Young Adult

Le piège de l’innocence | Kelley York

img_20161119_131559le-piege-de-linnoncenceTrès-bonAprès avoir fait l’impasse de Sous la même étoile, précédemment sortie chez Pocket Jeunesse, j’avais néanmoins entendu de très bons échos de Kelley York. Il faut dire qu’un énième triangle amoureux ne m’enchantait pas plus que ça, mais au vu des avis élogieux j’ai décidé de franchir le cap avec cette nouvelle parution. J’ai d’abord été frappée par l’authenticité du récit, qui se positionne dans un thème difficile et qui pourtant analyse bien l’impact d’un tel évènement sur l’entourage de la victime.

Vic Howard est loin d’être populaire, on pourrait même dire que pour beaucoup il n’est personne. Seulement, son meilleur ami Brett, fait partie des personnes qui compte au lycée, alors même si le jeune homme n’est pas spécialement apprécié par les autres élèves, son ami est fidèle et fait toujours en sorte que Vic se joigne à lui. Un soir, alors qu’il n’est pas spécialement à l’aise dans une soirée où Brett l’a traîné, il découvre Callie particulièrement ivre et décide de lui venir en aide, pour lui éviter le pire. Seulement le lendemain, la police sonne chez Vic. Callie a été violée et elle l’a désigné comme coupable. Rapidement son prénom est sur toutes les lèvres et sa popularité déjà inexistante va le plonger dans une grande solitude, jusqu’à ce qu’une aide inattendue vienne à lui : Autumn.

Dès les premières pages j’ai éprouvé de la sympathie pour Vic, au lycée il a tout du parfait bouc émissaire et son amitié avec Brett est probablement la seule chose qui lui épargne les moqueries. Il faut dire que son bégaiement n’aide pas à la sociabilisation, je ne m’en suis pas aperçu tout de suite, mais il dégage une fragilité, lorsque les policiers ont sonné on ressent sans mal sa détresse et voir que sa propre mère n’est pas un soutien pour lui rend la situation encore plus terrible. Je ne suis pas une grande fan des personnages masculins en retrait et pourtant Vic est un personnage en or, qui m’a attendri du début à la fin. Bien que soutenu par son meilleur ami, on sent la solitude qui pèse, jusqu’à ce que Autumn lui accorde sa confiance, un geste va contribuer à des changements perceptibles.

J’ai beaucoup aimé l’angle de vu qu’utilise Kelley York, certes la victime occupe une place centrale dans cette histoire, mais on s’intéresse surtout beaucoup à l’impact des rumeurs, la manière dont un acte atroce va venir chambouler l’entourage. Et pourtant, malgré tout ce qui va arriver à Vic, il va se montrer admirable et toujours placer les sentiments de Callie avant ce que lui ressent. Il est lui aussi une victime et j’ai trouvé qu’il s’en sortait admirablement bien, grâce à Autumn il va se battre pour trouver le couple et même si je dois dire, le nom me trottait déjà un peu dans la tête, la manière dont les révélations s’enchaînent et ce qui en découle après, tout s’accélère et au final c’est terriblement réaliste. Une décision. Un coupable. Une victime. De nombreuses vies à jamais changées à différents niveaux.

En bref, je ne peux que vous conseiller cette lecture, peut-être que comme moi son roman précédent ne vous parlait pas. C’est l’occasion de la découvrir avec une histoire réaliste, un héros attachant qui va gagner en confiance, une héroïne qui n’a pas la langue dans sa poche et surtout un thème difficile qui est traité en toute simplicité sans jamais rentrer dans le pathos. L’addictivité du récit prend le dessus sur la raison et vous ne pourrez pas le lâcher avant de connaître l’identité du coupable.

Lucie

Dark Romance

Seduced in the dark | CJ Roberts (The Dark Duet #2)

Ce livre contient des situations particulièrement dérangeantes, un consentement ambigu,
un langage cru et de la violence graphique.

Je suis face à une page blanche depuis quelques minutes, cette chronique est l’une des plus difficiles que j’ai eu a rédiger. Non pas, parce que je n’ai pas apprécié ce roman, mais tout simplement parce que j’ai vraiment été subjugué par la lecture de cette histoire. Une part de moi, a honte d’avoir osé aimer une telle histoire. C’est un sentiment assez inconfortable, car c’est un sujet terrible qui est abordé et j’ai l’impression de faire l’apologie des kidnappings et de la culture du viol. Ce qui en soi est vraiment terrible et je me sens coupable d’avoir ressentie ces émotions contradictoires… Ce que j’ai apprécié avec cette suite c’est que CJ Roberts s’est complètement démarqué du tome précédent, que ce soit le décor, les personnages  ou tout simplement les rapports entre Caleb et Livvie.

