisser porter par l’histoire, les personnages se mettent à nu et les thèmes abordés secouent forcément les émotions du lecteur. Une histoire qui traite avec justesse du deuil et mérite d’être lue.

Tiens bon | Nina LaCour

Résumé :
Le suicide de sa meilleure amie percute Cailtin de plein fouet. Comment continuer à vivre sans les rires, la complicité, les sessions photo dans le cinéma désaffecté et les secrets qu’elles partageaient au quotidien ? Et surtout, pourquoi ? Se lever le matin ressemble désormais à un challenge impossible. Pourtant, il faut bien retourner au lycée…
Le seul indice qu’Ingrid a laissé derrière elle, c’est son journal. Peut-être Caitlin saura-t-elle comprendre ce que son amie a traversé et pourquoi elle a pris une telle décision ? Au fil des pages, elle devra affronter la vérité, mais aussi ses propres démons…
Je remercie Hugo New Way pour cet envoi et pour la box 

Je retrouve avec bonheur l’engagement de cette collection qui m’avait tant manqué et même si mon cœur en ressort fragilisé, cette lecture va laisser une marque indélébile. L’auteure utilise ses propres codes pour nous porter dans une histoire qui ne développe pas totalement une intrigue, mais qui s’intéresse davantage à l’aspect psychologique de ses personnages. Ce n’est pas tant la finalité de cette histoire qui compte, mais l’évolution du personnage principal qui traverse une épreuve déchirante et qui cherche à s’en sortir malgré la souffrance.

L’histoire débute par une révélation, qui finalement n’en est pas une. A demi-mot est évoqué un drame, mais même si on comprend rapidement ce qui pousse Caitlin a se renfermer, elle ne verbalise pas vraiment le suicide de sa meilleure amie. Plonger dans une profonde douleur, la jeune femme va au fil des saisons réapprendre à avancer sans celle qui était son ombre. Bien-sûr il y a les questions, les doutes et les difficultés à s’en sortir, mais bien que le monde semble s’être arrêté pour Caitlin, elle va devoir reprendre le cours de son quotidien alors que plus rien n’est pareil. Ingrid est partout, au lycée, en cours de photo ou tout simplement sur les lèvres de ses camarades.

Nous plongeons dans un récit assez intimiste où les dialogues sont relégués au second plan pour se focaliser sur les émotions. C’est une immersion complète dans les pensées de Caitlin et nous sommes dans la confidence d’une douleur provoqué par la perte, que les autres n’arrivent pas vraiment à comprendre. Comme engourdie, nous observons le chemin difficile vers la guérison et l’acceptation. Lorsqu’elle découvre le journal de sa meilleure amie, pour Caitlin c’est l’occasion de comprendre son geste et de combler cette solitude qui ne la quitte plus depuis son retour au lycée. Nous avançons pas à pas, vers des révélations qui ne changeront rien à la situation.

Malgré l’ambiance oppressante on parvient à conserver une forme d’espoir et même si la reconstruction est longue, on voit chaque petit pas comme une belle victoire. Nina LaCour nous livre avec douceur les secrets de son héroïne à travers des thèmes bouleversants tels que le deuil, la reconstruction, l’amitié et l’amour.

Si demain n’existe pas | Jennifer L. Armentrout

Résumé :
L’avenir de Lena Wise semblait tout tracé. Pour que son année de terminale soit parfaite, elle n’avait rien laissé au hasard. Au programme : accumuler un max de souvenirs avec ses copines, avoir un dossier béton pour obtenir l’université de son choix, et peut-être même avouer ses sentiments à son ami d’enfance, Sebastian. Mais un simple choix, à un unique instant, peut tout bouleverser…
Désormais, rien ne sera plus comme avant. Comment Lena pourrait-elle penser à des lendemains meilleurs alors qu’elle ne cesse de rejouer son passé, alors que Sebastian ne lui pardonnera sans doute jamais ce qui est arrivé… ce qu’elle a laissé arriver ?

Un roman signé de la reine de la romance, qui nous plonge dans une histoire plus adolescente mais tout aussi touchante. Au premier abord, l’intrigue semble classique et la romance a un côté prévisible, mais lorsque la vérité éclate les émotions volent en éclats et le réalisme du récit plonge le lecteur au cœur d’un drame.

Lena Wise a tout prévu pour cette dernière année afin de pouvoir intégrer l’université de son choix, mais en attendant elle n’aspire qu’à profiter de son été, de ses amis et de la proximité de Sebastian son meilleur ami qu’elle aime en secret depuis des années. Ce dernier été avant tous les changements c’est l’occasion de se constituer de nouveaux souvenirs et de profiter de la vie. Il aura suffi d’un simple choix pour tout bouleverser.

J’ai apprécié le côté psychologique de cette histoire, on découvre une jeune femme insouciante qui a la vie devant elle et progressivement, on prend un tournant plus sombre, Lena si douce va devoir gérer un traumatisme qui va changer sa vie et celle des autres. En tant que lecteur on se sent rapidement impuissant face aux souffrances, aucune étape ne nous est épargnée et la manière dont la jeune femme va se renfermer est un crève cœur, on la voit lutter pour éloigner les autres et sa solitude n’en est que plus douloureuse. Au même titre que Lena on prend conscience des répercussions que peuvent avoir nos choix, et aucun niveau ne nous est épargné.

