Just 17 | Emma Green

Résumé :
Une lycéenne rebelle. Un professeur hipster.
Un amour interdit.

Onze ans les séparent.
Mais la morale ne peut rien contre l’amour.

Elle est bien plus que son élève.
Il lui est formellement interdit.

Elle a tout à apprendre.
Il a tant à perdre…

Elle n’a que 17 ans.
Mais elle sait ce qu’elle veut : lui.

 

Lorsque j’écris une chronique je fais une rétrospective de ces moments de lecture pour tenter de mettre de l’ordre dans mes idées et surtout mettre en lumière ce que je souhaite évoquer. En écrivant cette chronique, la première émotion qui me traverse c’est la frustration, et le plus irritant c’est que ce n’est pas lié à une déception, car en vérité j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Seulement voilà, moi j’avais envie de vivre cette relation avec intensité pendant ma lecture et vibrer pour cette relation. Ici l’histoire est vraiment bien menée donc bien évidemment on passe un très bon moment et mon avis ne remet absolument pas en cause la qualité du récit.

Le résumé est court, mais il en dit suffisamment pour savoir si oui ou non l’envie de lecture est présente. En bref, c’est l’histoire d’un amour interdit entre un professeur et son élève. Dix ans les séparent, ils ont tout à perdre, mais ils sont irrémédiablement attirés l’un par l’autre. Immédiatement j’ai apprécié cette relation interdite et j’avais hâte de voir le moment où tout bascule et pour être honnête l’histoire est mignonne, mais quand on évoque une histoire d’amour interdite je n’attends pas du mignon, mais de l’intensité, du danger, des entraves, des moments volés. J’aurais voulu avoir la tête à l’envers comme ces deux âmes qui se sont trouvés, malgré leur position.

Je sens que cette chronique va être confuse et je m’en excuse. Je me sens troublée par toutes ces émotions qui veulent se coucher sur le papier et contrariée, car j’imaginais l’histoire autrement. Il y a cet éternel débat concernant la fiction et les romances interdites qui dérangent, on le voit notamment lorsqu’il est question de dark romance. Ici dans un sens la relation est taboue et bien que je n’ai jamais ressenti d’attirance pour un professeur, la fiction est un moyen d’imaginer un monde alternatif sans pour autant fantasmer d’une telle relation dans la réalité. Peut-être suis-je la seule dans cette situation, mais en lisant j’ai tendance à faire marcher mon imagination et lorsque l’intrigue prend un autre chemin, je tente de me détacher de mes propres hypothèses et laisse l’auteur me porter dans son histoire, mais j’évoquais plus haut le moment où il n’y a plus de retour en arrière possible, celui où ils succombent à l’attirance malgré l’interdit. Dans mon imagination, le professeur et l’élève éprouvent un coup de foudre intellectuel et non physique, alors que dans le récit je n’ai pas compris ce qui les avait poussés dans les bras de l’autre, si ce n’est un attrait physique, car il n’y avait pas eu d’échange profond et ça m’a perturbé.

Depuis un moment maintenant, j’ai tendance à devenir plus exigeante dans mes lectures et les codes sont souvent les mêmes, alors j’apprécie mes lectures, mais je ressens une forme de lassitude. Les romances se ressemblent et le moindre détail compte, alors j’ai l’impression d’attendre désespérément le moment où je sens que cette lecture elle va me transporter. Et malheureusement, malgré toutes les qualités que je peux trouver à cette romance, je n’ai pas décollé. Alors oui évidemment, j’ai réussi à faire abstraction de ces détails et comme je le disais cette lecture a été très agréable. Les personnages bien qu’un peu lisses ont un bon potentiel et on retrouve le schéma habituel avec des personnages secondaires attachants, une famille qui occupe une place centrale et une histoire qui se lit toute seule. Si vous appréciez Emma Green ce roman il est indéniable que vous apprécierez cette lecture, mais je suis en manque de héros charismatiques tels que Gabriel , Vadim ou plus récemment Finn, Dante & Lennon.

Nous les filles de nulle part | Amy Reed

Résumé :

Grace vient d’entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
Ces mots, c’est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n’a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
Très vite, Grace comprend que cette violence s’exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l’équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.