Les premières pages vont être marquées par un revirement de situation, alors que nous quittions Caleb et Livvie en pleine incertitude sur leur avenir. C’est une jeune femme anéantie dans un hôpital psychiatrique que  nous retrouvons, allant jusqu’à affirmer que le jeune homme est mort pour sauver sa vie. Nous allons au travers d’interrogatoire revivre tous les évènements qui ont conduit la jeune femme à traverser la frontière, tantôt avec compassion par le docteur  Sloan, une psychologue-expert judiciaire auprès du FBI, puis avec un peu plus de rudesse avec l’agent Reed. Chacun à leur manière vont apporter du soutien à Livvie lorsqu’elle va leur raconter le commencement de cette histoire.

Ces flash-back vont nous ramener auprès de Caleb, toujours déterminé à se venger il n’a pas abandonné son idée de livrer Livvie. Alors qu’il peine à comprendre les sentiments qui le lient à la jeune femme, il va être à la fois un Maître exigeant et un homme qui faiblit face aux souffrances de sa captive. Nous allons assister à des évènements tous plus horribles les uns que les autres et par moments j’étais écœuré par ce que je lisais. Pendant une bonne partie du roman j’ai senti doucement grimper mes attentes : des gestes de tendresse, des paroles réconfortantes, un signe qui m’indiquerait que Caleb n’est pas le monstre qu’il laisse s’exprimer lorsque Livvie se rebelle face à sa domination.

CJ Roberts a réussi à gérer le stress du lecteur, en alternant entre le présent et les flash-back j’ai été complètement accrochée aux moindres évènements et impossible de s’ennuyer avec tous les rebondissements. Il faut dire qu’elle a tellement joué avec mes nerfs que j’ai eus du mal à gérer mon stress, ce besoin d’avoir des réponses à commencer à me ronger et jusqu’au dernier chapitre j’ai douté d’avoir les réponses à mes questions. Je me suis longtemps interrogé sur la manière dont une telle histoire pouvait se terminer et l’auteure a trouvé le juste équilibre à cette histoire. Je ne prétends pas que le sujet mérite qu’on l’étale, mais on ne peut pas enlever le talent d’écrire à l’auteure, ce roman est unique et complètement dingue. Je pense qu’en tant que lecture, on attend simplement de trouver une fiction qui pourra se démarquer. Une lecture dérangeante qui m’a gardée prisonnière de l’histoire.

Retrouvez mon avis sur Captive in the Dark #1 ICI
Lucie

Dark Romance

Captive in the Dark | CJ Roberts (The Dark Duet #1)

ImpressionCe livre contient des situations particulièrement dérangeantes, un consentement ambigu,
un langage cru et de la violence graphique

Tout d’abord sachez que ce roman est une lecture commune avec Lily du blog Althea in Wonderland et Charlotte du blog Les Voyages Littéraires. C’est un roman que j’avais envie de découvrir, mais pas nécessairement toute seule, car le résumé est assez répugnant. A vrai dire, je culpabilise un peu de mettre une note aussi élevée à un roman avec un sujet aussi horrible. Je ne saurais pas vraiment vous expliquer ce qui m’a séduite, peut-être que c’est la plume de l’auteure ou le sujet totalement inédit… Toujours est-il que je me suis laissé prendre par l’histoire malgré qu’elle soit cousue de fils blancs.

Afin de pouvoir mettre en place sa vengeance qu’il prépare depuis douze ans, Caleb va s’intéresser de manière aléatoire à une jeune américaine de 18 ans, qui semble parfaite pour le rôle qu’il lui réserve. C’est comme ça qu’une innocente jeune fille va se retrouver prisonnière et avec l’obligation d’obéir, sous peine de représailles. J’ai beaucoup de mal avec la notion de Dark Romance, je trouve ça difficile d’associer une telle histoire à une romance, même si le syndrome de Stockholm est une forme d’amour.