Si la romance occupe une place importante, je ne dirais pas qu’elle est centrale à l’histoire, on met surtout en avant la famille et les amis qui vont se révéler face à la douleur et bien que Sebastian soit attendrissant et adorable, la romance ne m’a pas forcément transportée. Je ne suis pas une grande fan des relations entre meilleur ami et on devine facilement la direction que va prendre leur histoire. Bien qu’on soit servi côté surprise j’aurais préféré une romance moins prévisible, mais elle n’en demeure pas moins touchante et Sebastian adorable.

On aborde avec brio un thème douloureux qui fera écho chez tous les lecteurs, quel que soit leur âge. Par automatisme le parallèle entre sa propre vie est inévitable et la souffrance qu’on éprouve pour les personnages authentiques, car l’histoire n’est finalement pas si éloigné de la réalité, tout le monde peut prendre cette décision et pour certains, les conséquences s’apparentent à l’intrigue. Jennifer L. Armentrout aborde un sujet d’actualité avec fluidité et des mots impactant qui rend l’histoire bouleversante. C’est une très belle histoire.

L’esquisse du Bonheur | Akemi Dawn Bowman

Résumé :

Découvre qui tu es vraiment et le bonheur sera à portée de main.
Kiko Himura ne s’est jamais sentie à sa place. Avec une mère qui la rabaisse tout le temps et son métissage japonais qui la rend différente aux yeux des autres, elle préfère se rendre invisible, certaine qu’une fois qu’elle aura intégré l’école d’art de ses rêves tout s’arrangera. Car Kiko mise tout sur son avenir, l’esquisse d’un bonheur si proche… Pourtant, quand elle croise par hasard Jamie, son amour d’enfance, et que sa mère lui annonce le retour dans leurs vies de la personne qu’elle déteste le plus au monde, c’est son passé qui resurgit…

A force de découvrir de nouvelles histoires, de nouveaux personnages et de nouveaux auteurs, il est difficile de ne pas devenir plus exigeante et mes goûts étant portée sur la romance, les prises de risque sont plus rares. Je n’ai pas eu de coup de cœur depuis très longtemps et pourtant je suis continuellement à la recherche du roman qui va me bouleverser. Ce roman, je l’ai découvert par hasard et bien qu’on ne franchisse pas le coup de cœur, l’histoire a réussi à me donner des frissons tant le thème est touchant et rencontrer l’héroïne m’a bouleversé.

Kiko Himura m’a brisé le cœur. Interagir en société a toujours été affreuse difficile pour la jeune fille, accoutumé aux crises de paniques, Kiko ne s’est jamais vraiment intégré auprès de ses camarades et sa seule source d’interaction sociale, se résume à sa meilleure amie. Les années lycée ne sont pas forcément les meilleurs pour elle, et à la maison la situation est loin d’être idyllique. Kiko subit les propos blessants de sa mère, tant pour ses choix d’avenir, que pour son métissage japonais la rendant différentes aux yeux des autres, provoquant le mal-être de sa fille et le désir d’invisibilité à la maison comme au lycée. Son quotidien va être chamboulé par le retour de Jamie son ami d’enfance, avec qui elle garde les plus beaux souvenirs de son enfance, et qu’elle n’a jamais oublié.

Je pense qu’on peut dire que c’est le genre de récit où on termine avec le cœur en miettes. Dès le premier chapitre on ressent on forme d’oppression, face à la pression constante qu’exerce la mère de Kiko sur sa fille. Sa détresse est bouleversante et cette attitude révoltante, accentuant l’anxiété de la jeune fille et positionnant le lecteur dans un statut de spectateur impuissant. Je n’ai pas de mot face au comportement atroce de cette mère, mais on attend un niveau d’horreur lorsque la personne la plus abjecte possible refait son apparition. Immédiatement des sentiments contradictoires m’ont traversé à la fois de la peine, de la colère et puis le désir de la protéger.

Bien qu’elle reste très méfiante, le retour de Jamie va l’empêcher de se faner. Et la forcer à sortir de sa zone de confort, sa meilleure amie ayant quitter la ville pour commencer les cours, elle va tenter d’appliquer les conseils de cette amie sincère qui lui aura laisser le meilleur conseil qu’on puisse lui apporter. Sortir de sa coquille ne va pas être simple et les rares instants de bonheur ont été vécu comme une victoire pour moi, car face à tant de souffrance on ne peut que vouloir le meilleur pour Kiko. Le chemin vers la guérison va prendre du temps, mais j’ai trouvé qu’elle faisait une belle analyse de sa vie et était consciente de s’être cachée derrière ceux qui ont été sa force. Et la voir devenir l’artiste confiance, belle et insouciante qu’elle devient m’a réchauffé le cœur. Je ne peux que recommander cette fabuleuse histoire et j’espère que vous percevrez les mêmes émotions touchantes.