Un roman coup de poing, indispensable pour faire changer le regard de la société et se poser les bonnes questions. Cette histoire est une fiction, mais le thème n’a rien d’imaginaire et c’est avec émotion que j’ai découvert l’histoire de ces Filles de Nulle Part. Et je peux vous dire que certains propos m’ont bien remués.

Grace est nouvelle au lycée Prescott et ce déménagement a été une épreuve difficile pour elle. Il est difficile de se trouver sa place quand il faut tout recommencer. Cette maison qu’elle occupe avec sa famille, était autrefois habité par une autre famille, cette chambre où elle dort, était celle d’une élève bien connue de tous Lucy. A travers des mots laissés sur les murs, Grace découvre la souffrance de son ancienne locataire. Déterminée à en savoir plus sur ce qui est arrivé, la jeune fille se lie d’amitié avec Erin et Rosina, deux camarades différentes aux yeux des autres, mais terriblement attachantes et surtout convaincue qu’il faut agir.

Au fil des échanges elle comprend que Lucy a accusé trois garçons de Prescott de l’avoir violée et pourtant la victime est devenu la proie d’un lycée. Aujourd’hui malgré le départ de Lucy, Grace constate que rien n’a changé. Il aura suffi d’une voix pour que Les Filles de Nulle Part voient le jour. Une voix qui change tout, car elle offre la possibilité d’être ajouté à de nombreuses autres et ensemble il est plus facile d’agir et de tenter de se révolter pour faire changer les choses. C’est donc plus soudée que jamais qu’elles les jeunes femmes vont s’allier.

A travers le parcours de plusieurs protagonistes nous allons découvrir les pensées intimes de jeune femme qui sont confrontées tous les jours à la violence et c’est une vraie communauté qui va trembler face aux paroles percutantes des Filles de Nulle Part. Dans ce roman, on aborde un thème difficile et la manière dont il est traité est à la fois romancé et informatif. C’est le genre de roman choc qu’il faut mettre entre toutes les mains, il est simple de se sentir concerné par le sujet et la manière dont on évoque le thème sensibilise.

Sans oublier bien sûre des personnages qui tiennent le roman à bout de bras et qui parviennent à toucher à leur manière. Chacune aborde l’histoire d’un angle différent et le vécue de nos héroïnes n’est pas le même, donc leurs réactions vont sensiblement changer et leur évolution sera perceptible. Je me sens privilégié d’avoir le temps d’une lecture, fait partie d’un club aussi touchant et avec de réelles convictions.

Le seul bémol c’est la fin, j’ai le sentiment que certains personnages évoqués tout au long du roman sont resté figés et arrivé à la fin, je n’ai pas eu l’impression qu’elles étaient toutes égales dans la conclusion, qui reste finalement assez ouverte. Néanmoins le message reste très beau et j’aime lire des histoires aussi engager qui prône qu’il faut se battre pour ses convictions. Une lecture difficile par moments, mais indispensable.

Trouver les mots | Julie Buxbaum

Résumé :

Elle n’a plus envie de parler. Il n’a jamais su communiquer. Ensemble, ils vont s’aider.
Le jour où Kit Lowell, l’amour secret de sa vie, s’assoit à sa table de cantine, David est bouleversé. Il comprend que c’est le moment ou jamais de démarrer une conversation. Mais quoi de plus difficile pour un garçon solitaire, qui ne comprend rien aux conventions sociales ? Kit, elle, cherchait un endroit où on la laisserait enfin tranquille, après la mort de son père. Elle est loin de se douter de ce qu’elle va trouver en posant son plateau à côté de celui de David…

Je suis toujours émerveillé de voir comment certain auteur arrive à nous transporter grâce au pouvoir des mots. Lorsque j’ai découvert Julie Buxbaum, l’histoire de Trois de tes secrets avait réussi à me toucher, l’intégralité de ce roman m’avait captivé et quand une auteure parvient à atteindre la corde sensible, il est inconcevable de ne pas se jeter sur son prochain roman, que ce soit pour retrouver une plume qu’on apprécie ou simplement pour vérifier que la magie opère toujours. J’étais loin d’imaginer que la douceur de ce roman et la tendresse de cette rencontre, réussirait à m’atteindre de nouveau et c’est sans appel mon cœur bat la chamade.