En lisant le résumé, je m’attendais à quelque chose d’horriblement pire. Dans le sens où avec le huis-clos, je pensais que la dimension psychologique prendrait un tournant important, seulement c’est davantage physique. Et c’est probablement parce qu’on survole les émotions profondes des héros que l’histoire devient supportable. L’alternance contribue également à ne pas étouffer, on ne ressent pas l’enfermement de la même manière et on voit Caleb se poser des questions, ce qui rend les choses plus humaines et enlève un poids au lecteur. C’est étrange, mais à chaque page tournée, une curiosité malsaine prend le dessus et j’avais envie de connaître la suite des évènements et son dénouement. Je déplore cependant quelques lenteurs dans le début du roman et même si je ne me suis pas ennuyée, j’ai trouvé que c’était un peu mou, sans prise risque, puisque le schéma se répétait.

A côté de ça, j’ai trouvé l’héroïne trop effacée et ses humeurs sont difficiles à suivre, sa capitulation est trop rapide et sachant qu’on alterne entre son enfer et Caleb, on a du mal à comprendre à quel moment les choses ont changé pour elle. Je ne dis pas que je n’ai pas éprouvé d’empathie pour elle, car ce qu’elle vit est horrible, seulement le plus intrigant c’est Caleb. On perçoit son évolution et même si on le déteste, et qu’on ne lui pardonne rien on veut le voir devenir meilleur et surtout on veut le voir éprouver du regret, sentir qu’il n’est pas totalement le monstre qu’il laisse paraître. C’est glauque, mais j’ai envie de découvrir la suite pour savoir ce que nous réserve l’auteur, donc rendez-vous au mai 2016 !

Retrouvez la chronique de Charlotte ICI
Retrouvez la chronique de Lily ICI
Signature Lucie

 

New Adult, Romance Contemporaine

Rédemption | Jessica Sorensen (Callie & Kayden #2)

ImpressionExcellentCe livre est le 2ème tome d’une saga, la chronique peut contenir des spoilers.

Rhalala cette suite je l’ai attendue et retrouver Callie et Kayden c’était juste parfait. J’avais gardé en mémoire le final horrible qui laissait Kayden se vider de son sang et Callie impuissante. Comme le premier opus, c’est un cataclysme d’émotions fortes, je m’attendais à voir basculer l’histoire et effectivement contrairement au premier tome, c’est Kayden qui a besoin d’être sauvé dans cette suite.

L’histoire se poursuit dans le chaos, Callie n’étant pas de la famille, il lui est interdit de rendre visite à Kayden à l’hôpital. Contrainte de retourner à l’université, elle se morfond de ne pas pouvoir retrouver celui-ci qui lui a redonné goût à la vie. De son côté Kayden est hospitalisé dans un centre spécialisé, lui offrant du répit et un éloignement indispensable de sa famille. Conscient qu’il a un sérieux problème, il repousse Callie et tente de lui faire comprendre qu’elle doit garder ses distances. C’est sans compter sur la détermination de Luke et Seth, que le quatuor quitte tout pour un week-end en Californie.

Nos deux héros sont cabossés par la vie et même si Callie est sur la voie de la guérison, elle a besoin de Kayden à ses côtés pour pouvoir surmonter ses démons. Alors que dans le tome 1, c’était Kayden qui soutenait Callie dans ses moments difficiles, ici c’est elle qui prend sur elle pour lui venir en aide. Ils ont tous les deux énormément de problèmes et leur sentiment sont une bouffée d’air frais dans ce climat difficile. Et puis ce week-end à la plage, c’est aussi l’occasion pour eux de renouer et réinstaurer la confiance qu’il avait l’un pour l’autre. Kayden souffre tellement qu’il veut chasser ses émotions positives ou négatives et il n’arrive pas à comprendre qu’il mérite Callie et tout l’amour qu’elle lui porte.

J’ai été oppressé tout au long de ma lecture, il y a tellement de souffrance dans la vie de Kayden que j’avais peur de le voir craquer. Callie a ses propres problèmes et soutenir une autre personne qui coule, ce n’est pas toujours évident, j’ai été ravie de découvrir sa force cachée et je suis admirative de l’évolution de son personnage. Elle a réussi à dompter ses démons et prends en charge  Kayden.

En bref, on est proche du coup de cœur, mais j’aurais souhaité un autre dénouement, c’est sûrement mon côté bisounours. Jessica Sorensen fait passer son lecteur par toutes sortes d’émotions : amour, culpabilité, honte, souffrance, tendresse… La justesse des mots rend crédible une telle histoire et c’est ça le plus effrayant au final. C’est le genre de plaisir coupable qui arrive à me toucher et reste dans un tiroir de mon cœur. Je ne peux que recommander ce magnifique roman, c’est une pépite du NA.