On se met dans le bain assez rapidement et on comprend facilement que le thème abordé ne va pas être de tout repos. David a une singularité et cette différence n’en fait pas quelqu’un de très populaire. Alors lorsque Kit Lowell s’assoit à sa table de cantine, le quotidien du jeune homme s’en trouve bouleverser. Contraint à la solitude David n’est pas forcément très habile pour se faire des amis, mais malgré ça il est conscient que cette opportunité ne se reproduira jamais et les quelques mots qu’il va prononcer vont atteindre profondément Kit. Depuis le décès de son père, tout le monde marche sur des œufs et le fossé se creuse entre elle et ses amies. En posant son plateau sur la table de David, elle n’aspirait qu’à un besoin de solitude et authenticité de ce personnage vont l’atteindre profondément. Ensemble ils vont créer un lien fort, qui va profondément les aider.

David est un personnage absolument craquant, la singularité et sa manière d’analyser ce qui l’entoure m’a touché. Ses camarades savent qu’il existe, mais sa discrétion au fil des ans a finis par faire oublier sa présence aux élèves. Un casque vissé sur les oreilles et le monde autour s’efface, David s’est construit sa bulle et sa routine lui convient parfaitement. Très entouré par sa famille il ne s’est jamais vraiment senti seul et malgré que sa seule amie soit sa sœur, alors lorsque Kit s’installer à sa table c’est le bouleversement car assez improbable. Il y a un contraste assez intéressant dans sa manière d’interagir, il donne l’impression d’être assez froid et les mots qui sortent de sa bouche sont d’une sincérité déconcertante, mais à côté de ça ses émotions sont en ébullition et il cherche la meilleure manière d’interagir en essayant de contrôler la manière dont les mots sortent pour ne pas blesser.

Kit était heureuse de sa vie avant, mais depuis le décès de son père elle n’a plus goût à rien et malgré le soutien de ses amis, la vie ne reprend pas son cours pour elle. Personne ne comprend pourquoi elle s’isole, mais faire semblant lui est devenu impossible. S’asseoir à une autre table peut sembler assez radicale, mais ça semble être la meilleure solution pour déjeuner en toute tranquillité. Elle pensait que la table de David serait calme, mais le jeune homme est sincère, tout ce que les autres ne sont pas. Elle est à un stade de sa vie où elle a besoin qu’on soit authentique avec elle et il va trouver les mots justes pour exprimer ce que personne n’ose dire.

La complicité naissante entre David et Kit m’a fait craquer, David comprend comme personne ce que vit Kit et son absence de filtre est une vraie bouffée d’air frais. Au premier abord, leur amitié semble inattendue, mais au fil des pages c’est comme une évidence. On aborde des thèmes émouvants tels que le deuil ou la différence et ce dernier sujet est traité avec authenticité, on est plongé dans la tête de nos héros, tous les deux à un tournant de leur vie et la manière dont leurs émotions sont retranscrites rend l’histoire encore plus bouleversante. Une très belle leçon de vie qui fait réfléchir sur la société et en même temps apporte une réponse aux préjugés.

Le Royaume en danger | Erin Watt (Les Héritiers #5)

Résumé :
Depuis que Hartley Wright a rencontré Easton Royal, sa vie n’est plus la même. Elle se découvre des ennemis à chaque coin de rue. Lorsque se produit l’accident qui lui vole ses souvenirs, elle ne peut plus faire confiance à personne, pas même au garçon aux yeux bleus qui lui promet que tout ira bien.
Parce que, si la mémoire de Hartley est pleine de trous, son instinct lui dit que Easton est dangereux. Elle ne sait pas s’il va la sauver ou la détruire. Le chaos qu’il apporte partout où il va est trop dur à gérer, les sentiments intenses qu’il évoque sont trop confus pour être démêlés. Easton veut qu’elle se souvienne. Hartley pense qu’il vaut mieux oublier. Elle a peut-être raison.
Je remercie les éditions Hugo New Romance pour cet envoi
Ce roman est le 5ème tome d’une série, la chronique peut contenir des spoilers.

Les adieux ne sont pas aussi tristes que je l’aurais imaginé en débutant cette série, mais cette conclusion n’est pas désagréable pour autant. La plume de ce duo à quatre mains fait encore une fois des merveilles avec quelques améliorations appréciables depuis que j’avais quitté Easton et Hartley. L’insouciance des présentations à laisser la place à une certaine gravité, sans pour autant oublier l’humour caractéristique de la famille Royal.

Le final du tome précédent vous a probablement laissé quelques séquelles, et ce début ne va rien arranger. L’heure est grave et face à la réalité les obstacles vont s’avérer plus difficiles à surmonter. Les premiers chapitres vont nous mettre face aux conséquences des actes de tous les personnages impliqués dans le final. Les séquelles vont s’avérer être aussi sévères des deux côtés et le trouble va rendre la confiance complexe. Le doute n’aura jamais été autant présent, pourtant parfois il faut apprendre à accorder sa confiance avec le cœur.

Hartley devient plus vulnérable, mais son comportement la rend davantage humaine. On est loin de la jeune fille hargneuse du tome précédent, c’est comme si une seconde chance lui était offerte pour faire les choses différemment et j’ai apprécié la voir recommencer de zéro. Bien qu’elle soit par moments un peu seule, elle va pouvoir compter sur Easton pour la soutenir et même si de son côté il a quelques problèmes, il va se montrer digne de confiance pour être un point d’ancrage indispensable pour la jeune femme.

Après on met un peu trop vite de côté les problèmes d’Easton qui se reprend en main sans réelle difficulté. Pour le coup, j’ai eu du mal à croire que ses addictions puissent être balayées aussi facilement, mais son côté gentleman est appréciable. Le couple va se heurter à une situation complexe après les évènements du tome précédent et bizarrement le réconfort qu’ils éprouvent ensemble va convaincre une bonne partie de la famille, mais j’ai trouvé ça un peu trop bisounours que tout le monde accepte si facilement la situation, mais bon ça reste mignon.

Déception concernant l’absence des personnages secondaires, qu’est-ce que les interactions entre la fratrie Royal m’ont manqué. Pas assez de scène où on retrouve les frères dans le meilleur de leur forme. Bien évidemment l’absence de Reed se fait ressentir, tant pour le lecteur que pour Ella, qui passe pas mal de temps seule et qui doit s’occuper de ses frères comme une maman. Même constat du côté de Callum qui s’absente encore une fois pendant une bonne partie du roman et qui laisse ses fils au pire moment. Ce qui rend l’histoire incohérente sur certains aspects et au final j’ai trouvé que l’histoire tirait se force grâce à la consolidation de la romance.

L’intrigue retrouve un second souffle dans la deuxième partie du roman, on s’intéresse aux mystères évoqués dans le précédent opus et les premières révélations vont être intéressantes. On découvre des éléments assez prévisibles, mais qui n’empêchent pas d’être sous pression. On met rapidement fin aux agissements, mais je n’ai pas choisi cette histoire pour son développement policier. La romance vacille entre des moments terribles, des révélations difficiles, des sentiments naissants et une confiance retrouvée. J’ai trouvé, l’histoire plaisante et la fluidité du récit vous fera passer un très bon moment et la famille Royal à la séduction dans le sang.

Mon avis sur La Princesse de Papier #1 ICI
Mon avis sur Le Prince Brisé #2 ICI
Mon avis sur La Prison dorée #3 ICI
Mon avis sur Le Prince Déchu #4 ICI

Comment disparaître | Sharon Huss Roat

Résumé :
Vicky Decker maîtrise l’art de cacher qui elle est vraiment à la perfection. Alors, quand sa meilleure (et unique) amie Jenna déménage, et qu’elle se retrouve seule dans son lycée, sa vie prend un nouveau tournant. Elle ne s’est jamais sentie aussi seule… Elle décide donc de s’inventer une vie sociale, en photoshopant des photos d’inconnus pour les poster sur Instagram. Au début, c’est uniquement à Jenna que ces posts sont destinés, mais très vite, de nouveaux followers s’intéressent à ses aventures. Bientôt, elle est suivie par plusieurs milliers de personnes !
Vicky se laisse embarquer dans cette incroyable double vie online. Elle excelle à se créer des péripéties passionnantes sans même quitter sa chambre ! Et, très vite, elle va découvrir que beaucoup d’adolescents sur la toile se sentent comme elle, #seuls et #ignorés dans le monde réel. Pour les aider, et se sauver elle-même par la même occasion, Vicky devra trouver le courage de montrer son vrai visage…