Retrouvez mon avis sur Callie et Kayden #1  ICI
Signature Lucie

Suspense / Thriller

Dis-moi que tu m’aimes | Joy Fielding

ImpressionTrès bonJ’avais décidé de mettre de côté les thrillers, car j’avais peur pour ma santé mentale à force de trembler et pleurer. Pour le coup, je n’ai pas résisté longtemps et c’est sans regret que je termine ce livre. Bien loin d’un thriller effrayant, c’est davantage une réflexion de l’héroïne sur ce qui lui est arrivé et c’est surtout déstabilisant, car on n’arrive pas à distinguer le vrai, du faux.

Bailey Carpenter est épanouie dans son travail de détective et se donne corps et âme pour son métier qu’elle adore. C’est un échappatoire depuis la mort de sa mère survenue trois ans plus tôt, ainsi que celle de son père quelques mois plus tôt. Désignée comme héritière d’une fortune colossale avec son frère, elle est totalement épanouie et ce n’est pas le procès de ses demi-frères et sœur pour l’héritage, qui vont l’empêcher d’être heureuse dans sa vie. Pourtant, un soir alors qu’elle était en planque pour espionner un suspect, un inconnu la viole et lui murmure « Dis-moi que tu m’aimes. »

Cet évènement va profondément la marquer et elle ne va plus quitter son appartement, s’isoler et ne cesse de réfléchir à ce drame. Elle va progressivement s’enfermer dans son monde, armée de ses jumelles et observer tout ce qui l’entoure, comme rassurée d’avoir un œil sur tout. Contre toute attente, c’est sa demi-sœur Claire, qui va décider de lui venir en aide et la soutenir pour remonter la pente avec sa nièce Jade. Ensemble elles vont apprendre à se connaître et se rapprocher, mais dès lors que Bailey se retrouve seule, ses angoisses et ses cauchemars vont refaire surface. Afin de s’occuper pendant ses longues nuits d’insomnie, elle va commencer à observer son voisin d’en face, qui correspond au profil de son agresseur. Chaque jour, elle va observer ce qui se passe et malgré que tous les éléments soient contre elle, Bailey est persuadée qu’il s’agit de son violeur et décider à le prouver.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est le sens de l’observation de Bailey, détective elle a besoin de collecter des informations sur ce qui l’entoure. Chaque homme est décrit, chaque situation analysée, mais progressivement des choses troublantes vont commencer à apparaître et le vrai et le faux, vont se mélanger. En tant que lecteur, on n’arrive pas à distinguer si Bailey perd la tête ou si il se passe quelque chose. En temps normal, je n’aime pas être trop des pensées des personnages, car bien souvent c’est ennuyeux, mais ici on crée un lien privilégié avec Bailey. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui se crée avec Claire et la fraîcheur de Jade, qui n’a pas de filtre et dit tout ce qu’elle pense. J’ai trouvé  l’entourage de Bailey vraiment nocif pour elle, on voit bien que son frère Heath l’aime, mais que ce soit lui, ou Gene chacun attend quelque chose d’elle, alors qu’elle n’est clairement pas en état pour gérer ça. Les scènes avec Elizabeth Gordon, ne sont pas assez nombreuses j’ai adoré les échanges avec la thérapeute qui est vraiment bénéfique pour Bailey et l’aide à se poser les bonnes questions.

J’ai commencé à mettre de côté plusieurs éléments clés et j’ai passé la plupart des hommes au radar, essayant de grappiller les indices lâchés. Le dénouement n’est pas un secret pour moi, ma première impression était la bonne, par contre beaucoup d’indices évident m’ont échappés pendant ma lecture. Je ne pense pas que l’objectif de Joy Fielding soit de faire trembler ou pleurer, on s’immisce dans l’intimité de Bailey, on rentre un peu dans le voyeurisme avec les jumelles ou dans sa tête, les pensées de Bailey sont constamment en mouvement et c’est rassurant d’analyser avec elle. Je me suis beaucoup attachée à elle, on la voit essayer de retrouver son identité perdue, vaincre ses peurs et c’est difficile d’assister aux angoisses de quelqu’un dont on se sent proche. Le plus perturbant, c’est de ne pas savoir si Bailey devient folle où si le danger est réel. Du coup la tension monte et les reponses sont deroutantes, faisant monter l’angoisse, sans être effrayant. Des révélations inattendues en surprendront plus d’un, moi la première. Un suspense excellent et une plume envoûtante, qui réussissent à merveille à gérer un thème difficile.
Signature LuxnBooks