Ce roman est resté un moment dans ma PAL, les premiers retours m’ont influencé et j’ai eu du mal à me motiver pour le sortir. Il faut dire que depuis quelque temps, les publications de Hugo New Way ont perdu ce petit quelque chose qui faisait toute la différence et qui me donnait un coup de poing au cœur. Le résumé est axé sur le sujet des réseaux sociaux et pour le coup, après plusieurs chapitres on distingue un sujet bien plus complexe, mais pas tout de suite identifié et malgré ses souffrances il faudra attendre la fin avant d’avoir un diagnostic.

Vicky Decker n’a jamais pu compter que sur sa meilleure amie Jenna, elle résume à elle seule son cercle d’amis et ce duo se complète parfaitement. Alors quand Jenna déménage, la solitude n’a jamais été aussi forte et affronter les autres dans l’enceinte du lycée n’a jamais été aussi difficile. Malgré un contact permanent avec sa meilleure amie, la distance va creuser un fossé important et malgré elle, les premières jalousies vont s’installer. La solitude n’ayant jamais été aussi forte, Vicky va tenter de redonner un peu de couleur à sa vie morose en créant un profil sur Instagram, à travers des montages la jeune fille va s’inventer un personnage afin de prouver qu’elle n’est pas invisible. Rapidement, son message est entendu par quelques followers, puis les dizaines se transforment en centaines, pour devenir des milliers, ils ont tous un point commun : Personne ne les voit, ils sont seuls.

Vicky est un personnage avec des failles, son parcours est touchant et ses décisions motivées par son anxiété. J’ai un faible pour les héroïnes abimées et sa vulnérabilité m’a vraiment atteinte en plein cœur. Sa solitude et son retrait est en quelque sorte contraint puisque ses peurs l’empêchent d’être totalement libre dans ses décisions. J’étais spectatrice de sa souffrance et ses angoisses m’ont vraiment remuée. Sur les réseaux sociaux, elle va se construire une communauté à son image avec les mêmes craintes, une solitude à différentes échelles, mais avec la conviction qu’ils peuvent se soutenir et voir ce projet grandir ça ne laisse pas indifférent. Les personnages secondaires vont tirer un enseignement grâce à Vicurieuse et cela va avoir un impact dans la vraie vie de Vicky.

Le résumé fausse un peu l’image de cette histoire, Vicky ne créé pas son compte Instagram pour s’inventer une vie sociale comme la quatrième de couverture le laisse entendre. Certes il s’agit d’une échappatoire, mais tout le monde est conscient qu’il s’agit de montage et bien que Vicky considère qu’elle n’est pas vraiment Vicurieuse c’est bel et bien son grand cœur et son empathie qui ont fait le succès de ce compte, sans oublier l’originalité. Elle n’a aucun mal  à distinguer la réalité et sépare bien ses deux vies, mais avoir le sentiment que l’on n’est pas seul à affronter ses craintes, ça fait du bien et c’est ce qui va lui fourni les instruments pour s’en sortir elle-même.

Mes attentes étaient basses et c’est probablement ce qui a sauvé ma lecture. L’intrigue est plutôt simpliste, mais on traite un sujet difficile avec authenticité et l’histoire est portée par une héroïne touchante. Les réseaux sociaux ne sont pas vraiment au centre de l’histoire, mais il aborde de manière détournée la vitesse à laquelle on peut perdre le contrôle et l’ampleur qu’un buzz peut prendre. Je retiendrai davantage le message de soutien aux âmes solitaires et il est important de ne pas oublier que malgré la solitude qui pèse parfois sur notre quotidien, nous ne sommes jamais vraiment seuls. Malgré un entourage parfois absent, il ne faut pas laisser les idées noires vous engourdir, car ce n’est qu’une étape avant que le soleil brille de nouveau dans nos vies.